Féministes Congolaises

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« Nous-nous constituons en avocat principal de la femme » 26 février 2013

Marginalisée dans le ménage ou hors famille, survivrante de tous les maux et de toutes injustices dans le foyer, les droits de la femme congolaise ne sont pas encore acquis. Des Organisations de la société civile congolaise, qu’elles soient féminines ou des droits humains, en synergie avec les pouvoirs publics, militent tant soit peu contre les violences domestiques faites à l’égard des femmes.

Vendredi 15 février dernier, à 16 heures du soir, dans l’arrondissement 3 Tié-Tié à Pointe-Noire, Vivienne Dzobo réunit un groupe de 30 fidèles catholiques pour leur parler des violences domestiques dans la paroisse Saint-Pierre. Dans un style comique, elle demande aux participantes de témoigner si elles ont déjà été victimes de violences domestiques au foyer. La salle a connu un silence de cimetière. «Si j’ai accepté de faire ce travail c’est parce je constate que la femme congolaise est victime au jour le jour des violences dans le ménage ou hors ménage. Il faut briser ce tabou là parce que les victimes ont peur de dénoncer leurs tortionnaires », martèle Vivienne Dzobo, bloggeuse et membre de l’Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS).

Après son intervention, des réactions n’ont plus tardé à venir. Pour Julienne, une habitante de Tié-Tié, ce sont des choses que nous vivons souvent dans des foyers, mais que nous ne savons pas comment faire. Maintenant que nous sommes éclairées, nous pensons que nous ne seront plus inoffensives vis-à-vis de nos conjoints. Ella, une autre participante, la vingtaine révolue, avoue que « C’est un débat passionnant. Je pense que j’ai appris quelque chose de plus dans ma vie qui m’épargnera de tomber dans le piège.»

L’engagement des parties prenantes
La bataille sur les violences ne laisse plus insensible certaines autorités congolaises et d’autres organisations qui, soutiennent l’initiative d’AZUR Développement. Pour Jean Beau Paul Makouangou, président de Réseau des associations de solidarité positive (RASP), nous avons mené plusieurs actions de terrain, parmi lesquelles il faut noter : participer au Forum interpays Africain à Pointe-Noire ; travailler avec la directrice de l’intégration de la femme au développement puis avec celle de la promotion de la femme pendant les 16 jours contre les violences faites aux femmes et aux filles en 2012. Selon lui, RASP a identifié trois (03) cas de victime de violences qu’ils ont accompagnés sur le plan juridique. « Après les enquêtes que nous avons mené pour vérifier la véracité des faits au niveau des commissariats et ménages, nous avons écrit au Procureur de la République pour dénoncer », a expliqué Beau Paul.

A l’intérieur du pays, dans le département de la Bouenza, les chefs de quartier ne sont pas restés en marge. A l’image de M. Mikolongoulou, chef de quartier n°8 Kibiti à Nkayi, il pense que c’est une bonne chose de les avoir sensibilisé sur les violences. Nous partageons l’initiative et nous allons nous impliquer dans la collecte des données.

Financée par l’Association pou le Progrès des Communications (APC)C, via AZUR Développement, l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) a débuté ses activités de collecte de données en février 2012 dans l’arrondissement Muana To qui compte six quartiers à Nkayi. Elle a sensibilisé plus d’une vingtaine de chefs de quartier pour la collecte des données et a fait le plaidoyer auprès de l’Administrateur maire de Nkayi. En 2011, cette organisation féminine de la Bouenza a fait des sensibilations pareilles dans des quartiers et écoles. En 2012, elle a sensibilisé uniquement les femmes qui fréquentent les centres de santé intégré (CSI). «Actuellement, nous avons collecté deux cas de violences domestiques dont l’une est dans le ménage et l’autre est hors ménage. Nous avons proposé de les accompagner à la gendarmerie, mais pour l’heure les survivantes ne semblent pas être déterminées à passer à cette étape», confie Célestine Bahidikirila, présidente de l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB).
Des avocats de la femme ?

Sa motivation dans la lutte contre les violences domestiques n’est pas un hasard. Pour cette militante, elle pense que les femmes sont marginalisées dans des ménages. Raison pour laquelle, elle travaille dans un tel projet afin de militer pour les droits des femmes. Femmes, jeune filles, hommes… acceptent d’être sensibilisées par ses militantes sur les questions des violences. « C’est ma première fois que je suis sensibilisée par une Association sur les violences domestiques. C’est vraiment intéressant, car je ne savais pas que certains comportements des hommes étaient une forme de violence. Pour faire entendre ma voix, je souhaite aller débattre avec des responsables d’AZUR Développement et d’autres invités à la radio », estime Olga, une habitante de Nkayi, à Soulouka.

Pour Jean Beau Paul Makouangou, président du Réseau des associations de solidarité positive (RASP), c’est depuis 2009 qu’il travaille dans ce domaine, avec une spécificité d’une antenne qui s’occupe de la lutte contre les violences faites aux femmes et filles. But : accompagner les victimes dans des tribunaux, hôpitaux, commissariat de police ou à la gendarmerie. Nous avons déjà assisté juridiquement sept cas de violences au tribunal dont un a abouti. L’auteur a été emprisonné pendant deux mois et a payé une amende de 1.500.000 F cfa de dommage d’intérêt à la victime. « Si on ne respecte pas la femme, elle subira toujours des violences, alors qu’elle est considérée comme un partenaire au développement. C’est pourquoi nous-nous constituons en avocat principal de la femme », soutient ce défenseur des droits de l’Homme.

Appuyée par plusieurs parties prenantes, cette initiative est en train de d’apporter ses fruits. « Le combat que mènent des associations dans la lutte contre les violences, est une bonne chose. Nous avons adhéré à l’initiative d’AZUR Développement parce qu’en dehors de notre mission de sécuriser la population, nous avons aussi un rôle d’éduquer, corriger, trancher des problèmes à notre niveau … Et si nous voulons lutter contre les violences, il faut une synergie des toutes les structures», a fait savoir un Lieutenant dans un commissariat de police à Pointe-Noire.

Ces activités sont menées par les partenaires locaux du projet de suivi de la réponse gouvernementale aux violences domestiques en République du Congo.

Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) est une organisation des hommes créée en 2009 ; active dans la prévention et la prise en charge juridique des femmes et enfants victimes de violence. Ils font le suivi des cas de plainte à la police, et travaillent sur la photo comme outil de base pour la sensibilisation sur les méfaits des violences domestiques et sexuelles. Cette organisation a déjà travaillé dans la campagne Take Back The Tech en 2010 dans le cadre du projet OMD3.

Agence Régionale d’Information et Prévention du Sida (ARIPS) est une organisation de femmes qui travaille dans la prévention du VIH/SIDA, le plaidoyer, le renforcement des groupes de femmes en zone urbaine et rurale, la prévention des violences faites aux femmes et aux filles, et l’éducation des enfants. Elle a déjà travaillé dans la campagne la campagne Take Back The Tech en 2010 et 2011 dans le cadre du projet OMD3. Ses membres ont été formées dans les blogues, et maintiennent un blogue sur la violence faite aux femmes et aux filles URL : http://violsconjugauxcg.blogspot.com/

Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) est une association de femmes créée en 2011 qui prend en charge les femmes vivant avec le VIH/SIDA, fait la prévention, l’écoute et l’orientation des survivantes de violence domestique et sexuelles vers les services adaptés. Elle fait de la mobilisation communautaire sur ces questions en zone rurale et urbaine. Elle a travaillé avec AZUR Développement comme partenaire dans une action de prise en charge psycho sociale des femmes financé par un projet de l’Union Européenne au Congo.

La collecte des données sur les cas de violences domestiques et le suivi de la réponse des autorités locales, de la santé, de l’accès à la santé, la justice, le soutien psychosocial est rendu possible grâce à une subvention de l’APC à travers le Fonds Affricati de Hivos et Omidyar Network.

Jean Thibaut Ngoyi

 

Les média et la société civile engagés à documenter les violences domestiques au Congo 30 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 12 h 58 min

Ce matin une quarantaine de journalistes et des organisations de la société civile (OSC) sont réunies en atelier dans la salle SIL Congo à Brazzaville pour échanger sur le rôle des média dans lutte contre les violences domestiques et sexuelles. Au cours de cet atelier, Sylvie Niombo, Directrice exécutive d’AZUR Développement a présenté la plateforme de suivi des violences domestiques dont l’adresse URL est http://africatti.apc.org/.

Les participants ont évoqué la nécessité de disposer des données qualitatives et quantitatives sur les violences domestiques et sexuelles au Congo. Ils ont proposé la mise à disposition de la population d’un numéro vert.

Répondant à ces préoccupations, Sylvie Niombo, a précisé que la plateforme contribue à documenter, rapporter et suivre la réponse nationale aux cas de violences domestiques en République du Congo dans les départements de Pointe-Noire et de la Bouenza, et que des statistiques seront disponibles, présentés et analysés chaque trimestre avec les décideurs dans les départements de Pointe-Noire et la Bouenza.
Intervenant sur les manifestations des violences domestiques et sexuelles, Ginette Diafouka, a expliqué que les violences faites aux femmes et aux filles sont fondés sur la domination masculine et les inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes, et comme un marqueur du contrôle social des femmes.

Répondant à cette intervention, quelques participants ont estimé que les causes des violences domestiques et sexuelles se rapportent au système patriarcal, au rôle imposé à la femme et la fille dans la société qui l’empêche de développer.

Pour Anna Mayimouna Ngemba de l’Union des Femmes des Média (UCOFEM) de la RDC, la représentation de la femme dans les média pose problème, car cette dernière est présentée comme femme objet, femme vulnérable, femme ménagère tandis que les hommes eux sont présentés dans la science, le sport et le divertissement. Elle a indiqué que moins de 8% des femmes occupent des postes de responsabilités dans les média en RDC. Insistant sur le fait que la femme est toujours présentée comme une victime de violence et non comme une survivante, elle a appelé les femmes présentes dans la salle à se lever et à contribuer au développement des femmes dans les média.

Au Congo Brazzaville, les questions liées à la violence sexuelle, la mortalité maternelle et la planification n’étaient pas assez abordés dans la presse selon une récente étude commissionnée par le FNUAP. Un débat a motivé les participants, notamment sur la rigueur recherchée pour les femmes à qui on demande toujours plus de compétences. Au moins trois journalistes ont déclaré que les femmes devraient être préparées à se positionner dans ce monde de compétitivité.

Pour Monsieur Samba, Psychologue à l’unité de lutte contre les violences sexuelles de l’hôpital de Makélékélé, au moins 125 cas dont 122 femmes et 3 garçons ont été reçus à l’hôpital en 2012. Entre 2010 et 2012, il y a 542 cas. Les plus touchés sont les 6 à 15 ans, donc plus d’enfants victimes de violence sexuelle. Il a indiqué le personnel médical : médecins, psychologues et sages femmes sont débordés. Dans certains hôpitaux de la ville, il manque même des psychologues. Pour lui, c’est un grand problème de santé publique ; et des mesures appropriées doivent être prises. Il a insisté sur le fait de porter plainte contre les auteurs des agressions sexuelles, même pour les viols perpétrés en milieu familial.

Pour Jean Nkuule du FNUAP, il faut qu’on puisse avoir une communication ciblée. Il faudrait une stratégie à l’intention des proches, la famille d’une victime, les groupes à risque, les décideurs et organisations impliquées dans la lutte contre la violence basée sur le genre. Il a appelé les média à travailler en synergie avec les parties prenantes impliquées dans la lutte contre les violences sexuelles. Les journalistes font l’information, vont vers les sources d’information – il faudrait avoir des stratégies concrètes pour communiquer à ce sujet.

Des journalistes suffisamment sensibilisés sur la violence sexuelle basée sur le genre et les organisations gouvernementales, internationales et OSC engagés dans la promotion et la défense de la cause féminine peuvent contribuer à faire la différence. La question de la sécurité des survivantes a été abordée.

Cet atelier de lancement de la plateforme est appuyé par le Fonds AFRICATTI Hivos et Omydyar Network à travers une subvention obtenue le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC). Au Congo, cette plateforme est alimentée par les données collectées par quatre OSC : Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS) ; Réseau des Associations de Solidarités Positives (RASP) ; Espace Parole et Vhie (EPV) et Association des Femmes pour le développement de la Bouenza (AFDB).

Sylvie Niombo

 

Violences sexuelles et domestiques : «La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés » 29 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 21 h 14 min

Dans le cadre du Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC), qui a reçu une subvention du Fonds Hivos AFRICATTI et a identifié l’association AZUR Développement comme un partenaire pays dans la mise en œuvre de ce projet en République du Congo, AZUR Développement a organisé en partenariat avec ARIPS, EPV et AFDB, une réunion des partenaires pays et locaux à Pointe-Noire, du9 au 10 Novembre 2012.

 

«Mon mari peut me battre trois à quatre fois par mois. Partout j’ai maintenant des cicatrices sur mon corps et c’est d’autres personnes qui m’amènent à l’hôpital puis m’achètent des ordonnances », à témoigné une demoiselle qui requiert l’anonymat, mère d’un enfant, habitant le quartier la Base. De son côté, une autre victime qui ne cache pas ce qu’elle a vécu récemment au quartier Mbota, délie sa langue. « La cicatrice qui est sur mon visage est une bouteille que j’avais reçue d’un jeune gens que je ne connaissais pas. J’avais déposé une plainte à la police de Mbota pour arrêter mon agresseur malheureusement, la police n’a pas pu trancher l’affaire. Pour l’instant, mes parents se sont mobilisés et ont porté à nouveau plainte contre mon tortionnaire au tribunal de grande instance de Pointe-Noire ». Selon cette dernière, elle a été écoutée une fois par la justice et attend la suite.

«Tenir les gouvernements responsables de lutter contre la violence basée sur le genre en République démocratique du Congo et la République du Congo », est un projet mis en œuvre grâce à la subvention de PARF D’APC qui s’appuie sur ses travaux antérieurs sur la violence faite aux femmes et aux filles et les technologies de l’information et de la communication (TIC), y compris Réapproprie-toi la technologie, GenderIT, et son travail en RDC et au Congo de 2009 à 2011.

Selon Ida Moussa, Coordonnatrice d’AZUR Développement à Pointe-Noire, la réunion des partenaires avait pour objectifs : présenter de manière détaillée la plateforme sur la violence domestique au Congo et recueillir les avis et suggestions des parties prenantes ; discuter de la stratégie de collecte de données et le suivi des cas de violence domestique avec les partenaires locaux et les parties prenantes ; et identifier les besoins de renforcement des capacités des partenaires locaux dans la mise  en œuvre du projet. « Cette réunion avait connu la participation des 20 participants provenant des organisations de la société civile, de la direction départementale de la promotion de la femme, de la direction départementale des droits humains, et des chefs de quartier », fait savoir Ida Moussa.

Connaitre ses droits pour mieux se défendre

Malgré le manque des statistiques sur les violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et filles à Pointe-Noire, Nkayi en particulier et en général en République du Congo, il y a certaines personnes qui reconnaissent que ce phénomène est récurrent dans la ville océane et sucrière. Emilie Cathérine Bahanda, chef de bureau des droits humains à Pointe-Noire estime que les violences à Pointe-Noire sont fréquentes dans certains quartiers (la Base, Mbota, Tié-Tié). « Je crois qu’à travers tout ce que nous avons discuté ici sur la plate forme des violences sexuelles et domestiques, les viols et violences vont diminuer. Avec les affiches, dépliants, les gens vont s’imprégner à travers ses dessins et messages et ça va interpeller la conscience des hommes qui battent ou qui violent des femmes. Nous allons créer des antennes qui seront placées dans chaque arrondissement de Pointe-Noire pour recueillir les données sur les violences », a expliquéEmilie Cathérine Bahanda.

Pour Françoise Damba, Directrice départementale de l’éducation civique de Pointe-Noire, nous voulons que la violence puisse s’arrêter. C’est le combat de notre ministère. Elle souligne, « Hier, la femme ignorait ses droits mais aujourd’hui, avec l’association AZUR Développement, ARIPS, les femmes commencent à se mettre debout et à déclarer leurs droits. L’initiative d’AZUR Développement est très bonne parce que la femme congolaise a encore beaucoup à apprendre. D’ici là, nous mènerons des campagnes de sensibilisation ciblées à l’égard des femmes, enfants et hommes », avant d’ajouter, « Quand la femme constate qu’elle est violée, battue, qu’elle n’ait pas peur mais qu’elle aille vers les structures adaptées pour régler ces problèmes. Mais aussi, la femme doit amender son comportement, n’est pas trop être hors du foyer pour éviter la violence ».

La  justice est-elle gagnée par des anti-valeurs ?

 Selon une victime de violence dans l’ombre, c’est les Poste de sécurité public (PSP) de Mbota qui m’avait référé à l’association AZUR Développement qui assure une prise en charge psychologique et économique via des formations des petits métiers permettant aux victimes de violence de se prendre en charge. Bien que ce côte donne ses fruits, mais il reste encore un grand problème au niveau des juridictions congolaises sur le sort des bourreaux. Beau Paul Makouangou, président du Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) à Pointe-Noire, fulmine en des termes bien mesurés :« il y a des pesanteurs au niveau de la justice qui font que les plaintes des victimes n’aboutissent pas. Sur plus de trois cas que nous avons suivis au niveau du tribunal de grande instance de Pointe-Noire, aucun dossier n’a marché, malgré notre pression. La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés ».

« Il faut commencer pour changer des choses »

Il faut dire que ce travail est un combat qui demande la conjugaison des efforts de la société civile, des populations des chefs de quartiers et des pouvoirs publics pour vaincre ce phénomène. Alain Maruis Kouanda, chef de quartier de l’arrondissement 3 Tié –Tié, prenant part à la réunion des partenaires pense que c’est déjà une façon d’impliquer les chefs de quartier, les responsabiliser dans le travail de la collecte des données pour que les cas des violences soient cernés au niveau de la population ponténégrine. Qu’on puisse avoir des données pour bâtir des stratégies et éradiquer les violences sexuelles. Pour lui, en l’absence d’une étude qui existe, il y a des cas de violences ça et là à Pointe-Noire.

Comme AZUR Développement nous a confié ce travail, je crois que nous aurons des données. « Ce travail peut changer des choses puisqu’on n’avait jamais commencé. Il faut commencer pour changer des choses. Si les pouvoirs publics ne faisaient pas attention à cette situation, Je crois qu’à travers la mise en place de la plate forme des violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et files au Congo, les pouvoirs publics feront attention désormais attention, et je crois qu’on va y arriver à prendre une loi en matière des violences en République du Congo »,  a martelé ce chef de quartier.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Brazzaville, le 29 novembre 2012

 

 

 

 

16 jours pour AGIR contre la violence faite aux femmes et aux filles 28 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 17 h 33 min

Chaque année au moins 10 organisations sont impliquées dans la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles en République du Congo.

 

AZUR Développement organise diverses activités avec ses partenaires locaux dans le pays pendant la période.

 

A Nkayi, dans le département de la Bouenza : une campagne d’affichage dans une vingtaine de taxis sur la violence conjugale ;  des banderoles d’information publique sur les violences faites aux femmes et aux filles, émissions radios interactives avec les auditeurs sur les violences sexuelles et domestiques ;  un atelier avec plus de 100 filles du Lycée.

 

A Dolisie, plus de 300 femmes et filles seront sensibilisées sur la violence conjugale et la violence faite aux enfants et aux filles. Les femmes visées incluent les épouses des militaires, les femmes au foyer et les élèves des écoles secondaires.

 

A Pointe-Noire,  plus de 300 femmes et filles seront sensibilisées ainsi que 50 personnels de santé des Hôpitaux de la ville et des centres de santé seront sensibilisés sur la prévention et la prise en charge des victimes des violences faites aux enfants et aux filles.

 

Au moins 4  journalistes et militantes blogueront  pendant les 16 Jours pour rapporter les préoccupations et témoignages des victimes de violence sur la toile mondiale. A Brazzaville, un atelier regroupant une quarantaine de professionnels de média et de journalistes  abordera les questions de reporting sur les violences domestiques et sexuelles.

 

Pour plus d’informations, écrivez-nous à info@azurdev.org

 

 

Violences sexuelles dans la Bouenza : l’heure est au bilan

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 16 h 27 min

Dix ans après les récurrentes crises socio-politiques que le Congo a connues, la paix a été retrouvée. Malgré le retour de la quiétude dans la Bouenza, des femmes et filles continuent à être battues, maltraitées et violées. Face à ce problème, des associations militantes pour les droits des femmes et pouvoirs publics redoublent d’initiatives pour apporter d’issues à ce mal.

« (…) Malgré les retombées graves sur la vie et l’avenir des victimes de violence sexuelles(VVS), on constate une certaine banalisation de ces violences, traduite par l’absence de réponse efficace par des pouvoirs publics, le règlement à l’amiable, le silence de la part de la victime, une réticence à dénoncer de peur d’être marginalisée ou stigmatisée dans la société ou encore de peur des représailles des auteurs », révèle une étude du PNUD. Selon Christine Bantoubondiri, Coordonnatrice du projet d’appui à la prise en charge psychosociale des victimes de violence sexuelle dans la Bouenza financé par le Projet consolidation de la réconciliation par l’appui aux populations touchées par les conflits(PCR) , nous avons mené des actions suivantes : une réunion de réflexion stratégique sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles ; la création d’une base de données ; la production et diffusion des émissions radio et télévisées sur les violences sexuelles(VS) en langue locale, nationale et en français ; la création des espaces pilotes de prise en charges des VVS ;  et l’organisation des sensibilisations avec la vidéo mobile dans la communauté.

Ces actions  contre les violences sexuelles ont été par l’association AZUR Développement à Nkayi, Madingou et Mouyondzi.

Les fruits de l’appui psychosocial

Selon Christine Bantoubondiri, nous avons formé 14 membres des ONG/Associations et 10 personnels de santé dans la prise en charge psychosociale des victimes de violences sexuelles (VVS).  A mi-parcours du projet, « les prestataires formées sont actives. 62 VVS dont 27 de moins de 23 ans et 35 de plus de 24 ans ont été assistées psychologiquement dans les espaces de prise en charge par les prestataires sur la PEPV», explique Christine. Pour le psychologue, nous procédons par une écoute puis par un entretien psychologique afin de redonner confiance aux outragées, en les amenant à oublier le traumatisme gravé dans leur mémoire. Solange, une victime, 25 ans révolus révèle «J’ai souffert pendant 5 ans. Je supportais et je ne pouvais parler cela à personne. Mais avec l’appui psychologique d’AZUR Développement, je me suis débarrassée de tous les soucis et maux d’estomac qui habitaient en moi …»

L’appui psychosocial est une thérapie pour rétablir l’espoir aux victimes du viol. Gabriel Mpemba, psychologue affirme : « une dizaine de victimes dont les mariages étaient en péril à cause des violences sexuelles ont eu gain de cause par la prise de conscience des maris et la réparation des maux des femmes par une prise en charge psychologique.»                 

 

De la sensibilisation au plaidoyer 

Pour les sensibilisations de proximité dans les quartiers et Centre de santé intégré (CSI), la couverture réalisée a été supérieure à celle prévue. 176 hommes, 189 garçons, 581 filles et 1067 femmes ont été sensibilisées (2013 personnes informées dans les localités de Nkayi, Madingou et Mouyondzi). Du côté de Célestine Bayidikila, Présidente de l’Association des femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB), plus de 40 victimes ont apprécié la prise en charge et ont obtenu satisfaction à leur problème. « Nous pouvons maintenant porter plainte sans craindre personne », résume un père de famille.

Il faut signaler que 5 espaces pilotes de prise en charge de ces dernières ont été crées dans 3 CSI (Mouananto, Ex-suco, Armée du salut) et  hôpital de Madingou (centre de santé maternel et infantile) et au siège d’AZUR Développement. Ils ont été équipés en télévision, en lecteur DVD pour diffuser de films éducatifs et des témoignages vidéo des survivantes de violence. « Ces espaces mènent les activités suivantes : accueil, écoute et appui psychologique, et oriente des victimes à l’hôpital, police, au Tribunal ou dans d’autres services communautaires. 101 VVS ont été identifiées et appuyées dans ces espaces », confie un membre d’AZUR Développement.

Les leaders communautaires hommes et femmes informés, sur la violence sexuelle ont favorisé le changement de comportement de diverses personnes. D’après Christine, les parents et les VVS ne se taisent plus (01 cas en justice ; 10 cas de plainte à la police) et d’autres qui veulent porter plainte. Jules, chauffeur de taxi à Nkayi, dit « C’est très important les conseils que vous donnez à la radio et à la télé Divouba parce que, je ne savais pas qu’en prenant ma femme de force c’est de la violence. Mais quand j’ai suivi vos émissions à la radio, cela m’a touché et je ne pourrai plus agir de la sorte

Jean Thibaut Ngoyi

Brazzaville, le 24 août 2012

 

Violence à l’égard des femmes au Congo : des vidéos pour booster les femmes à dénoncer et agir 11 décembre 2011

Depuis octobre dernier, plus de 700 adolescentes et femmes, suivent des formations, sensibilisations et projections de films pour prévenir et lutter contre la violence qu’elles subissent . Parmi ces femmes, les 14-63 ans, attentionnées, trouvent des mécanismes pour lutter, guérir, éduquer et plaider pour le changement.

« Les femmes ont souvent peur de dénoncer les violences, même si elles en sont victimes, dans la crainte d’être regardée différemment dans la société. Elles se taisent et parfois acceptent d’endurer ces violences au nom de la tradition », observe Ida Moussa, Assistante du projet  de lutte contre la violence mis en œuvre par  Développement dans la ville économique de Pointe-Noire. Pour  changer d’attitude et comportement face à cette situation, depuis le mois d’avril 2011, plus de 700 adolescentes et femmes de Pointe-Noire comme celles de Nkayi suivent des formations, sensibilisations sur les violences faites aux femmes et projection de film grâce à AZUR Développement.  D’Avril à octobre 2011, 68 femmes et filles victimes de violence sexuelle et des battues ont été soutenues par le projet.

46 animatrices sont formées lors des ateliers intitulés « échanges féministes sur la technologie »  où elles apprennent des notions de counselling aux victomes de violence et également les outils des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour prévenir et apporter du soutien aux survivantes des violences. A travers des histoires numériques ou témoignages en vidéos, les survivrantes racontent leurs propres histoires avec leurs propres dans le but de guérir, éduquer et plaider pour le changement. Les sensibilisations touchent également les filles à l’école, et au moins 503 adolescentes ontété sensibilisées en milieu scolaire.

Ces adolescentes et femmes,  provenant des différents quartiers de Nkayi et Pointe-noire, ont suivi des exposés sur  les abus sexuels et harcèlement sexuels, les violences conjugales, les violences envers les enfants, les violences physiques et psychologiques et enfin les procédures judiciaires à suivre. « Ces sensibilisations sont les bienvenues pour nous dans notre localité qu’on en parle presque pas, nous avons découvert plusieurs formes de violences qu’on ignorait. Pour nous la violence était seulement sexuelle, or elle peut être conjugale, physique, psychologique », explique Joséphine Yimbou.

En milieu scolaire, c’était autour de quatre thèmes à savoir, abus sexuels et harcèlement sexuels, les violences envers les enfants, les violences physiques et psychologiques, les procédures judiciaires à suivre, puis les projections de film,  que  la sensibilisation était axée. Satisfait de l’engagement des animatrices formées, Pascaline Niombo, coordonatrice d’AZUR Développement dans la Bouenza explique, « les thèmes présentés ont attirés l’attention des élèves qui ont tendance à envahir la salle sinon entourer les salles de classe pour celles qui n’ont pas été sélectionnées pour les sesions de sensibilisation ». Pour Pascaline, certaines femmes par honte et la peur d’être connues comme victime n’ont pas voulu parler de leur aventure, « certaines disaient toujours qu’elles devraient se rendre au bureau d’AZUR Développement afin d’expliquer ce qu’elles ont vécu durant leur vie. Etcela s’est fait en peu de temps les femmes se présentaient au bureau et racontaient leur histoire vécu », a-t-elle expliqué.

Révoltée, Madame Nzaou, la quarantaine, une participante au séminaire de Pointe-Noire, qui a été déjà  victimes d’une violence conjugale, aujourd’hui a regagné le toit parental. Pour elle « un homme qui violente une femme est un élément dangereux qu’il faut contrôler et punir, parce qu’il est comparé à un assassin ». Pour KouKuata Caroline, une des participantes aux sensibilisationsde Nkayi dans le département de la Bouenza encourage des femmes violoées à « ne plus continuer à se taire face aux hommes qui nous violentent, mais plutôt les dénoncer ou porter plainte afin de réduire les cas de violence quelque soit sa forme », à Audrey Ntsimba une autre participante de Nkayi de renchérir, « c’est en le dénonçant qu’on pourra arrêter les violences et sortir du mutisme dont fait montre les femmes».

 

Pour l’Assistante de projet Pointe-Noire, Ida Moussa, après avoir organisé une  série de sensibilisations et de projections des histoires numériquesa affirmé expliqué’« après les formations, une dizaine de femmes victimes des violences ont cherché à nous rencontrer . Ce que confirme Blancelga Nzoumba, âgée de 14 ans, « j’ai failli être violée à 11 ans par un homme d’au moins 50 ans, mais j’avais peur de le dénoncer et aucune personne de ma famille ne le sait, aujourd’hui j’en parle grâce à AZUR Développement » et à Madame Nzaou de conclure, « je me suis enfin libérer du poids que je portais ». 

 

Signalons qu’au cours de ces sensibilisation et formations, les animatrices et participantes ont tenté de trouver des réponses à des les questions : si ton père t’as violé, il est aussi nécessaire de le dénoncer ? Après un viol, combien de temps après  peux-tu te rendre compte que tu es enceinte ? Faut-il faire un avortement ou pas ? Pourquoi les hommes abusent-ilsdes femmes ? Qu’est ce qu’une fille peut faire pour prévenir la violence ?

Marien Nzikou-Massala

 

Campagne des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles au Congo – 25 Novembre au 10 Décembre 2011 25 novembre 2011

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 5 h 28 min

Où : Brazzaville, Pointe-noire, Nkayi, Pokola [Si vous connaissez d’autres activités, informez-nous s’il vous plaît !]

Quand : 25 Novembre au 10 Décembre 2011

Cible : au moins 3.000 adolescentes et femmes sensibilisées

Activités à Brazzaville :


o Conférence débat avec 150 étudiantes sur le harcèlement sexuel et les violences sexuelles à Brazzaville. [Organisée par AZUR Développement avec l'appui de l'Ambassade des Etats-Unis au Congo]

o Emission télévisée sur les femmes et la violence armée. [Organisée par ODDHC]

o Animation d’un groupe Facebook « 16 Jours Congo » sur les différentes formes de violence faite aux femmes et aux filles, les ressources et les réponses. Octroi d’un prix tous les 2 jours pendant les 16 jours aux meilleures interventions sur Facebook.

o Blogues : reportages sur les témoignages des survivantes de violence à Pointe-Noire et Brazzaville

o Cartographier les faits et histoires de violence en ligne par une équipe de jeunes blogeuses. Suivez les incidents de violence rapportés au Congo et dans le monde à partir du 25 Novembre sur la plateforme Ushaidi à

https://www.apc.org/ushahidi/reports/submit?l=en_US&l=fr_FR

Activités à Pointe-noire

o Atelier de sensibilisation des femmes sur la violence physique à Pointe-noire. [Organisé par l’Agence Régionale d’information sur le VIH/SIDA – ARIPS]

o Atelier de sensibilisation sur la violence faite aux femmes et aux filles avec les mères à l’hôpital Congo Malembe à Pointe-noire. [Organisée par AZUR Développement]

o Animation sur la violence faite aux femmes dans les marchés avec la radio du marché de Fonds Tié-Tié et Grand Marché à Pointe-noire. [Organisée par AZUR Développement]

o Sensibilisations sur la violence sexuelle et la maltraitance des enfants dans les écoles suivi de lacréation de cartes de vœux et calendriers avec des messages de lutte contre la violence faite aux filles à Pointe-noire. [Organisées par AZUR Développement]

Activités à Pokola

o Campagne de sensibilisation des filles de 9 ans à plus dans les écoles primaires et collèges à Pokolola. [Organisée par la Clinique Médicale de la CIB]

o Emissions radios pour les parents (surtout les mamans) avec des conseils comment elles peuvent protéger leurs filles contre des viols, des rapports sexuels précoces, des grossesses non-désirées et les IST sur Canal Pokola (télévision) et une pour Radio Biso na Biso à Paokola. [Organisées par la Clinique Médicale de la CIB]

Activités à Nkayi

o Sensibilisations sur la violence sexuelle et la maltraitance des enfants dans les écoles suivi de la création de cartes de vœux et calendriers avec des messages de lutte contre la violence faite aux filles  et Nkayi. [Organisées par AZUR Développement]

* Sensibilisation des femmes séropositives et vivant avec handicap sur la violence sexuelle à Nkayi. [Organisée par AZUR Développement et AFDB]

o Emissions radios sur la violence faite aux femmes et aux filles à Nkayi. [Organisées par AZUR Développement]

Pour plus d’informations sur ces activités, contactez-nous à info@azurdev.org ou au +242 06 656 61 89

 

 
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