Féministes Congolaises

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Violences familiales : La loi protège les veuves contre les pseudos traditions 25 novembre 2013

Au Congo Brazzaville, certaines veuves, aidées dans certains cas par des associations, osent poursuivre en justice leur belle-famille et obtiennent réparation. Des exemples à suivre pour toutes celles qui, par manque d’informations sur leurs droits ou par peur des représailles, souffrent en silence.

« Mon père, craignant la sorcellerie, a essayé de me convaincre d’abandonner les poursuites contre ma belle-famille. Mais, connaissant le droit, je ne me suis pas résignée. Aujourd’hui, je touche la pension de mon défunt mari ! », se félicite Reglane.

Comme elle, beaucoup de veuves subissent des pressions, parfois même des sévices au « nom de la tradition » au moment du décès de leur époux. La peur de la sorcellerie, la nécessité de protéger leurs enfants, fait que bon nombre d’entre elles se laissent faire en silence. « Il n’y a pas que des veuves dont le niveau d’éducation est faible qui sont victimes. Certaines, instruites, plient également », déplore Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko.

Au Congo, le Code de la famille réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux), mais ces dispositions sont régulièrement bafouées. Consultées, certaines familles, qui font pression sur les veuves, n’ont pas voulu s’exprimer. Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, leur attitude s’apparente à tout sauf à la tradition : « Ces brimades arrivent souvent quand la veuve, du vivant de son mari, n’était pas en bons termes avec ses belles-sœurs. Le deuil est pour elles le moment de se venger.»

Faire valoir ses droits

Ces dernières années, plusieurs associations expliquent aux veuves que la loi interdit les sévices ou mauvais traitements exercés sur elles à l’occasion des cérémonies de deuil. La réglémentation prévoit la répression de ces actes conformément au Code pénal. Le Code de la famille indique également que le refus de se soumettre à ces rites ne peut pas constituer une injure au défunt. Herman Batamio Matondo prend le cas d’Agathe récemment accompagnée par son association : « un jugement a été rendu. Aujourd’hui, elle touche sa pension. Malgré les foudres de la famille que cela lui a values, elle est rentrée dans ses droits. La loi existe dans le pays ! ». Un autre activiste des droits humains pense qu’au Congo, « L’Etat est regardant sur ces problèmes de droits. Il suffit que la personne violentée dénonce ce genre de comportements et l’Etat applique la loi », assure-t-il.

Reconnaissant le manque d’informations sur les droits des veuves, Daniel Mondinzoko, directeur départemental des Affaires sociales, qui collabore avec les juristes, explique : « La loi reste la loi, mais nous faisons en sorte que la tradition ne soit pas totalement marginalisée». Pour M. Miabeto, il faut bien différencier antivaleurs et traditions : « la tradition est la transmission des valeurs des sociétés du passé. De nos jours, il y a beaucoup de confusions entre la tradition et des pratiques tout à fait inhumaines exercées sur des veuves.»

Marien Nzikou-Massala

 

Survivantes de violence mais elles ne veulent pas dénoncer !

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 11 h 43 min
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Dans des ménages congolais, des violences se vivent au quotidien. Certaines victimes par mutisme ne veulent pas dénoncer leurs bourreaux. Une attitude qui freine l’engagement des organisations de défense des droits des femmes et de l’homme.

« Pour mettre fin aux violences, la femme elle-même doit se lever pour que les ONG et la société civile puissent venir en appui », a martelé Sylvie Foutou Banga, présidente de l’Organisation pour le Développement et les Droits Humains au Congo (ODDHC) que nous avons rencontré le 22 novembre au siège de son association en plein préparatif des 16 jours d’activisme et de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes prévu chaque 25 novembre.

Selon la présidente de l’ODDHC, « chaque jour qui passe nous recevons des cas de viol fait à l’égard des enfants et des petites filles. Et les auteurs de ces actes ne s’inquiètent presque pas. Ainsi nous envoyons les victimes à AZUR Développement pour le suivi et l’assistance sociale. En ce qui est du volet juridique, nous sommes entrain de voir avec l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) comment poursuivre les auteurs de ces actes, mais il faut reconnaitre que c’est un peu difficile parce que souvent se sont des cas qui se passent dans des maisons et certaines familles ne veulent pas en parler elles sollicitent l’assistance sociale mais le volet juridique généralement ces femmes violentées ne veulent pas en parler. C’est un problème ! »

S’inspirant d’un cas qu’elle devrait résoudre et qui n’a pas abouti du fait de la résignation de la victime, Sylvie pense plutôt à la volonté des victimes de dénoncer leurs bourreaux. «Nous avons reçu un cas où une femme est venue nous voir et nous parler de ce qu’elle vit dans son foyer, des battues, des menaces de mort car elle nous a apporté le couteau avec lequel son mari la menaçait, au moment où on s’apprêtait pour interpeller le monsieur, mais quelque jours après, la dame a fait la paix avec son mari sous prétexte de protéger ses enfants et sauvegarder son mariage et elle n’est plus jamais revenue alors qu’elle avait raconté des choses dramatiques qu’elle vit », raconte-t-elle avant de se questionner « pour une telle femme qu’est ce qu’on peut faire si elle-même ne se lève pas ? ».

Certes la lutte est difficile mais « sans la détermination et volonté des femmes elles-mêmes le salut ne viendra pas du ciel », conclut-elle.

Marien Nzikou-Massala

 

«Plus de 80% des cas de viol sont des enfants de zéro à 15 ans »

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 11 h 35 min
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A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et du lancement de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme, le Docteur Carmel Stella Miabanzila Matoko, médecin responsable de la prise en charge des victimes des violences sexuelles (VVS) au niveau de l’unité de Poto-Poto et à l’antenne de prise en charge de ces dernières à l’hôpital de Talangaï nous a accordé une interview sur cette situation à Brazzaville.

Docteur Carmel Stella Miabanzila Matoko, quelle est la tendance actuelle de la situation de la violence sexuelle faite aux femmes au sein des unités de prise en charge des VVS dont vous avez la charge ?

Aujourd’hui, la tendance s’est renversée comme nous avons du le constater. Présentement, les agresseurs sont de plus en plus des jeunes sur des victimes de plus en plus encore jeunes. C’est quelque chose qu’on a noté et ce n’est pas toujours le militaire ou l’homme en arme, mais c’est surtout aujourd’hui le civil qui agresse, qui viole.

Donc, les tendances se sont inversées par rapport aux stéréotypes qu’on avait avant. Maintenant là, on sait que la violence sexuelle existe, ça perdure dans notre société et qu’aujourd’hui de plus en plus des jeunes agresseurs qui violent, gaspillent l’avenir du plus petit (enfants de moins de 15 ans) sont des jeunes. Donc, la tendance est là, elle est inversée.

C’est vraiment de très jeunes enfants qui sont victimes. 80 % des cas qu’on a reçus sont des enfants de zéro à 15 ans. C’est une tendance généralisée sur près de 5 ans. Nous avons observé depuis 2010, 2011, 2012 à Talagaï et on a fait le comparatif avec l’unité de prise en charge des victimes de violence sexuelle de Makélékélé. Pratiquement, nous avons les mêmes tendances. Les enfants de zéro à 15 ans constituent la couche la plus touchée. Plus de 80 % sont des enfants quand on fait les statistiques.

Docteur Matoko, est-ce que vous recevez des cas liés à l’inceste ?

Oui, il y a beaucoup de cas d’inceste, mais ce sont des cas qui ne sont pas trop en accord pour poursuivre une procédure pénale. Il y a des gens qui viennent juste pour confirmer un viol et puis on vous dit que c’est le père, le frère, l’oncle, mais pour qu’on vous dise qu’il y a une procédure pénale qui sera poursuivie jusqu’à la fin, non.

C’est des gens qui viennent juste pour avoir la confirmation qu’il y a eu viol puis le reste, ce n’est pas leur problème.

Quelles sont les actions que vous menez au niveau de vos unités de prise en charge des victimes de violence sexuelle ?

Nous menons des activités de sensibilisation parce qu’il faut sensibiliser les victimes sur les différentes procédures. Après l’hôpital, il faut aller à la justice, poursuivre le traitement et la prise en charge psychologique. En dehors de la sensibilisation, nous faisons la prise en charge médicale, mais à la différence de ce que l’on avait à l’hôpital de Talagaï, on avait des médicaments pour cette prise en charge. Aujourd’hui, nous n’avons aucun médicament. Nous prodiguons donc des soins et nous faisons plus des ordonnances puis de l’orientation.

Docteur, qu’en est-il de l’obtention du certificat médical ?

Le certificat médical est un document légal. C’est un document qui peut demander à ce que vous allez expliquer à la justice le pourquoi de chaque phrase. Donc, c’est un document qui ne peut pas être gratuit. Il est gratuit dans certaines circonstances par exemple en post-conflit, c’était normal que le certificat médical soit graduait, mais maintenant que nous parlons, le programme de prise en charge des victimes de violence sexuelle (VVS) n’est soutenu par aucune structure. Je dis bien aucune structure ne soutien ce programme. Les gens ne sont pas rémunérés par rapport à cette spécificité d’action.

Donc, on ne peut pas dire qu’on va faire de la gratuité. On fait de la gratuité quand on reçoit les médicaments ou une aide extérieure. Mais pour ce qui concerne le certificat médical, nous demandons un petit forfait qui est humanitaire, s’élevant à 10.000 F CFA. Les examens étaient gratuits quand nous étions à Talangaï.

Actuellement, nous n’avons pas de laboratoire. Or, avant, nous faisions des échographies, des prélèvements vaginaux et autres examens, gratuitement à l’hôpital et qui ont révélé des cas des grossesses après viol.

Des cas des IST ou infection à VIH ?

Oui, il y a beaucoup de cas des IST et de cas de VIH qui ont été identifiés. Je sais que ce pas très courant. Je ne souhaite pas d’ailleurs, mais il y a eu des cas. Il y a une infection à VIH après le viol et il y a eu aussi des cas où l’enfant était déjà contaminé depuis le ventre de la maman, c’est-à-dire l’enfant qui était séropositif et le violeur ne savait pas qu’il était sur un terrain miné.
Donc, la victime peut aussi contaminer.

Qu’est ce qu’il faut faire pour qu’il y ait une meilleure prise en charge des VVS au niveau médical ?

Nous voulons que la prise en charge des victimes de violences sexuelles (VVS) soit intégrée dans le paquet d’activités des Centres de santé intégré (CSI), rien que ça. Si vous allez chez les autres, vous verrez qu’il y a des gens qui sont formés dans tous les hôpitaux pour ça. Mais ici, les gens ne sont pas formés, je suis désolée de le dire. Donc, il y a une formation qu’on y ajoute. Il y a la donnée psychologique qui s’ajoute à cette consultation là. Si on pouvait intégrer cela dans le paquet minimum des activités des hôpitaux et même des CSI, ça nous aiderait et même ces dernières. En définitive, la prise en charge doit être holistique.

Propos recueillis par Jean Thibaut Ngoyi

 

Des journalistes découvrent la plateforme de suivi des violences domestiques sur internet 22 juillet 2013

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 7 h 07 min

Une quinzaine de journalistes de la presse écrite, internet, et des média audiovisuels s’est réunie le 16 Juillet 2013 au Cybercafé de Mayangui au Plateau des 15 ans à Brazzaville pour visiter la plateforme internet de suivi des violences domestiques et sexuelles au Congo. Ils ont pu tester la recherche d’informations sur les cas des violences répertoriés sur le site www.violencedomestique-congo.net.

Les journalistes  ont demandé à ce que des conférences de presse soient organisées une fois que des données importantes en nombre de cas ont été mises sur le site internet. Ils ont insisté sur le fait que la plateforme internet doit être mise à jour régulièrement, et que  les cas de violence de Brazzaville y soient enregistrés.

A l’issue de cette réunion, les journalistes se sont engagés à utiliser les données de ce site pour leur travail : articles et émissions radios. Ils ont voulu  obtenir davantage d’informations sur les survivantes de violence lorsqu’ils rapporteront ces cas. Ils ont souhaité recevoir des alertes sur les nouveaux cas publiés sur le site internet par courrier électronique et par SMS.

Par ailleurs, AZUR Développement a promis suivre leur travail et les a invités à échanger sur le groupe Facebook des journalistes créé en Novembre 2012.

Ce site internet  a été développé par l’association AZUR Développement et le Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association pour le Progrès des Communications (PARF d’APC) avec l’appui du Fonds ATTI de Hivos et Omydyar Network.

Sylvie Niombo

 

« Nous-nous constituons en avocat principal de la femme » 26 février 2013

Marginalisée dans le ménage ou hors famille, survivrante de tous les maux et de toutes injustices dans le foyer, les droits de la femme congolaise ne sont pas encore acquis. Des Organisations de la société civile congolaise, qu’elles soient féminines ou des droits humains, en synergie avec les pouvoirs publics, militent tant soit peu contre les violences domestiques faites à l’égard des femmes.

Vendredi 15 février dernier, à 16 heures du soir, dans l’arrondissement 3 Tié-Tié à Pointe-Noire, Vivienne Dzobo réunit un groupe de 30 fidèles catholiques pour leur parler des violences domestiques dans la paroisse Saint-Pierre. Dans un style comique, elle demande aux participantes de témoigner si elles ont déjà été victimes de violences domestiques au foyer. La salle a connu un silence de cimetière. «Si j’ai accepté de faire ce travail c’est parce je constate que la femme congolaise est victime au jour le jour des violences dans le ménage ou hors ménage. Il faut briser ce tabou là parce que les victimes ont peur de dénoncer leurs tortionnaires », martèle Vivienne Dzobo, bloggeuse et membre de l’Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS).

Après son intervention, des réactions n’ont plus tardé à venir. Pour Julienne, une habitante de Tié-Tié, ce sont des choses que nous vivons souvent dans des foyers, mais que nous ne savons pas comment faire. Maintenant que nous sommes éclairées, nous pensons que nous ne seront plus inoffensives vis-à-vis de nos conjoints. Ella, une autre participante, la vingtaine révolue, avoue que « C’est un débat passionnant. Je pense que j’ai appris quelque chose de plus dans ma vie qui m’épargnera de tomber dans le piège.»

L’engagement des parties prenantes
La bataille sur les violences ne laisse plus insensible certaines autorités congolaises et d’autres organisations qui, soutiennent l’initiative d’AZUR Développement. Pour Jean Beau Paul Makouangou, président de Réseau des associations de solidarité positive (RASP), nous avons mené plusieurs actions de terrain, parmi lesquelles il faut noter : participer au Forum interpays Africain à Pointe-Noire ; travailler avec la directrice de l’intégration de la femme au développement puis avec celle de la promotion de la femme pendant les 16 jours contre les violences faites aux femmes et aux filles en 2012. Selon lui, RASP a identifié trois (03) cas de victime de violences qu’ils ont accompagnés sur le plan juridique. « Après les enquêtes que nous avons mené pour vérifier la véracité des faits au niveau des commissariats et ménages, nous avons écrit au Procureur de la République pour dénoncer », a expliqué Beau Paul.

A l’intérieur du pays, dans le département de la Bouenza, les chefs de quartier ne sont pas restés en marge. A l’image de M. Mikolongoulou, chef de quartier n°8 Kibiti à Nkayi, il pense que c’est une bonne chose de les avoir sensibilisé sur les violences. Nous partageons l’initiative et nous allons nous impliquer dans la collecte des données.

Financée par l’Association pou le Progrès des Communications (APC)C, via AZUR Développement, l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) a débuté ses activités de collecte de données en février 2012 dans l’arrondissement Muana To qui compte six quartiers à Nkayi. Elle a sensibilisé plus d’une vingtaine de chefs de quartier pour la collecte des données et a fait le plaidoyer auprès de l’Administrateur maire de Nkayi. En 2011, cette organisation féminine de la Bouenza a fait des sensibilations pareilles dans des quartiers et écoles. En 2012, elle a sensibilisé uniquement les femmes qui fréquentent les centres de santé intégré (CSI). «Actuellement, nous avons collecté deux cas de violences domestiques dont l’une est dans le ménage et l’autre est hors ménage. Nous avons proposé de les accompagner à la gendarmerie, mais pour l’heure les survivantes ne semblent pas être déterminées à passer à cette étape», confie Célestine Bahidikirila, présidente de l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB).
Des avocats de la femme ?

Sa motivation dans la lutte contre les violences domestiques n’est pas un hasard. Pour cette militante, elle pense que les femmes sont marginalisées dans des ménages. Raison pour laquelle, elle travaille dans un tel projet afin de militer pour les droits des femmes. Femmes, jeune filles, hommes… acceptent d’être sensibilisées par ses militantes sur les questions des violences. « C’est ma première fois que je suis sensibilisée par une Association sur les violences domestiques. C’est vraiment intéressant, car je ne savais pas que certains comportements des hommes étaient une forme de violence. Pour faire entendre ma voix, je souhaite aller débattre avec des responsables d’AZUR Développement et d’autres invités à la radio », estime Olga, une habitante de Nkayi, à Soulouka.

Pour Jean Beau Paul Makouangou, président du Réseau des associations de solidarité positive (RASP), c’est depuis 2009 qu’il travaille dans ce domaine, avec une spécificité d’une antenne qui s’occupe de la lutte contre les violences faites aux femmes et filles. But : accompagner les victimes dans des tribunaux, hôpitaux, commissariat de police ou à la gendarmerie. Nous avons déjà assisté juridiquement sept cas de violences au tribunal dont un a abouti. L’auteur a été emprisonné pendant deux mois et a payé une amende de 1.500.000 F cfa de dommage d’intérêt à la victime. « Si on ne respecte pas la femme, elle subira toujours des violences, alors qu’elle est considérée comme un partenaire au développement. C’est pourquoi nous-nous constituons en avocat principal de la femme », soutient ce défenseur des droits de l’Homme.

Appuyée par plusieurs parties prenantes, cette initiative est en train de d’apporter ses fruits. « Le combat que mènent des associations dans la lutte contre les violences, est une bonne chose. Nous avons adhéré à l’initiative d’AZUR Développement parce qu’en dehors de notre mission de sécuriser la population, nous avons aussi un rôle d’éduquer, corriger, trancher des problèmes à notre niveau … Et si nous voulons lutter contre les violences, il faut une synergie des toutes les structures», a fait savoir un Lieutenant dans un commissariat de police à Pointe-Noire.

Ces activités sont menées par les partenaires locaux du projet de suivi de la réponse gouvernementale aux violences domestiques en République du Congo.

Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) est une organisation des hommes créée en 2009 ; active dans la prévention et la prise en charge juridique des femmes et enfants victimes de violence. Ils font le suivi des cas de plainte à la police, et travaillent sur la photo comme outil de base pour la sensibilisation sur les méfaits des violences domestiques et sexuelles. Cette organisation a déjà travaillé dans la campagne Take Back The Tech en 2010 dans le cadre du projet OMD3.

Agence Régionale d’Information et Prévention du Sida (ARIPS) est une organisation de femmes qui travaille dans la prévention du VIH/SIDA, le plaidoyer, le renforcement des groupes de femmes en zone urbaine et rurale, la prévention des violences faites aux femmes et aux filles, et l’éducation des enfants. Elle a déjà travaillé dans la campagne la campagne Take Back The Tech en 2010 et 2011 dans le cadre du projet OMD3. Ses membres ont été formées dans les blogues, et maintiennent un blogue sur la violence faite aux femmes et aux filles URL : http://violsconjugauxcg.blogspot.com/

Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) est une association de femmes créée en 2011 qui prend en charge les femmes vivant avec le VIH/SIDA, fait la prévention, l’écoute et l’orientation des survivantes de violence domestique et sexuelles vers les services adaptés. Elle fait de la mobilisation communautaire sur ces questions en zone rurale et urbaine. Elle a travaillé avec AZUR Développement comme partenaire dans une action de prise en charge psycho sociale des femmes financé par un projet de l’Union Européenne au Congo.

La collecte des données sur les cas de violences domestiques et le suivi de la réponse des autorités locales, de la santé, de l’accès à la santé, la justice, le soutien psychosocial est rendu possible grâce à une subvention de l’APC à travers le Fonds Affricati de Hivos et Omidyar Network.

Jean Thibaut Ngoyi

 

Les média et la société civile engagés à documenter les violences domestiques au Congo 30 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 12 h 58 min

Ce matin une quarantaine de journalistes et des organisations de la société civile (OSC) sont réunies en atelier dans la salle SIL Congo à Brazzaville pour échanger sur le rôle des média dans lutte contre les violences domestiques et sexuelles. Au cours de cet atelier, Sylvie Niombo, Directrice exécutive d’AZUR Développement a présenté la plateforme de suivi des violences domestiques dont l’adresse URL est http://africatti.apc.org/.

Les participants ont évoqué la nécessité de disposer des données qualitatives et quantitatives sur les violences domestiques et sexuelles au Congo. Ils ont proposé la mise à disposition de la population d’un numéro vert.

Répondant à ces préoccupations, Sylvie Niombo, a précisé que la plateforme contribue à documenter, rapporter et suivre la réponse nationale aux cas de violences domestiques en République du Congo dans les départements de Pointe-Noire et de la Bouenza, et que des statistiques seront disponibles, présentés et analysés chaque trimestre avec les décideurs dans les départements de Pointe-Noire et la Bouenza.
Intervenant sur les manifestations des violences domestiques et sexuelles, Ginette Diafouka, a expliqué que les violences faites aux femmes et aux filles sont fondés sur la domination masculine et les inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes, et comme un marqueur du contrôle social des femmes.

Répondant à cette intervention, quelques participants ont estimé que les causes des violences domestiques et sexuelles se rapportent au système patriarcal, au rôle imposé à la femme et la fille dans la société qui l’empêche de développer.

Pour Anna Mayimouna Ngemba de l’Union des Femmes des Média (UCOFEM) de la RDC, la représentation de la femme dans les média pose problème, car cette dernière est présentée comme femme objet, femme vulnérable, femme ménagère tandis que les hommes eux sont présentés dans la science, le sport et le divertissement. Elle a indiqué que moins de 8% des femmes occupent des postes de responsabilités dans les média en RDC. Insistant sur le fait que la femme est toujours présentée comme une victime de violence et non comme une survivante, elle a appelé les femmes présentes dans la salle à se lever et à contribuer au développement des femmes dans les média.

Au Congo Brazzaville, les questions liées à la violence sexuelle, la mortalité maternelle et la planification n’étaient pas assez abordés dans la presse selon une récente étude commissionnée par le FNUAP. Un débat a motivé les participants, notamment sur la rigueur recherchée pour les femmes à qui on demande toujours plus de compétences. Au moins trois journalistes ont déclaré que les femmes devraient être préparées à se positionner dans ce monde de compétitivité.

Pour Monsieur Samba, Psychologue à l’unité de lutte contre les violences sexuelles de l’hôpital de Makélékélé, au moins 125 cas dont 122 femmes et 3 garçons ont été reçus à l’hôpital en 2012. Entre 2010 et 2012, il y a 542 cas. Les plus touchés sont les 6 à 15 ans, donc plus d’enfants victimes de violence sexuelle. Il a indiqué le personnel médical : médecins, psychologues et sages femmes sont débordés. Dans certains hôpitaux de la ville, il manque même des psychologues. Pour lui, c’est un grand problème de santé publique ; et des mesures appropriées doivent être prises. Il a insisté sur le fait de porter plainte contre les auteurs des agressions sexuelles, même pour les viols perpétrés en milieu familial.

Pour Jean Nkuule du FNUAP, il faut qu’on puisse avoir une communication ciblée. Il faudrait une stratégie à l’intention des proches, la famille d’une victime, les groupes à risque, les décideurs et organisations impliquées dans la lutte contre la violence basée sur le genre. Il a appelé les média à travailler en synergie avec les parties prenantes impliquées dans la lutte contre les violences sexuelles. Les journalistes font l’information, vont vers les sources d’information – il faudrait avoir des stratégies concrètes pour communiquer à ce sujet.

Des journalistes suffisamment sensibilisés sur la violence sexuelle basée sur le genre et les organisations gouvernementales, internationales et OSC engagés dans la promotion et la défense de la cause féminine peuvent contribuer à faire la différence. La question de la sécurité des survivantes a été abordée.

Cet atelier de lancement de la plateforme est appuyé par le Fonds AFRICATTI Hivos et Omydyar Network à travers une subvention obtenue le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC). Au Congo, cette plateforme est alimentée par les données collectées par quatre OSC : Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS) ; Réseau des Associations de Solidarités Positives (RASP) ; Espace Parole et Vhie (EPV) et Association des Femmes pour le développement de la Bouenza (AFDB).

Sylvie Niombo

 

Violences sexuelles et domestiques : «La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés » 29 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 21 h 14 min

Dans le cadre du Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC), qui a reçu une subvention du Fonds Hivos AFRICATTI et a identifié l’association AZUR Développement comme un partenaire pays dans la mise en œuvre de ce projet en République du Congo, AZUR Développement a organisé en partenariat avec ARIPS, EPV et AFDB, une réunion des partenaires pays et locaux à Pointe-Noire, du9 au 10 Novembre 2012.

 

«Mon mari peut me battre trois à quatre fois par mois. Partout j’ai maintenant des cicatrices sur mon corps et c’est d’autres personnes qui m’amènent à l’hôpital puis m’achètent des ordonnances », à témoigné une demoiselle qui requiert l’anonymat, mère d’un enfant, habitant le quartier la Base. De son côté, une autre victime qui ne cache pas ce qu’elle a vécu récemment au quartier Mbota, délie sa langue. « La cicatrice qui est sur mon visage est une bouteille que j’avais reçue d’un jeune gens que je ne connaissais pas. J’avais déposé une plainte à la police de Mbota pour arrêter mon agresseur malheureusement, la police n’a pas pu trancher l’affaire. Pour l’instant, mes parents se sont mobilisés et ont porté à nouveau plainte contre mon tortionnaire au tribunal de grande instance de Pointe-Noire ». Selon cette dernière, elle a été écoutée une fois par la justice et attend la suite.

«Tenir les gouvernements responsables de lutter contre la violence basée sur le genre en République démocratique du Congo et la République du Congo », est un projet mis en œuvre grâce à la subvention de PARF D’APC qui s’appuie sur ses travaux antérieurs sur la violence faite aux femmes et aux filles et les technologies de l’information et de la communication (TIC), y compris Réapproprie-toi la technologie, GenderIT, et son travail en RDC et au Congo de 2009 à 2011.

Selon Ida Moussa, Coordonnatrice d’AZUR Développement à Pointe-Noire, la réunion des partenaires avait pour objectifs : présenter de manière détaillée la plateforme sur la violence domestique au Congo et recueillir les avis et suggestions des parties prenantes ; discuter de la stratégie de collecte de données et le suivi des cas de violence domestique avec les partenaires locaux et les parties prenantes ; et identifier les besoins de renforcement des capacités des partenaires locaux dans la mise  en œuvre du projet. « Cette réunion avait connu la participation des 20 participants provenant des organisations de la société civile, de la direction départementale de la promotion de la femme, de la direction départementale des droits humains, et des chefs de quartier », fait savoir Ida Moussa.

Connaitre ses droits pour mieux se défendre

Malgré le manque des statistiques sur les violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et filles à Pointe-Noire, Nkayi en particulier et en général en République du Congo, il y a certaines personnes qui reconnaissent que ce phénomène est récurrent dans la ville océane et sucrière. Emilie Cathérine Bahanda, chef de bureau des droits humains à Pointe-Noire estime que les violences à Pointe-Noire sont fréquentes dans certains quartiers (la Base, Mbota, Tié-Tié). « Je crois qu’à travers tout ce que nous avons discuté ici sur la plate forme des violences sexuelles et domestiques, les viols et violences vont diminuer. Avec les affiches, dépliants, les gens vont s’imprégner à travers ses dessins et messages et ça va interpeller la conscience des hommes qui battent ou qui violent des femmes. Nous allons créer des antennes qui seront placées dans chaque arrondissement de Pointe-Noire pour recueillir les données sur les violences », a expliquéEmilie Cathérine Bahanda.

Pour Françoise Damba, Directrice départementale de l’éducation civique de Pointe-Noire, nous voulons que la violence puisse s’arrêter. C’est le combat de notre ministère. Elle souligne, « Hier, la femme ignorait ses droits mais aujourd’hui, avec l’association AZUR Développement, ARIPS, les femmes commencent à se mettre debout et à déclarer leurs droits. L’initiative d’AZUR Développement est très bonne parce que la femme congolaise a encore beaucoup à apprendre. D’ici là, nous mènerons des campagnes de sensibilisation ciblées à l’égard des femmes, enfants et hommes », avant d’ajouter, « Quand la femme constate qu’elle est violée, battue, qu’elle n’ait pas peur mais qu’elle aille vers les structures adaptées pour régler ces problèmes. Mais aussi, la femme doit amender son comportement, n’est pas trop être hors du foyer pour éviter la violence ».

La  justice est-elle gagnée par des anti-valeurs ?

 Selon une victime de violence dans l’ombre, c’est les Poste de sécurité public (PSP) de Mbota qui m’avait référé à l’association AZUR Développement qui assure une prise en charge psychologique et économique via des formations des petits métiers permettant aux victimes de violence de se prendre en charge. Bien que ce côte donne ses fruits, mais il reste encore un grand problème au niveau des juridictions congolaises sur le sort des bourreaux. Beau Paul Makouangou, président du Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) à Pointe-Noire, fulmine en des termes bien mesurés :« il y a des pesanteurs au niveau de la justice qui font que les plaintes des victimes n’aboutissent pas. Sur plus de trois cas que nous avons suivis au niveau du tribunal de grande instance de Pointe-Noire, aucun dossier n’a marché, malgré notre pression. La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés ».

« Il faut commencer pour changer des choses »

Il faut dire que ce travail est un combat qui demande la conjugaison des efforts de la société civile, des populations des chefs de quartiers et des pouvoirs publics pour vaincre ce phénomène. Alain Maruis Kouanda, chef de quartier de l’arrondissement 3 Tié –Tié, prenant part à la réunion des partenaires pense que c’est déjà une façon d’impliquer les chefs de quartier, les responsabiliser dans le travail de la collecte des données pour que les cas des violences soient cernés au niveau de la population ponténégrine. Qu’on puisse avoir des données pour bâtir des stratégies et éradiquer les violences sexuelles. Pour lui, en l’absence d’une étude qui existe, il y a des cas de violences ça et là à Pointe-Noire.

Comme AZUR Développement nous a confié ce travail, je crois que nous aurons des données. « Ce travail peut changer des choses puisqu’on n’avait jamais commencé. Il faut commencer pour changer des choses. Si les pouvoirs publics ne faisaient pas attention à cette situation, Je crois qu’à travers la mise en place de la plate forme des violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et files au Congo, les pouvoirs publics feront attention désormais attention, et je crois qu’on va y arriver à prendre une loi en matière des violences en République du Congo »,  a martelé ce chef de quartier.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Brazzaville, le 29 novembre 2012

 

 

 

 

 
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