Féministes Congolaises

Un site utilisant WordPress.com

Violences sexuelles et domestiques : «La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés » 29 novembre 2012

Classé dans : Non classé — gisele75 @ 21 h 14 min

Dans le cadre du Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC), qui a reçu une subvention du Fonds Hivos AFRICATTI et a identifié l’association AZUR Développement comme un partenaire pays dans la mise en œuvre de ce projet en République du Congo, AZUR Développement a organisé en partenariat avec ARIPS, EPV et AFDB, une réunion des partenaires pays et locaux à Pointe-Noire, du9 au 10 Novembre 2012.

 

«Mon mari peut me battre trois à quatre fois par mois. Partout j’ai maintenant des cicatrices sur mon corps et c’est d’autres personnes qui m’amènent à l’hôpital puis m’achètent des ordonnances », à témoigné une demoiselle qui requiert l’anonymat, mère d’un enfant, habitant le quartier la Base. De son côté, une autre victime qui ne cache pas ce qu’elle a vécu récemment au quartier Mbota, délie sa langue. « La cicatrice qui est sur mon visage est une bouteille que j’avais reçue d’un jeune gens que je ne connaissais pas. J’avais déposé une plainte à la police de Mbota pour arrêter mon agresseur malheureusement, la police n’a pas pu trancher l’affaire. Pour l’instant, mes parents se sont mobilisés et ont porté à nouveau plainte contre mon tortionnaire au tribunal de grande instance de Pointe-Noire ». Selon cette dernière, elle a été écoutée une fois par la justice et attend la suite.

«Tenir les gouvernements responsables de lutter contre la violence basée sur le genre en République démocratique du Congo et la République du Congo », est un projet mis en œuvre grâce à la subvention de PARF D’APC qui s’appuie sur ses travaux antérieurs sur la violence faite aux femmes et aux filles et les technologies de l’information et de la communication (TIC), y compris Réapproprie-toi la technologie, GenderIT, et son travail en RDC et au Congo de 2009 à 2011.

Selon Ida Moussa, Coordonnatrice d’AZUR Développement à Pointe-Noire, la réunion des partenaires avait pour objectifs : présenter de manière détaillée la plateforme sur la violence domestique au Congo et recueillir les avis et suggestions des parties prenantes ; discuter de la stratégie de collecte de données et le suivi des cas de violence domestique avec les partenaires locaux et les parties prenantes ; et identifier les besoins de renforcement des capacités des partenaires locaux dans la mise  en œuvre du projet. « Cette réunion avait connu la participation des 20 participants provenant des organisations de la société civile, de la direction départementale de la promotion de la femme, de la direction départementale des droits humains, et des chefs de quartier », fait savoir Ida Moussa.

Connaitre ses droits pour mieux se défendre

Malgré le manque des statistiques sur les violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et filles à Pointe-Noire, Nkayi en particulier et en général en République du Congo, il y a certaines personnes qui reconnaissent que ce phénomène est récurrent dans la ville océane et sucrière. Emilie Cathérine Bahanda, chef de bureau des droits humains à Pointe-Noire estime que les violences à Pointe-Noire sont fréquentes dans certains quartiers (la Base, Mbota, Tié-Tié). « Je crois qu’à travers tout ce que nous avons discuté ici sur la plate forme des violences sexuelles et domestiques, les viols et violences vont diminuer. Avec les affiches, dépliants, les gens vont s’imprégner à travers ses dessins et messages et ça va interpeller la conscience des hommes qui battent ou qui violent des femmes. Nous allons créer des antennes qui seront placées dans chaque arrondissement de Pointe-Noire pour recueillir les données sur les violences », a expliquéEmilie Cathérine Bahanda.

Pour Françoise Damba, Directrice départementale de l’éducation civique de Pointe-Noire, nous voulons que la violence puisse s’arrêter. C’est le combat de notre ministère. Elle souligne, « Hier, la femme ignorait ses droits mais aujourd’hui, avec l’association AZUR Développement, ARIPS, les femmes commencent à se mettre debout et à déclarer leurs droits. L’initiative d’AZUR Développement est très bonne parce que la femme congolaise a encore beaucoup à apprendre. D’ici là, nous mènerons des campagnes de sensibilisation ciblées à l’égard des femmes, enfants et hommes », avant d’ajouter, « Quand la femme constate qu’elle est violée, battue, qu’elle n’ait pas peur mais qu’elle aille vers les structures adaptées pour régler ces problèmes. Mais aussi, la femme doit amender son comportement, n’est pas trop être hors du foyer pour éviter la violence ».

La  justice est-elle gagnée par des anti-valeurs ?

 Selon une victime de violence dans l’ombre, c’est les Poste de sécurité public (PSP) de Mbota qui m’avait référé à l’association AZUR Développement qui assure une prise en charge psychologique et économique via des formations des petits métiers permettant aux victimes de violence de se prendre en charge. Bien que ce côte donne ses fruits, mais il reste encore un grand problème au niveau des juridictions congolaises sur le sort des bourreaux. Beau Paul Makouangou, président du Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) à Pointe-Noire, fulmine en des termes bien mesurés :« il y a des pesanteurs au niveau de la justice qui font que les plaintes des victimes n’aboutissent pas. Sur plus de trois cas que nous avons suivis au niveau du tribunal de grande instance de Pointe-Noire, aucun dossier n’a marché, malgré notre pression. La justice est aujourd’hui impuissante et les acteurs ne sont pas emprisonnés ».

« Il faut commencer pour changer des choses »

Il faut dire que ce travail est un combat qui demande la conjugaison des efforts de la société civile, des populations des chefs de quartiers et des pouvoirs publics pour vaincre ce phénomène. Alain Maruis Kouanda, chef de quartier de l’arrondissement 3 Tié –Tié, prenant part à la réunion des partenaires pense que c’est déjà une façon d’impliquer les chefs de quartier, les responsabiliser dans le travail de la collecte des données pour que les cas des violences soient cernés au niveau de la population ponténégrine. Qu’on puisse avoir des données pour bâtir des stratégies et éradiquer les violences sexuelles. Pour lui, en l’absence d’une étude qui existe, il y a des cas de violences ça et là à Pointe-Noire.

Comme AZUR Développement nous a confié ce travail, je crois que nous aurons des données. « Ce travail peut changer des choses puisqu’on n’avait jamais commencé. Il faut commencer pour changer des choses. Si les pouvoirs publics ne faisaient pas attention à cette situation, Je crois qu’à travers la mise en place de la plate forme des violences sexuelles et domestiques faites aux femmes et files au Congo, les pouvoirs publics feront attention désormais attention, et je crois qu’on va y arriver à prendre une loi en matière des violences en République du Congo »,  a martelé ce chef de quartier.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Brazzaville, le 29 novembre 2012

 

 

 

About these ads
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.