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Les média et la société civile engagés à documenter les violences domestiques au Congo 30 novembre 2012

Filed under: Non classé — gisele75 @ 12 h 58 min

Ce matin une quarantaine de journalistes et des organisations de la société civile (OSC) sont réunies en atelier dans la salle SIL Congo à Brazzaville pour échanger sur le rôle des média dans lutte contre les violences domestiques et sexuelles. Au cours de cet atelier, Sylvie Niombo, Directrice exécutive d’AZUR Développement a présenté la plateforme de suivi des violences domestiques dont l’adresse URL est http://africatti.apc.org/.

Les participants ont évoqué la nécessité de disposer des données qualitatives et quantitatives sur les violences domestiques et sexuelles au Congo. Ils ont proposé la mise à disposition de la population d’un numéro vert.

Répondant à ces préoccupations, Sylvie Niombo, a précisé que la plateforme contribue à documenter, rapporter et suivre la réponse nationale aux cas de violences domestiques en République du Congo dans les départements de Pointe-Noire et de la Bouenza, et que des statistiques seront disponibles, présentés et analysés chaque trimestre avec les décideurs dans les départements de Pointe-Noire et la Bouenza.
Intervenant sur les manifestations des violences domestiques et sexuelles, Ginette Diafouka, a expliqué que les violences faites aux femmes et aux filles sont fondés sur la domination masculine et les inégalités de pouvoir entre les hommes et les femmes, et comme un marqueur du contrôle social des femmes.

Répondant à cette intervention, quelques participants ont estimé que les causes des violences domestiques et sexuelles se rapportent au système patriarcal, au rôle imposé à la femme et la fille dans la société qui l’empêche de développer.

Pour Anna Mayimouna Ngemba de l’Union des Femmes des Média (UCOFEM) de la RDC, la représentation de la femme dans les média pose problème, car cette dernière est présentée comme femme objet, femme vulnérable, femme ménagère tandis que les hommes eux sont présentés dans la science, le sport et le divertissement. Elle a indiqué que moins de 8% des femmes occupent des postes de responsabilités dans les média en RDC. Insistant sur le fait que la femme est toujours présentée comme une victime de violence et non comme une survivante, elle a appelé les femmes présentes dans la salle à se lever et à contribuer au développement des femmes dans les média.

Au Congo Brazzaville, les questions liées à la violence sexuelle, la mortalité maternelle et la planification n’étaient pas assez abordés dans la presse selon une récente étude commissionnée par le FNUAP. Un débat a motivé les participants, notamment sur la rigueur recherchée pour les femmes à qui on demande toujours plus de compétences. Au moins trois journalistes ont déclaré que les femmes devraient être préparées à se positionner dans ce monde de compétitivité.

Pour Monsieur Samba, Psychologue à l’unité de lutte contre les violences sexuelles de l’hôpital de Makélékélé, au moins 125 cas dont 122 femmes et 3 garçons ont été reçus à l’hôpital en 2012. Entre 2010 et 2012, il y a 542 cas. Les plus touchés sont les 6 à 15 ans, donc plus d’enfants victimes de violence sexuelle. Il a indiqué le personnel médical : médecins, psychologues et sages femmes sont débordés. Dans certains hôpitaux de la ville, il manque même des psychologues. Pour lui, c’est un grand problème de santé publique ; et des mesures appropriées doivent être prises. Il a insisté sur le fait de porter plainte contre les auteurs des agressions sexuelles, même pour les viols perpétrés en milieu familial.

Pour Jean Nkuule du FNUAP, il faut qu’on puisse avoir une communication ciblée. Il faudrait une stratégie à l’intention des proches, la famille d’une victime, les groupes à risque, les décideurs et organisations impliquées dans la lutte contre la violence basée sur le genre. Il a appelé les média à travailler en synergie avec les parties prenantes impliquées dans la lutte contre les violences sexuelles. Les journalistes font l’information, vont vers les sources d’information – il faudrait avoir des stratégies concrètes pour communiquer à ce sujet.

Des journalistes suffisamment sensibilisés sur la violence sexuelle basée sur le genre et les organisations gouvernementales, internationales et OSC engagés dans la promotion et la défense de la cause féminine peuvent contribuer à faire la différence. La question de la sécurité des survivantes a été abordée.

Cet atelier de lancement de la plateforme est appuyé par le Fonds AFRICATTI Hivos et Omydyar Network à travers une subvention obtenue le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC). Au Congo, cette plateforme est alimentée par les données collectées par quatre OSC : Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS) ; Réseau des Associations de Solidarités Positives (RASP) ; Espace Parole et Vhie (EPV) et Association des Femmes pour le développement de la Bouenza (AFDB).

Sylvie Niombo

 

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