Féministes Congolaises

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Un blogue dénonce la violence ciblée sur les femmes handicapées 26 juillet 2010

Filed under: Non classé — gisele75 @ 2 h 26 min

La célébration de la journée mondiale des personnes handicapées célébrée le 02 décembre a été l’occasion de relever les différentes formes de violence vécues par des personnes vulnérables et marginalisées dans la société congolaise, notamment les femmes et filles handicapées. Sur son blogue créé pendant les échanges féministes sur la technologie (FTX) depuis le 18 Novembre 2009, Georgette Medja, Présidente de l’Association Handicap Sans Frontières, nous ouvre les yeux sur ce problème qui devient inquiétant mais sur lequel presque personne ne travaille.

En effet, comme le reconnait un officier de police de la ville de Pointe-noire, dont l’interview a été publié sur son blogue: « nous rencontrons des cas de viols, de violences, d’escroqueries et même de vols dont sont victimes les handicapées parmi lesquelles, les sourdes muettes. Ces cas sont devenus fréquents et les jeunes filles handicapées font souvent recours à la police ».

Il poursuit en expliquant la difficulté pour ces femmes et filles handicapées victimes de violence à s’exprimer : « nous (la police) sommes confrontés devant des difficultés d’une nature complexe. Les sourdes muettes, souvent victimes de viols et de violences de la part de leurs amis, leurs concubins et parfois leurs maris et même des inconnus qui les abordent dans les rues, s’expriment avec un langage difficile qui n’est pas encore maîtrisé par la police ».

Parler même des droits des femmes aux handicapées semble sonner difficile. La bloggeuse cite Nuptia, une jeune femme aveugle de 22 ans qui n’est pas passé par quatre chemins pour creuser l’abcès : « nous entendons parler des droits des femmes, mais comme la majorité des femmes handicapées sont délaissées, moins instruites, qui pourra leur parler de ça ?On ignore que cela existe, même moi pour que mes parents me permettent d’aller à l’école, c’était difficile, tous mes frères et mes sœurs s’en allaient chaque matin et moi je n’avais pas le droit à cause de mon état. Je suis à la maison, mais je subi des violences aussi verbales que physiques;, parfois enfermée à double tours dans une chambre et affamée pendant deux jours dans l’obscurité».

A cela s’ajoute d’autres problèmes, telles que les grossesses non désirées résultant des viols des femmes et filles handicapées. Le lieutenant de la police parle de leur vécu et des infanticides auxquels cela mène: « nous avons vécu des situations véritablement dramatiques. Rejetées par les amis, les maris et les parents, conscients du fait qu’elles sont considérées comme des charges difficilement supportables parce qu’inutilisables et souvent incapables d’assurer une tâche domestique et parfois professionnelle, elles accouchent et tuent souvent le bébé. Ces infanticides sont causés par ce sentiment, parfois réel et vrai et la peur de vivre une situation catholique et de vulnérabilité renforcée ».

Que faire alors ? Comment parler alors de droit ? Comme s’insurge Nuptia et d’autres à travers les récits sur le blogue de Georgette Medja.

L’officier de police rassure : « la police ne baisse pas les bras ; elle est un service public qui est très sensible aux problèmes des populations congolaises. Dans certaines de nos familles, nous officiers de police, avons des parents souffrant de ces déficiences physiques et même mentales. Souvent, nous nous efforçons d’informer les parents des victimes de la nécessite de leur créer un environnement rassurant exempt des injures, des violences et des moqueries. L’action sociale de l’Etat est aussi assurée».

Cependant, cela ne suffit pas et sur ce blogue engagé pour la cause des personnes handicapées au Congo, on peut aussi lire que « les droits de la personne surtout les handicapés doivent être davantage vulgarisés et enseignés à tous les agents de la force publique ». Tout en soulevant la responsabilité de l’Etat dans la protection des femmes et filles handicapées survivantes de violence, l’appel est également lancé aux organisations de la société civile et au secteur privé pour appuyer un secteur social déjà sous financé.

Que peuvent apporter les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans ce genre de cas ? Les TIC peuvent contribuer à la sensibilisation à large échelle sur les droits des femmes et filles handicapées. Assurément, la formation des leaders des associations de personnes handicapées dans l’usage des TIC, comme cela a été cas lors du récent FTX, est indispensable.

Car, l’information est un pouvoir qui utilisé à bon escient permet de dénouer beaucoup de questions souvent tapies dans l’ombre. Alors, comme la bloggeuse a su bien le dire « lançons le débat » !

Davantage d’articles sur ce blogue http://violenceshandicap.blogspot.com

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