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L’Association Dynamique Plurielle veut lutter contre le harcèlement sexuel des filles au Lycée Savorgnon de Brazza 30 octobre 2010

Filed under: Non classé — gisele75 @ 16 h 00 min

De plus en plus le harcèlement sexuel, qui n’est plus considéré comme un tabou, doit faire l’objet non seulement de poursuites judiciaires mais également d’une prise en charge thérapeutique et en particulier de nature psychologique.

C’est dans cette optique que l’Association Dynamique Plurielle vient de bénéficier d’une subvention pour réaliser un projet en faveur de la prévention du harcèlement sexuel en milieu scolaire par l’usage des Technologies de l’information et de la communication (TIC).

L’Association Dynamique plurielle œuvre pour l’épanouissement les femmes dans l’apprentissage des petits métiers. Elle aide aussi les jeunes filles mères à se prendre en charge. Mirna Marelle Balanda, Secrétaire Générale de l’Association Dynamique Plurielle a accordé une interview à Esther Pabou-Mbaki sur le travail de leur association.

Qu’entendez-vous par harcèlement sexuel à l’école ?

M.M. Balanda :« le harcèlement sexuel se caractérise au final par une situation où un sujet, généralement un homme, a des propos ou des pratiques envers une autre personne qui n’est pas consentante, et répétons-le pas obligatoirement du sexe opposé. Généralement cette personne est de sexe féminin ressentant alors son identité se résumer à de la sexualité ».

Elle ajoute : « le harcèlement sexuel se manifeste par des attouchements d’une zone sexuelle ou d’une zone proche de la zone sexuelle (les fesses par exemple), des remarques ayant une connotation sexuelle ; des avances… ».

Qu’est ce qui fait que les filles soient l’objet du harcèlement sexuel de la part des enseignants ?

M.M. Balanda : « on parle de l’accoutrement, l’attitude, les gestes… qui attirent l’homme vers ces filles. En général, la fille attire l’homme par son physique. Le fait pour la fille d’être belle et attrayante, un regard innocent… sont éléments qui favorisent la violence ».

Une fille qui dénonce son professeur est-elle protégée par la loi ?

M.M. Balanda : « beaucoup d’ONG s’organisent pour défendre la cause de la femme victime des violences. C’est pour cela que nous sensibilisons les filles sur ce genre de cas. Nous travaillons en partenariat avec le Comptoir Juridique Junior et les femmes juristes ».

Revenant sur leurs actions au lycée Savorgnan De Brazza, Mirna explique « nous avons échangé avec le proviseur qui a accepté de travailler avec nous. C’est une femme qui a l’habitude de résoudre ce genre de situation. Selon Madame le proviseur, le problème se règle à l’amiable. Lorsque la jeune fille prend son courage pour se confier en elle, le proviseur lui prodigue des conseils. Elle parle aussi à l’enseignant avant de réconcilier les deux parties et, cela se passe bien ».

Mirna explique que leur association apporte des conseils aux filles harcelées et les encouragent à porter plainte au lieu de demeurer silencieuse.

Est-ce que les parents sont informés de ce genre de situation, et lorsqu’ils le sont, à quoi peut-on s’attendre ?

M.M. Balanda : « lorsque les parents sont au courant, ils vont vers le proviseur pour mieux avoir les informations. Nous avons réalisé des enquêtes, à partir des témoignages, auprès de quelques parents. Les uns préfèrent ester l’enseignant en justice pour une bonne correction en vue de protéger l’enfant et de faire valoir ses droits ».

Tandis que « les autres par contre recourent à la violence. Ils veulent connaître l’auteur de la violence, aller à son domicile, et même troubler son foyer. Il y a des parents qui arrivent à menacer le professeur au téléphone. Dans ce cas, la fille est obligée de changer d’établissement ».

Qu’est ce qui vous a poussé à travailler sur le harcèlement sexuel, pourquoi pas autre chose ?
M.M. Balanda : « les violences sexuelles et les châtiments corporels sont encore monnaie courante dans les écoles. Notre association œuvre pour la promotion de la femme Congolaise afin qu’elle puisse avoir la connaissance de ses droits ».

Parlant des conséquences du harcèlement sexuel, Mirna insiste sur le fait que cela peut arriver à toutes les filles et femmes.
« Ces femmes sont nos sœurs, nos mamans, nos tantes…On ne parle pas de ce fléau dans notre pays. Beaucoup de filles ont abandonné leurs études à cause du harcèlement, d’autres ont même été obligées de s’orienter vers les filières qui n’étaient pas de leur choix, juste pour avoir un diplôme. Nous avons beaucoup de cas de violences dans notre pays. Mais le plus courant est la violence sexuelle car elle empêche l’épanouissement de la femme ».

Quelle est votre stratégie et parvenez-vous ainsi à des résultats probants pour mettre fin au harcèlement sexuel des filles à l’école ?

M.M. Balanda : « Elle consiste à conscientiser la jeune fille sur ses droits, de sensibiliser les enseignants sur la loi qui protège les enfants, d’organiser des sessions sur le développement personnel des élèves par exemple le management pour la meilleure estime de soi et de sa personnalité ».

S’agissant des cas de victimes de violence, Mirna précise « nous avons déjà enregistré les cas de violences au niveau des filles. C’est un travail qui n’a pas été formalisé mais nous avons un outil de la communication non violente pour des femmes et jeunes filles victimes de violence ».

Elle parle aussi du soutien apporté aux jeunes filles harcelées : « nous leur proposons d’intégrer notre association pour prendre part aux réunions car nous avons notre espace de communication. La communication non violente (CNV) ou espace CNV est donc cet outil qui nous permet d’organiser une fois par mois des séances de partage et de soutien. Pendant une dizaine de minutes, avec des thèmes bien précis nous soutenons les femmes et les filles à briser ce fléau ».

Et elle revient sur leur détermination dans cette lutte : « Plus que sûre ! Ce qui est vrai, nous ne travaillons pas pour réduire totalement les violences, nous voulons réduire ces actes discriminatoires. C’est pour cette raison que nous invitons les femmes à s’impliquer massivement dans cette lutte ».

Pourquoi avoir intégré les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans votre travail sur le harcèlement sexuel ?

S’exprimant sur l’usage des TIC dans la lutte contre le harcèlement sexuel au Lycée Savorgnon de Brazza, Mirna explique « dans le cadre de la petite subvention du Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association pour le progrès des communications (PARF d’APC), nous avons voulu travailler depuis le début du mois d’octobre en milieu scolaire afin de mieux cerner les contours des violences sexuelles en milieu scolaire. Connaître ses droits est une bonne chose. Ne pas les connaître nous rend vulnérable.

Nous utilisons les technologies de la communication et de l’information (TIC) car elles sont un outil indispensable pour la vulgarisation et la sensibilisation sur la loi Portella et Potignon ».

Propos recueillis par Esther Pabou Mbaki

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One Response to “L’Association Dynamique Plurielle veut lutter contre le harcèlement sexuel des filles au Lycée Savorgnon de Brazza”

  1. Anonyme Says:

    Merci pour cet article. Mais, il sera important d’informer les lectrices sur la poursuite de ce projet, les actions concrètes telles que les mesures officielles prises par l’école pour lutter contre le harcèlement sexuel. Et aussi combien de questions et réponses ont été reçues et données par SMS aux élèves.


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