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Violences sexuelles dans la Bouenza : l’heure est au bilan 28 novembre 2012

Filed under: Non classé — gisele75 @ 16 h 27 min

Dix ans après les récurrentes crises socio-politiques que le Congo a connues, la paix a été retrouvée. Malgré le retour de la quiétude dans la Bouenza, des femmes et filles continuent à être battues, maltraitées et violées. Face à ce problème, des associations militantes pour les droits des femmes et pouvoirs publics redoublent d’initiatives pour apporter d’issues à ce mal.

« (…) Malgré les retombées graves sur la vie et l’avenir des victimes de violence sexuelles(VVS), on constate une certaine banalisation de ces violences, traduite par l’absence de réponse efficace par des pouvoirs publics, le règlement à l’amiable, le silence de la part de la victime, une réticence à dénoncer de peur d’être marginalisée ou stigmatisée dans la société ou encore de peur des représailles des auteurs », révèle une étude du PNUD. Selon Christine Bantoubondiri, Coordonnatrice du projet d’appui à la prise en charge psychosociale des victimes de violence sexuelle dans la Bouenza financé par le Projet consolidation de la réconciliation par l’appui aux populations touchées par les conflits(PCR) , nous avons mené des actions suivantes : une réunion de réflexion stratégique sur la prise en charge des victimes de violences sexuelles ; la création d’une base de données ; la production et diffusion des émissions radio et télévisées sur les violences sexuelles(VS) en langue locale, nationale et en français ; la création des espaces pilotes de prise en charges des VVS ;  et l’organisation des sensibilisations avec la vidéo mobile dans la communauté.

Ces actions  contre les violences sexuelles ont été par l’association AZUR Développement à Nkayi, Madingou et Mouyondzi.

Les fruits de l’appui psychosocial

Selon Christine Bantoubondiri, nous avons formé 14 membres des ONG/Associations et 10 personnels de santé dans la prise en charge psychosociale des victimes de violences sexuelles (VVS).  A mi-parcours du projet, « les prestataires formées sont actives. 62 VVS dont 27 de moins de 23 ans et 35 de plus de 24 ans ont été assistées psychologiquement dans les espaces de prise en charge par les prestataires sur la PEPV», explique Christine. Pour le psychologue, nous procédons par une écoute puis par un entretien psychologique afin de redonner confiance aux outragées, en les amenant à oublier le traumatisme gravé dans leur mémoire. Solange, une victime, 25 ans révolus révèle «J’ai souffert pendant 5 ans. Je supportais et je ne pouvais parler cela à personne. Mais avec l’appui psychologique d’AZUR Développement, je me suis débarrassée de tous les soucis et maux d’estomac qui habitaient en moi …»

L’appui psychosocial est une thérapie pour rétablir l’espoir aux victimes du viol. Gabriel Mpemba, psychologue affirme : « une dizaine de victimes dont les mariages étaient en péril à cause des violences sexuelles ont eu gain de cause par la prise de conscience des maris et la réparation des maux des femmes par une prise en charge psychologique.»                 

 

De la sensibilisation au plaidoyer 

Pour les sensibilisations de proximité dans les quartiers et Centre de santé intégré (CSI), la couverture réalisée a été supérieure à celle prévue. 176 hommes, 189 garçons, 581 filles et 1067 femmes ont été sensibilisées (2013 personnes informées dans les localités de Nkayi, Madingou et Mouyondzi). Du côté de Célestine Bayidikila, Présidente de l’Association des femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB), plus de 40 victimes ont apprécié la prise en charge et ont obtenu satisfaction à leur problème. « Nous pouvons maintenant porter plainte sans craindre personne », résume un père de famille.

Il faut signaler que 5 espaces pilotes de prise en charge de ces dernières ont été crées dans 3 CSI (Mouananto, Ex-suco, Armée du salut) et  hôpital de Madingou (centre de santé maternel et infantile) et au siège d’AZUR Développement. Ils ont été équipés en télévision, en lecteur DVD pour diffuser de films éducatifs et des témoignages vidéo des survivantes de violence. « Ces espaces mènent les activités suivantes : accueil, écoute et appui psychologique, et oriente des victimes à l’hôpital, police, au Tribunal ou dans d’autres services communautaires. 101 VVS ont été identifiées et appuyées dans ces espaces », confie un membre d’AZUR Développement.

Les leaders communautaires hommes et femmes informés, sur la violence sexuelle ont favorisé le changement de comportement de diverses personnes. D’après Christine, les parents et les VVS ne se taisent plus (01 cas en justice ; 10 cas de plainte à la police) et d’autres qui veulent porter plainte. Jules, chauffeur de taxi à Nkayi, dit « C’est très important les conseils que vous donnez à la radio et à la télé Divouba parce que, je ne savais pas qu’en prenant ma femme de force c’est de la violence. Mais quand j’ai suivi vos émissions à la radio, cela m’a touché et je ne pourrai plus agir de la sorte

Jean Thibaut Ngoyi

Brazzaville, le 24 août 2012

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