Féministes Congolaises

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Des jeunes filles ayant vécu la violence formées en informatique 12 avril 2016

Filed under: Non classé — gisele75 @ 3 h 22 min

Environ d’une dizaine des filles et femmes victimes des violences physiques et morales ont bénéficié une formation en informatique à Pointe-Noire. Cette formation d’une durée de trois mois et deux semaines, a été organisée par l’association AZUR Développement dans le cadre du projet : « Accès aux soins, à la justice et à l’appui économique des femmes et enfants victimes de violence domestique et sexuelle », financé par l’Ambassade de France au Congo.

«Nous avons un ordinateur au bureau mais ni mes collègues ni moi même, personne ne savait comment l’utiliser. Mais depuis que j’ai suivi une formation en informatique, organisée par l’association AZUR Développement, je l’utilise maintenant. Je fais la saisie des données de notre service », a fait savoir Nina Diatsouika, infirmière à l’hôpital de Base de Tié –Tié, à Pointe-Noire, avant d’ajouter : « mon souhait aujourd’hui, c’est de vouloir approfondir l’Excel maintenant. Je pense qu’AZUR Développement va initier une deuxième phase de formation… »
Pourtant formée pendant une durée de trois mois et deux semaines, une autre apprenante en informatique a salué cette formation et pense qu’elle était la bienvenue pour elle. Chantale Ikapi témoigne « Avant j’étais ménagère dans une entreprise de la place, mais depuis que mon patron m’a surpris en train d’aider sa secrétaire à saisir et faire la mise en forme des textes, il était stupéfait. Deux jours après, j’ai bénéficié d’une promotion de la part de mon patron, c’est-à-dire de ménagère, je suis passée assistante du secrétariat général.»
A la vérité, trois mois d’apprentissage en informatique est insignifiant, mais du moins, l’on peut noter la qualité de la formation et la motivation des apprenantes pendant les séances de formation. Selon Elvis, formateur en informatique, les apprenantes étaient reparties en groupe de 4. Ceci pour bien les suivre. « C’est vrai qu’il faut de la théorie en informatique, mais le plus souvent toutes les séances étaient plus pratiques et moins théoriques. Elles ont appris à saisir, à faire le traitement du texte, à faire les tableaux simples et complexes. La formation s’est focalisée plus sur le Word et quelques séances d’internet », a expliqué ce formateur en informatique, poursuivant que : « c’était fascinant pour les apprenantes et j’ai été marqué par la motivation et la volonté des ces dernières dans l’apprentissage ».
Un souvenir lointain !
De son côté, une autre bénéficiaire en informatique, habitant le quartier Tié-Tié n’a pas manqué de témoigner qu’elle était au départ analphabète en informatique. C’est même pendant la formation qu’elle a touché à l’ordinateur. Pour Yolande qui avait l’habitude d’aller faire saisir les factures de son restaurent dans une maison informatique, Yolande le fait elle-même maintenant depuis qu’elle sait saisir à l’ordinateur. Selon cette dernière, elle payait un peut cher avant mais maintenant, elle dépense moins dans la mesure où c’est elle-même qui conçoit ses factures et paye simplement l’impression. Elle a remercié les responsables de l’association AZUR Développement qui ont initié cette formation et elle souhaite que cela puisse continuer pour approfondir d’autres logiciels ou programmes.
Pour éviter que les apprenantes perdent leurs connaissances en informatique, le formateur a intégré quelques séances d’apprentissage à l’internet pour qu’elles soient actives tout en approfondissant certains programmes. « Je navigue maintenant sur internet. Je sais également comment faire une pièce jointe, télécharger un document…, chose que je ne savais pas avant. Grâce à cette formation que j’échange maintenant régulièrement avec mes sœurs qui vivent à l’étranger… », a avoué Nina Diatsouika, infirmière à l’hôpital de Base de Tié Tié, à Pointe-Noire.
Jean Thibaut Ngoyi

 

VIH/SIDA et violences faites à l’enfant en débat à Mfilou

Filed under: Non classé — gisele75 @ 3 h 15 min

Des organisations de la société civile ont animé quatre sessions d’information sur le sida et la violence à l’enfant en juillet dernier à Kibouendé, un quartier de Mfilou. Chefs de quartier, chefs de zone, femmes, hommes, jeunes filles et garçons en a participé.

Violences faites à l’enfant et Vih/sida, pourquoi en parler à Mfilou ? C’est suite aux enquêtes menées récemment par AZUR Développement, ces deux problèmes épineux auxquels est confrontée cette population. Cette activité vise à faire faire connaître les actions menées par AZUR Développement sur le VIH/SIDA et les violences en vue de la prochaine installation dans la zone. Une sorte de plaidoyer qui bruit aux yeux des chefs de quartier et chefs de zone. Un plaidoyer en synergie avec l’Association Femme Solidaires (Afs) et le Club Jeunesse Infrastructure (Cjid). Ses sessions d’information ont porté sur le Vih/Sida et sur les violences faites à l’enfant. Sujets pourtant familiers pour la plupart mais paraissant encore discriminatoires, voir tabous pour des victimes. Ces quatre sensibilisations ont été organisées à l’endroit de 30 femmes, 30 jeunes filles, 19 hommes et 27 jeunes garçons.

‘’Une maladie incurable’’

La première, axée sur le Vih/Sida devant 30 jeunes filles, la plupart d’entre elles perçoivent le sida comme une maladie incurable. Selon cette couche, contractée le sida signifie que la vie n’a plus de sens, on perd la raison de vivre. D’où cette peur au ventre pour se dépister. Jusque là, elles s’interrogent si elles peuvent proposer le préservatif à leur partenaire ou c’est ce dernier qui a le droit de le faire.

Madame Véronique Mpassi Nkounkou, membre de l’Association Femme Solidaires (Afs) a levé l’équivoque à travers son exposé sur les connaissances de base sur le Vih/Sida. Elle n’a pas hésité  d’apporter des éclaircissements sur la différence entre le Vih et le Sida, le comportement à adopter face à une personne vivant avec le Vih/Sida, le rôle du counselling, « être séropositif ne signifie pas une fin en soi. Il y a des maladies comme le cancer, la tension … qui sont aussi mortelles », a martelé cette dernière. Lors de la dernière sensibilisation regroupant 27 jeunes garçons sur le Vih/Sida, animée par Claude Malonga, membre de l’Association Femme Solidaires, la leçon tirée est la suivante : la plupart avait l’information sur la maladie mais ne fait pas la nuance entre le Vih et le Sida.

Les violences, quelle stratégie pour les combattre ?

En dehors du Vih/Sida, il a été question aussi des violences, à savoir : la violence verbale, psychologique, physique, sexuelle, une deuxième session de sensibilisation qui a connu la participation des trente femmes. Pour certaines femmes, ce sont des faits naturels. Selon Sylvie Niombo, Directrice exécutive d’AZUR Développement et Emma Tsoulou, Présidente de l’Association Femmes solidaires (Afs), oratrices, les propos injurieux, les châtiments corporels, la maltraitance…, peut avoir des conséquences néfastes à l’avenir. Elles ont fait savoir que « cela peut avoir une influence dans le comportement de l’enfant, causant parfois la rébellion.  Pour les cas des enfants (filles) violés non suivis cela peut aussi nuire à la santé de la fille ».

De son côté, Mérols Diabs Diabankana, Directeur général du Club Jeunesse Infrastructure (Cjid) a insisté sur les conséquences que les violences peuvent engendrer. Par la suite, l’orateur a demandé aux participants de trouver ensemble une stratégie pour combattre ce phénomène. Affirmatif. Joseph Loulewa, chef de zone N° 3 pense qu’il continuer à mener des enquêtes, à éduquer, à concevoir des prospectus. « Pour une jeunesse déscolarisée, il faut aller de porte en porte », ajoute-t-il lors de ladite séance réunissant 19 hommes.

Il faut dire que Maixan Ngoma, chef du quartier Kibouendé et son secrétaire Khiouni Yonnel le ont joué un rôle important dans la mobilisation. Exprimant sa reconnaissance en vers AZUR Développement, Maixan Ngoma a apprécié l’initiative à sa juste valeur et pense déjà à une collaboration entre autorités locale et OSC.

Blandine Dieudonnée LOUZOLO

 

ONG AZUR Développement : lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles en utilisant les T.i.c 4 juillet 2014

Filed under: Non classé — gisele75 @ 7 h 51 min

L’Ong Azur développement et le Parf d’Apc (Programme d’appui aux réseaux de femmes) ont organisé, les 12, 13 et 14 décembre 2013, le  8ème atelier d’échanges féministes sur la technologie Ftx, dans un cyber café de Pointe-Noire. Les travaux de cet atelier, placés sous la direction de Sylvie Niombo, directrice exécutive de l’Ong Azur développement, ont eu pour but de transformer les relations sociales et de genre au Congo.

 

Une vingtaine de participants, membres des Ongs de lutte contre la transmission du V.i.h-sida, les violences faites aux femmes et des professionnels de l’information de Brazzaville, de Pointe-Noire et du Niari ont pris part aux travaux de ce 8ème atelier d’échanges féministes sur la technologie Ftx. Ils ont, à cet effet, suivi des communications sur des thèmes comme «Sécurité des données électroniques sur les survivants de violence»; «Violences domestiques et sexuelles»; «Ethique dans le traitement des informations dans les médias». Ces communications ont été suivies des séances de travail accompagnées des exercices pratiques, lesquels ont permis aux animateurs des Ong et aux journalistes d’améliorer leurs capacités d’intervention dans la lutte contre les violences, dans le traitement de l’information sur la condition féminine, etc.  Outre les communications, les participants ont eu droit à des sorties éducatives sur la place de Pointe-Noire, à une visite de la plateforme de suivi des violences domestiques mise en place par Azur développement:
 www.violencedomestique-congo.net
et à des moments de sensibilisation avec la jeunesse scolaire de quelques quartiers de la ville océane.
Ouvrant l’atelier, Sylvie Niombo, a demandé aux participants de mettre à profit les enseignements à apprendre. Elles les a, en outre, invités à une forte mobilisation, chacun dans son domaine, afin de participer à la lutte contre les violences faites à l’égard des femmes, filles et enfants.
«Je suis très heureuse d’avoir participé à cette formation. Elle m’est vraiment utile. Avec les connaissances acquises sur les T.i.c (Technologies de l’information et de la communication), je saurais davantage documenter mes papiers, pour qu’il y ait changement. A cet effet, j’invite toutes les femmes à briser le silence, afin d’arrêter ce phénomène qui prend, de plus en plus, de l’ampleur dans notre société», a dit une participante.
Signalons que le gouvernement congolais s’est engagé dans le processus d’éradication de toutes les formes de violences à l’égard des femmes. Le 25 novembre 2012, le ministre d’Etat, Garde des sceaux, ministre de la justice et des Droits humains, Aimé Emmanuel Yoka, accompagné de la ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, a lancé «La campagne nationale Tolérance Zéro maintenant!» contre les violences fondées sur le genre. Le gouvernement s’est, donc, engagé à adopter des mesures règlemen-taires visant à mieux protéger les femmes et les jeunes filles contre ce fléau et de punir les auteurs de violences. Cette priorité est, également, défendue par le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon. «La violence à l’égard des femmes n’est jamais acceptable, jamais excusable, jamais tolérable…Il n’y a pas de fatalité à ces violences…. Nous devons nous unir….Aucun chef politique, ni aucun gouvernement ne doit tolérer la violence contre les femmes, sous quelque forme que ce soit, et quels que soient le contexte ou les circonstances dans lesquels elle est perpétrée…»

Esperancia
MBOSSA-OKANDZE

Source: La Semaine Africaine

 

Violences familiales : La loi protège les veuves contre les pseudos traditions 25 novembre 2013

Au Congo Brazzaville, certaines veuves, aidées dans certains cas par des associations, osent poursuivre en justice leur belle-famille et obtiennent réparation. Des exemples à suivre pour toutes celles qui, par manque d’informations sur leurs droits ou par peur des représailles, souffrent en silence.

« Mon père, craignant la sorcellerie, a essayé de me convaincre d’abandonner les poursuites contre ma belle-famille. Mais, connaissant le droit, je ne me suis pas résignée. Aujourd’hui, je touche la pension de mon défunt mari ! », se félicite Reglane.

Comme elle, beaucoup de veuves subissent des pressions, parfois même des sévices au « nom de la tradition » au moment du décès de leur époux. La peur de la sorcellerie, la nécessité de protéger leurs enfants, fait que bon nombre d’entre elles se laissent faire en silence. « Il n’y a pas que des veuves dont le niveau d’éducation est faible qui sont victimes. Certaines, instruites, plient également », déplore Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko.

Au Congo, le Code de la famille réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux), mais ces dispositions sont régulièrement bafouées. Consultées, certaines familles, qui font pression sur les veuves, n’ont pas voulu s’exprimer. Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, leur attitude s’apparente à tout sauf à la tradition : « Ces brimades arrivent souvent quand la veuve, du vivant de son mari, n’était pas en bons termes avec ses belles-sœurs. Le deuil est pour elles le moment de se venger.»

Faire valoir ses droits

Ces dernières années, plusieurs associations expliquent aux veuves que la loi interdit les sévices ou mauvais traitements exercés sur elles à l’occasion des cérémonies de deuil. La réglémentation prévoit la répression de ces actes conformément au Code pénal. Le Code de la famille indique également que le refus de se soumettre à ces rites ne peut pas constituer une injure au défunt. Herman Batamio Matondo prend le cas d’Agathe récemment accompagnée par son association : « un jugement a été rendu. Aujourd’hui, elle touche sa pension. Malgré les foudres de la famille que cela lui a values, elle est rentrée dans ses droits. La loi existe dans le pays ! ». Un autre activiste des droits humains pense qu’au Congo, « L’Etat est regardant sur ces problèmes de droits. Il suffit que la personne violentée dénonce ce genre de comportements et l’Etat applique la loi », assure-t-il.

Reconnaissant le manque d’informations sur les droits des veuves, Daniel Mondinzoko, directeur départemental des Affaires sociales, qui collabore avec les juristes, explique : « La loi reste la loi, mais nous faisons en sorte que la tradition ne soit pas totalement marginalisée». Pour M. Miabeto, il faut bien différencier antivaleurs et traditions : « la tradition est la transmission des valeurs des sociétés du passé. De nos jours, il y a beaucoup de confusions entre la tradition et des pratiques tout à fait inhumaines exercées sur des veuves.»

Marien Nzikou-Massala

 

Survivantes de violence mais elles ne veulent pas dénoncer !

Filed under: Non classé — gisele75 @ 11 h 43 min
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Dans des ménages congolais, des violences se vivent au quotidien. Certaines victimes par mutisme ne veulent pas dénoncer leurs bourreaux. Une attitude qui freine l’engagement des organisations de défense des droits des femmes et de l’homme.

« Pour mettre fin aux violences, la femme elle-même doit se lever pour que les ONG et la société civile puissent venir en appui », a martelé Sylvie Foutou Banga, présidente de l’Organisation pour le Développement et les Droits Humains au Congo (ODDHC) que nous avons rencontré le 22 novembre au siège de son association en plein préparatif des 16 jours d’activisme et de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes prévu chaque 25 novembre.

Selon la présidente de l’ODDHC, « chaque jour qui passe nous recevons des cas de viol fait à l’égard des enfants et des petites filles. Et les auteurs de ces actes ne s’inquiètent presque pas. Ainsi nous envoyons les victimes à AZUR Développement pour le suivi et l’assistance sociale. En ce qui est du volet juridique, nous sommes entrain de voir avec l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) comment poursuivre les auteurs de ces actes, mais il faut reconnaitre que c’est un peu difficile parce que souvent se sont des cas qui se passent dans des maisons et certaines familles ne veulent pas en parler elles sollicitent l’assistance sociale mais le volet juridique généralement ces femmes violentées ne veulent pas en parler. C’est un problème ! »

S’inspirant d’un cas qu’elle devrait résoudre et qui n’a pas abouti du fait de la résignation de la victime, Sylvie pense plutôt à la volonté des victimes de dénoncer leurs bourreaux. «Nous avons reçu un cas où une femme est venue nous voir et nous parler de ce qu’elle vit dans son foyer, des battues, des menaces de mort car elle nous a apporté le couteau avec lequel son mari la menaçait, au moment où on s’apprêtait pour interpeller le monsieur, mais quelque jours après, la dame a fait la paix avec son mari sous prétexte de protéger ses enfants et sauvegarder son mariage et elle n’est plus jamais revenue alors qu’elle avait raconté des choses dramatiques qu’elle vit », raconte-t-elle avant de se questionner « pour une telle femme qu’est ce qu’on peut faire si elle-même ne se lève pas ? ».

Certes la lutte est difficile mais « sans la détermination et volonté des femmes elles-mêmes le salut ne viendra pas du ciel », conclut-elle.

Marien Nzikou-Massala

 

«Plus de 80% des cas de viol sont des enfants de zéro à 15 ans »

Filed under: Non classé — gisele75 @ 11 h 35 min
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A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et du lancement de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme, le Docteur Carmel Stella Miabanzila Matoko, médecin responsable de la prise en charge des victimes des violences sexuelles (VVS) au niveau de l’unité de Poto-Poto et à l’antenne de prise en charge de ces dernières à l’hôpital de Talangaï nous a accordé une interview sur cette situation à Brazzaville.

Docteur Carmel Stella Miabanzila Matoko, quelle est la tendance actuelle de la situation de la violence sexuelle faite aux femmes au sein des unités de prise en charge des VVS dont vous avez la charge ?

Aujourd’hui, la tendance s’est renversée comme nous avons du le constater. Présentement, les agresseurs sont de plus en plus des jeunes sur des victimes de plus en plus encore jeunes. C’est quelque chose qu’on a noté et ce n’est pas toujours le militaire ou l’homme en arme, mais c’est surtout aujourd’hui le civil qui agresse, qui viole.

Donc, les tendances se sont inversées par rapport aux stéréotypes qu’on avait avant. Maintenant là, on sait que la violence sexuelle existe, ça perdure dans notre société et qu’aujourd’hui de plus en plus des jeunes agresseurs qui violent, gaspillent l’avenir du plus petit (enfants de moins de 15 ans) sont des jeunes. Donc, la tendance est là, elle est inversée.

C’est vraiment de très jeunes enfants qui sont victimes. 80 % des cas qu’on a reçus sont des enfants de zéro à 15 ans. C’est une tendance généralisée sur près de 5 ans. Nous avons observé depuis 2010, 2011, 2012 à Talagaï et on a fait le comparatif avec l’unité de prise en charge des victimes de violence sexuelle de Makélékélé. Pratiquement, nous avons les mêmes tendances. Les enfants de zéro à 15 ans constituent la couche la plus touchée. Plus de 80 % sont des enfants quand on fait les statistiques.

Docteur Matoko, est-ce que vous recevez des cas liés à l’inceste ?

Oui, il y a beaucoup de cas d’inceste, mais ce sont des cas qui ne sont pas trop en accord pour poursuivre une procédure pénale. Il y a des gens qui viennent juste pour confirmer un viol et puis on vous dit que c’est le père, le frère, l’oncle, mais pour qu’on vous dise qu’il y a une procédure pénale qui sera poursuivie jusqu’à la fin, non.

C’est des gens qui viennent juste pour avoir la confirmation qu’il y a eu viol puis le reste, ce n’est pas leur problème.

Quelles sont les actions que vous menez au niveau de vos unités de prise en charge des victimes de violence sexuelle ?

Nous menons des activités de sensibilisation parce qu’il faut sensibiliser les victimes sur les différentes procédures. Après l’hôpital, il faut aller à la justice, poursuivre le traitement et la prise en charge psychologique. En dehors de la sensibilisation, nous faisons la prise en charge médicale, mais à la différence de ce que l’on avait à l’hôpital de Talagaï, on avait des médicaments pour cette prise en charge. Aujourd’hui, nous n’avons aucun médicament. Nous prodiguons donc des soins et nous faisons plus des ordonnances puis de l’orientation.

Docteur, qu’en est-il de l’obtention du certificat médical ?

Le certificat médical est un document légal. C’est un document qui peut demander à ce que vous allez expliquer à la justice le pourquoi de chaque phrase. Donc, c’est un document qui ne peut pas être gratuit. Il est gratuit dans certaines circonstances par exemple en post-conflit, c’était normal que le certificat médical soit graduait, mais maintenant que nous parlons, le programme de prise en charge des victimes de violence sexuelle (VVS) n’est soutenu par aucune structure. Je dis bien aucune structure ne soutien ce programme. Les gens ne sont pas rémunérés par rapport à cette spécificité d’action.

Donc, on ne peut pas dire qu’on va faire de la gratuité. On fait de la gratuité quand on reçoit les médicaments ou une aide extérieure. Mais pour ce qui concerne le certificat médical, nous demandons un petit forfait qui est humanitaire, s’élevant à 10.000 F CFA. Les examens étaient gratuits quand nous étions à Talangaï.

Actuellement, nous n’avons pas de laboratoire. Or, avant, nous faisions des échographies, des prélèvements vaginaux et autres examens, gratuitement à l’hôpital et qui ont révélé des cas des grossesses après viol.

Des cas des IST ou infection à VIH ?

Oui, il y a beaucoup de cas des IST et de cas de VIH qui ont été identifiés. Je sais que ce pas très courant. Je ne souhaite pas d’ailleurs, mais il y a eu des cas. Il y a une infection à VIH après le viol et il y a eu aussi des cas où l’enfant était déjà contaminé depuis le ventre de la maman, c’est-à-dire l’enfant qui était séropositif et le violeur ne savait pas qu’il était sur un terrain miné.
Donc, la victime peut aussi contaminer.

Qu’est ce qu’il faut faire pour qu’il y ait une meilleure prise en charge des VVS au niveau médical ?

Nous voulons que la prise en charge des victimes de violences sexuelles (VVS) soit intégrée dans le paquet d’activités des Centres de santé intégré (CSI), rien que ça. Si vous allez chez les autres, vous verrez qu’il y a des gens qui sont formés dans tous les hôpitaux pour ça. Mais ici, les gens ne sont pas formés, je suis désolée de le dire. Donc, il y a une formation qu’on y ajoute. Il y a la donnée psychologique qui s’ajoute à cette consultation là. Si on pouvait intégrer cela dans le paquet minimum des activités des hôpitaux et même des CSI, ça nous aiderait et même ces dernières. En définitive, la prise en charge doit être holistique.

Propos recueillis par Jean Thibaut Ngoyi

 

Des journalistes découvrent la plateforme de suivi des violences domestiques sur internet 22 juillet 2013

Filed under: Non classé — gisele75 @ 7 h 07 min

Une quinzaine de journalistes de la presse écrite, internet, et des média audiovisuels s’est réunie le 16 Juillet 2013 au Cybercafé de Mayangui au Plateau des 15 ans à Brazzaville pour visiter la plateforme internet de suivi des violences domestiques et sexuelles au Congo. Ils ont pu tester la recherche d’informations sur les cas des violences répertoriés sur le site www.violencedomestique-congo.net.

Les journalistes  ont demandé à ce que des conférences de presse soient organisées une fois que des données importantes en nombre de cas ont été mises sur le site internet. Ils ont insisté sur le fait que la plateforme internet doit être mise à jour régulièrement, et que  les cas de violence de Brazzaville y soient enregistrés.

A l’issue de cette réunion, les journalistes se sont engagés à utiliser les données de ce site pour leur travail : articles et émissions radios. Ils ont voulu  obtenir davantage d’informations sur les survivantes de violence lorsqu’ils rapporteront ces cas. Ils ont souhaité recevoir des alertes sur les nouveaux cas publiés sur le site internet par courrier électronique et par SMS.

Par ailleurs, AZUR Développement a promis suivre leur travail et les a invités à échanger sur le groupe Facebook des journalistes créé en Novembre 2012.

Ce site internet  a été développé par l’association AZUR Développement et le Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association pour le Progrès des Communications (PARF d’APC) avec l’appui du Fonds ATTI de Hivos et Omydyar Network.

Sylvie Niombo