Féministes Congolaises

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Avec internet, les barrières à l’égalité pour les femmes handicapées peuvent tomber 3 décembre 2010

La journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes a été célébrée au Congo sous le thème plus d’égalité = moins de violence. Egalité en droits pour les femmes handicapées qui subissent des violences perpétrées en tête par leurs familles ou proches parents. Des histoires troublantes de femmes et filles battues, enfermées dans des maisons, ou affamées en raison de leur handicap. Une violence vécue par des femmes et filles handicapées qui est souvent tue ou banalisée.

Egalité dans l’accès à internet pour les femmes et filles handicapées

Egalité dans l’accès à l’internet, qui devrait être reconnu comme un droit fondamental. Désormais, l’internet est sur les téléphones mobiles dans le pays, mais comment les congolaises peuvent en tirer profit ? C’est ainsi qu’une vingtaine (20) de femmes journalistes et handicapées ont été outillées sur l’internet pour promouvoir leurs droits.

Etre sur la toile mondiale et l’utiliser pour s’épanouir.

Lors d’un atelier organisé à Pointe-noire du 25 au 27 Novembre 2010, en marge de la Journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes, par Handicapés Sans Frontières (HSF) ; des femmes handicapées et des média ont appris à créer des boîtes électroniques sur Yahoo et Gmail, effectuer des recherches sur Google et créer des blogues sur « blogger.com » et les astuces de rédaction de billets de blogues.

Ces femmes ont bravé l’épidémie de poliomyélite, les intempéries et la mauvaise connexion internet pour découvrir et être sur la toile mondiale. Elles ont persévéré car motivées à découvrir ce nouveau média qui leur permet de s’exprimer, de raconter leurs expériences et aussi communiquer.
Ne dit-on pas que les analphabètes du 21ème siècle sont celles qui ne connaissent pas l’informatique ?

Pousser les média à donner la voix aux femmes handicapées survivantes de violence

« Ces femmes handicapées et celles des médias de la ville de Pointe-Noire avaient été sélectionnées à l’issue de des ateliers de sensibilisations sur les violences faites aux femmes organisé par l’Association Handicapés Sans Frontières Congo » a expliqué Georgette Medja, Présidente de cette association.

Cette association compte aussi pousser les professionnelles des média à documenter la violence vécue par les femmes et filles handicapées et amplifier leurs voix.

La Directrice Départementale de la Promotion de la Femme, Anne-Marie Kouka Mampouya, intervenant au cours de cette rencontre a rappelé que « la mondialisation passe par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, plus particulièrement l’internet. L’internet constitue un puissant outil de dialogue, d’Information et de partage pour une participation efficace à la lutte contre les violences faites à l’égard des femmes et au développement ».

Insistant sur le rôle des média dans la lutte contre la violence, elle a déclaré « les médias constituent la voie idoine qui permet à la fois de véhiculer et de vulgariser les outils de lutte pour l’élimination des violences ».

En effet, il est reconnu dans la déclaration universelle des droits de l’homme que tous les hommes sont égaux, et ont les mêmes droits. La constitution congolaise reconnaît également que tous les citoyens congolais sont égaux. Ainsi, les femmes handicapées ne devraient pas être stigmatisées ou discriminées.

Avec l’internet, elles sont libres de toutes barrières et de leur handicap !

Pour les intervenantes à l’atelier, accéder à l’internet c’est « aussi briser les barrières, les inégalités et la stigmatisation ; avec l’internet toute les barrières sont tombées ». L’internet permettrait donc aux femmes et filles de surmonter leur handicap dans ce combat pour briser les barrières qui les empêchent de vivre dans l’égalité et libre de la violence fondée sur le genre.

Tout en appelant les participantes à maîtriser l’internet, la Présidente de HSF a indiqué « le 25 novembre marque aussi la date du démarrage des 16 jours d’activismes pour la défense des droits des femmes victime des violences ; un moment important de publication des articles sur des initiatives prises par les femmes de par le monde pour dénoncer, échanger, trouver des astuces pour l’élimination des violences faites aux femmes ».

Sur le suivi de cette formation, la Présidente de HSF explique : « cinq groupes de quatre participantes doivent chacun préparer leurs articles pour participer aux 16 jours d’activisme ». Ainsi, les apprenantes bénéficieront d’un accompagnement technique et des sessions de révision sur internet avec cette association.

Lire l’intégralité de cet article sur http://azurweb.blogspot.com/2010/12/avec-internet-les-barrieres-legalite.html

 

Démystifier la technologie pour défendre les droits des femmes 26 juillet 2010

Ce samedi 03 Avril 2010, l’atelier de formation intitulé échanges féministes sur la technologie prend fin. Il a connu la participation de 16 adolescentes et femmes provenant de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinkala venues pour acquérir des compétences dans l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) afin de lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Durant trois jours,les participantes ont échangé sur les questions pertinentes telles que les procédures judiciaires à suivre pour les femmes et filles victimes de violence, la présence des femmes congolaises dans la blogosphère et aussi l’usage des média citoyens par les militantes des droits des femmes.

Les différents modules de formation étaient la production vidéo. Les femmes ont appris à manipuler des caméras numériques, filmer, capturer les éléments sur l’ordinateur et pratiquer le montage vidéo. Elles sont parties sur le terrain interviewer des femmes et des hommes et ont produit un reportage sur la violence domestique.

Les adolescentes et les femmes qui ont été formées sur la radio, sont également allées vers les étudiantes de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville réaliser des interviews et sont revenues en salle monter les éléments avec le logiciel Audacity. Elles ont apprécié la radio, car elle permet de sauvegarder l’anonymat pour les survivantes de violence, mais également permet aux femmes vulnérables telles que les femmes séropositives de s’exprimer en toute quiétude.

Cela a été une joie de lire les billets de blogues rédigés et publiés par les apprenantes du module réseautage social. Elles ont appris à utiliser blogger.com, et aussi se sont inscrites sur Facebook et découvert là un moyen efficace de communiquer avec leurs contacts. Elles ont créé des galeries de photos avec flickr.com et ont apprécié cet outil qui leur permet de montrer au monde les réalisations de leurs organisations.

Au cours de la formation, des femmes ont partagé leurs expériences sur le blogage ; notamment Arlette Bakou qui blogue de façon engagée sur les questions des droits des femmes et droits socio-économiques et Vivienne Dzobo qui dénonce les cas de violences sexuelles et domestiques à Pointe-Noire sur son blogue.

L’atelier a été ouvert officiellement en face des média le 31 Mars 2010 par la Directrice centrale de la promotion de la femme et par le représentant de Direction des nouvelles technologies. Le Directeur des Nouvelles technologies a participé à la session de présentation des produits de chaque module par les participantes le dernier jour de la formation.

Cette formation a été organisée à Brazzaville par AZUR Développement et le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’association pour le progrès des communications (PARF APC).

 

Des blogeuses amplifient les voix des survivantes de violence au Congo

Grâce aux derniers échanges féministes sur la technologie (FTX) organisés à Pointe-Noire, des jeunes femmes congolaises découvrent le blogage comme un moyen de s’exprimer en toute liberté sur les actes de violence dont sont victimes les femmes et les filles au quotidien. Issues des organisations de femmes et des média, ces jeunes femmes racontent des histoires vécues et appellent au changement.

Chacune aborde un thème particulier. Concernant la violence faite aux femmes dans les média, Victoire Bakanette relate des faits.
« Elie jeune femme, âgée de 39 ans de nationalité congolaise, journaliste de profession est très souvent rare à la maison. Son mari marc ne pouvant plus supporter son absence, il l’a frappée et elle devient infirme, porte une grosse cicatrice au visage. Elle a porté plainte au tribunal, puis elle a obtenu gain de cause; enfin elle a divorcé. C’est ce qu’il y avait de mieux à faire pour se défendre. Car sur 10 femmes journalistes 7 femmes sont victimes des violences à leur égard. »

Manhore Debessi dénonce le harcèlement sexuel chez les journalistes : « en ce qui concerne le dernier cas, plusieurs femmes sont victimes de violence dans les milieux où travaillent. Chez nous au Congo plus particulièrement à Pointe- Noire, celles qui évoluent dans les chaînes de médias privées comme étatiques se plaignent du fait que le harcèlement sexuel est monnaie courante. Lorsqu’un chef te fait la cour, en cas de refus de ta part, le boulot est menacé. Il te sort du tableau de programmation pour la présentation des journaux, il donne des instructions fermes au coordonnateur qui le seconde de ne plus t’envoyer en reportage. »

Elle ne s’arrête pas là, et affirme que la femme journaliste a un moyen sur de lutter contre le harcèlement sexuel : «créer des émissions pour faire connaître aux femmes leurs droits d’abord, ensuite les différentes formes de violences qui existent et ce qu’il faut faire en cas de violence serait le cheval de bataille des femmes de micro ».

Vivienne Dzobo quant à elle relate les activités menées pendant les 16 jours d’activisme et s’attaque à la violence conjugale subie par une jeune fille de 22 ans dans son quartier. « Lorsque j’arrive un peu tard à la maison, mon conjoint me tape, ne me fait pas parler, et parfois il sort pour rentrer très tard. Afin qu’il règle mon compte dès que je refuse de faire des rapports sexuels ou bien si je refuse de l’assister dans ses caprices de nuit (mettre l’eau dans la douche, l’assister à manger vers 1 heure ou 2 heures du matin au moment où il rentre) ».

Dans un autre billet, elle explique comment ces violences ont des incidences sur la santé de la femme et la fille, et parle des actions menées par leur organisation : « les lieux ciblés sont les lycées, les groupements des femmes ; avec elles, nous donnons des informations aux femmes et filles sur les violences faites aux femmes et filles. L’Agence Régionale d’Information et de prévention du SIDA (ARIPS) a fait comprendre aux femmes et filles que le VIH et IST sont des conséquences de ces violences ».

Sévéra Mpassi parle de l’adultère et du calvaire vécue par des femmes mariées congolaises sans revenus : « Mr Rufin multiplie les maîtresses, les rencontres dans les hôtels de la place. Il enceinte certaines de ses maîtresses et recueillent les enfants qu’il entretient de face à ce déchaînement de l’homme, la femme n’a pas la parole. »

Son histoire démontre aussi l’ignorance des droits et l’impuissance des femmes victimes de violence conjugale qui se réfugient dans la prière espérant trouver ainsi une solution . «Consciente des menaces que fait peser au tel comportement pour la sécurité du couple, elle redoute chaque jour le pire. Toutefois, face à l’absence de garanties et de chances de trouver mieux ailleurs, amis aussi la peur de laisser les enfants aux mains d’une femme méchante, elle supporte encore ses peines tout en sollicitent des interventions des personnes sages. Elle vit dans la peur et les frustrations. »

Elle termine en attirant l’attention des lecteurs sur les risques de l’infection au VIH/SIDA pour les femmes mariées dans cette situation. Elle parle aussi des mariages « trop faciles » où les fiancées ne se doutent de rien et les appellent à faire le dépistage du VIH pour éviter d’être infectées. Pour Sévéra il faudrait « exiger d’abord un dépistage commun avant de passer aux actes conjugaux ».

Georgette Medja revient encore sur ce sujet de la transmission volontaire du VIH qui devrait être condamnée et qui occasionne des souffrances morales et physiques chez des jeunes femmes forcées d’avoir des relations sexuelles avec leurs patrons au service. Elle affirme que demander justice n’est pas si simple que cela, car beaucoup de personnes hésitent encore à aller en justice dans des cas de violence, surtout quand les questions de pauvreté sont considérées.

Elle conclut : « cette affaire a été mal vécue par les parents et même les voisins qui pensent qu’une plainte devait être déposée chez le Procureur de la République afin que justice soit faite, mais une partie des parents pense que cette affaire doit faire l’objet d’un règlement à l’amiable, afin de préserver l’unité et la réconciliation de la famille que Mr Alphonse qui pendant, longtemps a marqué positivement, la famille par ses actions de solidarité devait bénéficier des circonstances atténuantes ».

En définitive, les bloggeuses sont restées actives pendant les 16 jours et couvert plusieurs sujets. Cela leur a permis de s’appliquer après le FTX, mais également d’amplifier les voix des femmes et filles sans voix, dont les histoires ne sont pas toujours connues sur la toile mondiale

Sylvie Niombo