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« La cybercriminalité touche les femmes au Congo 2 septembre 2011

Filed under: Non classé — gisele75 @ 16 h 20 min
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Au Congo Brazzaville, la cybercriminalité ne cesse de faire des dégâts aux novices sur des informations alléchantes livrées sur internet. Cette mafia internationale appauvrie des congolais. Face à cette situation, des associations de droits de l’homme et pouvoirs publics se lancent dans une lutte inlassable contre celle-ci.

«J’étais séduit par une annonce financière sur internet. C’était une Atlantique Banque Anglaise qui fait des transactions d’aide financières sociales à toute  personne intéressée pour gagner 20% d’intérêt. J’ai opté pour une transaction d’aide financière de 15.000.000F cfa pour gagner 3.000.000F cfa après avoir leur garantie 450.000F cfa », témoigne une comptable. Elle poursuit « J’ai transmis cette caution par Western–Union via un  huissier de Justice, Maître Wedegbet basé au Bénin (Cotonou). J’ai attendu plus de 9 mois après avoir épuisé toutes les procédures de ces transactions, mais sans succès. A ce stade, j’ai aperçu que je m’étais fait duper par ces groupes d’escrocs et j’ai essayé d’expliquer l’histoire à mes amies ».

Une autre femme victime de cette situation explique qu’elle a reçu le gain de Bill Gates fondation en 2010 et elle a  envoyé ses coordonnées bancaires plus 150.000F cfa par western-Union pour l’ouverture d’un compte dans une banque ivoirienne au nom de M. Koffi qui l’a appelé au téléphone en se présentant comme le directeur de cette banque. Elle a fait suivre leurs mails à son frère de Paris qui l’a confirmé qu’il s’agit d’une bande d’escrocs qui a fait mal en Europe et beaucoup de victimes dans le monde.  « J’ai décidé de leur dire que j’avais un frère en Côte d’Ivoire qui les attendait à l’hôtel ivoire  pour leur remettre 600.000F cfa pour le transfert des 125.000.000 F cfa que j’ai gagné. J’ai eu deux jours à répondre aux appels et mails. Le 3è jour, je leur ai dit que j’étais la première dame de mon pays et que j’avais balancé leurs noms, téléphones et adresses à Interpole et qu’il n’avait que 48 heures pour les trouvé… », révèle  cette victime.

Si avant, des gens doutaient la cybercriminalité, elle est devenue une réalité mondiale et en particulier au Congo. Selon Sylvie Niombo, Directrice exécutive d’AZUR Développement, il faut mener une véritable sensibilisation dans le cadre de celle-ci au Congo. Chaque fois que nous formons des femmes, des jeunes filles … sur l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en un mot sur l’internet, nous leur encourageons à se familiariser avec cet outil mais aussi d’être prudente sur la haute mafia sur internet.  Sylvie explique « Si vous recevez un  message flatteur dans vos boites mails, vous parlant d’avoir gagné de l’argent ou d’un prix, Soyez réservées et prenez toutes les précautions de vérifier cela en tapant sur le site d’escrocs. Lors de notre atelier sur la cybercriminalité le 17 mai 2011 à Brazzaville, nous avions insisté là-dessus…»

Des résultats

Il faut dire que depuis plus de trois ans qu’AZUR Développement s’est engagée dans la formation des femmes, jeunes filles et garçons aux TIC et à les informer sur la cybercriminalité, il y a celles qui ce sont échappées à ce piège grâce à ses formations. Emma Tsoulou directrice exécutive de l’association Femmes solidaires qui s’est sauvée d’une arnaque sur le net en août 2010 à Brazzaville est un exemple patent.

Selon Emma, elle a reçu sur internet un message lui disant bravo madame.Vous avez été sélectionnée pour avoir gagné un prix de 2.500€. Elle s’est étonnée parce qu’elle n’a pas participé à un concours. Ensuite, ces derniers lui ont demandé d’envoyer 200.000 F cfa à une adresse du Bénin (Cotonou). Mais comme elle était avertie, elle a tapé sur le site d’escrocs et a découvert le nom de la personne et ses photos prétextant qu’il souffrait d’un cancer. Du coup, Emma a compris qu’il s’agissait d’une arnaque et elle a répondu escroc, tu es mal tombé. Mireille, étudiante à l’Université Marien Ngouabi en Master à la Faculté des Sciences Economiques, affirme «Au départ, je ne faisais pas attention à la cybercriminalité, mais aujourd’hui avec les formations d’AZUR Développement sur cette situation, nous sommes averties et nous ne tomberons plus au piège

Certaines vivent cela sur le téléphone portable. « Le 22 juin 2011, j’ai reçu un message au téléphone me certifiant d’être gagnante d’un prix de 3.000.000 F cfa. Ils m’ont donné par messagerie un numéro de Cotonou à joindre. Quand j’ai appelé Cotonou, ils me demandent de joindre le Canada. J’ai câblé à nouveau le Canada, mais ce dernier m’a renvoyé à Cotonou. J’ai expliqué cela à ma grande sœur. Subitement, elle m’a demandé d’arrêter d’appeler en me révélant que ce  sont des escrocs », confie Léa , étudiante en 2e année à la Faculté des Sciences Economiques.

D’autres composantes pensent qu’il a des moyens pour régler cette situation. Davy Silou, informaticien, définit la cybercriminalité comme étant un ensemble d’infractions, à savoir : les infractions liées à la fraude et à la falsification ; les infractions liées aux contenus ; celles liées à l’atteinte à la propriété intellectuelle ; les infractions contre la confidentialité, etc. Pour lui, Il faudrait créer une vraie politique nationale et fédérer toutes les forces : gouvernementales, sécuritaires et la société civile. Et il faut plutôt aller vers un consens, une plate forme commune pour avoir des actions de lutte contre celle-ci beaucoup plus large.

A l’issue l’atelier sur la cybercriminalité organisé par AZUR Développement en mai dernier, des participantes ont pris quelques recommandations : établir des normes pour les cybercafés par le ministère des postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies (MPTNT) ; l’Etat et les bailleurs de fonds doivent financer les programmes de développement des contenus utiles à diffuser au moyen des TIC pour les jeunes en prenant en compte les besoins particuliers des jeunes filles en contenu et faire participer la société civile à la réflexion et à la réforme des lois sur les communications électroniques en cours. Selon Alain Ndalla, Directeur des Nouvelles Technologies au MPTNT, ils sont sur le plan légal et sont entrain de préparer les textes.D’après lui, ils ont bouclé les textes sur la cybersécurité et la cybercriminalité qui vont donc encadrer les usagers des TIC et protéger les utilisateurs. «Il y aura des mesures répréhensibles pour ceux qui feront usage de la cyberdélinquance pour pouvoir combattre ces pratiques. Nous avons engagé un processus qui va commencer à partir de 2012 », précise Alain Ndalla. Avant d’ajouter « Il y a des pénalités qui vont d’un million et plus et des peines de prison. La cybercriminalité est un sujet d’actualité dans notre pays. Donc il faut qu’il y ait des moyens de répression…»

 

Jean Thibaut Ngoyi