Féministes Congolaises

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Violence à l’égard des femmes au Congo : des vidéos pour booster les femmes à dénoncer et agir 11 décembre 2011

Depuis octobre dernier, plus de 700 adolescentes et femmes, suivent des formations, sensibilisations et projections de films pour prévenir et lutter contre la violence qu’elles subissent . Parmi ces femmes, les 14-63 ans, attentionnées, trouvent des mécanismes pour lutter, guérir, éduquer et plaider pour le changement.

« Les femmes ont souvent peur de dénoncer les violences, même si elles en sont victimes, dans la crainte d’être regardée différemment dans la société. Elles se taisent et parfois acceptent d’endurer ces violences au nom de la tradition », observe Ida Moussa, Assistante du projet  de lutte contre la violence mis en œuvre par  Développement dans la ville économique de Pointe-Noire. Pour  changer d’attitude et comportement face à cette situation, depuis le mois d’avril 2011, plus de 700 adolescentes et femmes de Pointe-Noire comme celles de Nkayi suivent des formations, sensibilisations sur les violences faites aux femmes et projection de film grâce à AZUR Développement.  D’Avril à octobre 2011, 68 femmes et filles victimes de violence sexuelle et des battues ont été soutenues par le projet.

46 animatrices sont formées lors des ateliers intitulés « échanges féministes sur la technologie »  où elles apprennent des notions de counselling aux victomes de violence et également les outils des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour prévenir et apporter du soutien aux survivantes des violences. A travers des histoires numériques ou témoignages en vidéos, les survivrantes racontent leurs propres histoires avec leurs propres dans le but de guérir, éduquer et plaider pour le changement. Les sensibilisations touchent également les filles à l’école, et au moins 503 adolescentes ontété sensibilisées en milieu scolaire.

Ces adolescentes et femmes,  provenant des différents quartiers de Nkayi et Pointe-noire, ont suivi des exposés sur  les abus sexuels et harcèlement sexuels, les violences conjugales, les violences envers les enfants, les violences physiques et psychologiques et enfin les procédures judiciaires à suivre. « Ces sensibilisations sont les bienvenues pour nous dans notre localité qu’on en parle presque pas, nous avons découvert plusieurs formes de violences qu’on ignorait. Pour nous la violence était seulement sexuelle, or elle peut être conjugale, physique, psychologique », explique Joséphine Yimbou.

En milieu scolaire, c’était autour de quatre thèmes à savoir, abus sexuels et harcèlement sexuels, les violences envers les enfants, les violences physiques et psychologiques, les procédures judiciaires à suivre, puis les projections de film,  que  la sensibilisation était axée. Satisfait de l’engagement des animatrices formées, Pascaline Niombo, coordonatrice d’AZUR Développement dans la Bouenza explique, « les thèmes présentés ont attirés l’attention des élèves qui ont tendance à envahir la salle sinon entourer les salles de classe pour celles qui n’ont pas été sélectionnées pour les sesions de sensibilisation ». Pour Pascaline, certaines femmes par honte et la peur d’être connues comme victime n’ont pas voulu parler de leur aventure, « certaines disaient toujours qu’elles devraient se rendre au bureau d’AZUR Développement afin d’expliquer ce qu’elles ont vécu durant leur vie. Etcela s’est fait en peu de temps les femmes se présentaient au bureau et racontaient leur histoire vécu », a-t-elle expliqué.

Révoltée, Madame Nzaou, la quarantaine, une participante au séminaire de Pointe-Noire, qui a été déjà  victimes d’une violence conjugale, aujourd’hui a regagné le toit parental. Pour elle « un homme qui violente une femme est un élément dangereux qu’il faut contrôler et punir, parce qu’il est comparé à un assassin ». Pour KouKuata Caroline, une des participantes aux sensibilisationsde Nkayi dans le département de la Bouenza encourage des femmes violoées à « ne plus continuer à se taire face aux hommes qui nous violentent, mais plutôt les dénoncer ou porter plainte afin de réduire les cas de violence quelque soit sa forme », à Audrey Ntsimba une autre participante de Nkayi de renchérir, « c’est en le dénonçant qu’on pourra arrêter les violences et sortir du mutisme dont fait montre les femmes».

 

Pour l’Assistante de projet Pointe-Noire, Ida Moussa, après avoir organisé une  série de sensibilisations et de projections des histoires numériquesa affirmé expliqué’« après les formations, une dizaine de femmes victimes des violences ont cherché à nous rencontrer . Ce que confirme Blancelga Nzoumba, âgée de 14 ans, « j’ai failli être violée à 11 ans par un homme d’au moins 50 ans, mais j’avais peur de le dénoncer et aucune personne de ma famille ne le sait, aujourd’hui j’en parle grâce à AZUR Développement » et à Madame Nzaou de conclure, « je me suis enfin libérer du poids que je portais ». 

 

Signalons qu’au cours de ces sensibilisation et formations, les animatrices et participantes ont tenté de trouver des réponses à des les questions : si ton père t’as violé, il est aussi nécessaire de le dénoncer ? Après un viol, combien de temps après  peux-tu te rendre compte que tu es enceinte ? Faut-il faire un avortement ou pas ? Pourquoi les hommes abusent-ilsdes femmes ? Qu’est ce qu’une fille peut faire pour prévenir la violence ?

Marien Nzikou-Massala

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«Nous devons utiliser les TIC pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions… » 2 septembre 2011

Au Congo, les femmes vivent au quotidien les violences au foyer, au service, à l’école… Face à ce mal qui se développe dans notre société, associations et pouvoirs publics se mobilisent pour stopper le pire. La bataille est longue.

«Mon mari me bat tous les jours. Partout sur mon corps j’ai des cicatrices», témoigne Mélanie. Blanche, une autre victime ne cache pas ce qu’elle a vécu en 2009 à Pointe-Noire. « La cicatrice qui part de ma tête jusqu’à mon visage est un coup de machette que j’ai reçu de mon mari. J’ai eu dix sept épingles pour suturer cette plaie », a ajouté cette dernière lors de la journée internationale de l’élimination de la violence contre les femmes, qui a eu pour thème «la campagne des 16 jours d’activisme pour lutter contre la violence faite aux femmes».

De nos jours, les femmes utilisent les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour tentent de faire changer les mentalités. «J’ai été harcelée pendant deux ans par un des mes enseignants. Un jour, j’étais obligée d’enregistrer le son et j’ai envoyé un SMS au numéro vert MTN pour dénoncer cela. J’ai écrit cette histoire sur mon blog. Deux jours après, j’étais contrainte d’aller voir le proviseur pour le lui en parler et le problème a été réglé», confie une élève au lycée Savorgnan de Brazza en classe de terminale.

Les violences faites aux femmes et aux filles sont une réalité dans notre société. Elles sont souvent victimes de ces pratiques au jour le jour. «Les hommes nous prennent de force et refusent de se préserver», lâche une handicapée. Face à cette situation, des associations mènent des actions de terrain. Sylvie Niombo, Directrice exécutive de l’association AZUR Développement, pense que l’appropriation par les femmes et les filles des outils TIC (SMS, radio, vidéo, et blogues) dans la lutte contre la violence faite aux femmes et la promotion des droits de femmes est fondamentale. «Nos formations sur les TIC permettent aux femmes et adolescentes d’acquérir des compétences aux nouvelles technologies afin de faire usage pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions sur la lutte contre les violences faites aux femmes pour le changement», insiste Sylvie.

L’assistante psychologique

Pour Emma Tsoulou, présidente de l’association Femmes solidaires, «nous avons formé vingt mamans démunies vendeuses au marché de Talangaï en conselling. L’objectif était d’acquérir les connaissances des droits pour distinguer les différentes formes de violences et de pouvoir apporter des solutions aux victimes». En effet, ladite association a mis en place une séance d’écoute. «Nous avons des espaces de parole qui permettent aux martyrs de parler ce qu’elles vivent. Nous trouvons des approches de solutions avec celles qui parlent de leurs situations et nous les orientons vers le Comptoir juridique Junior (CJJ) pour l’assistance juridique», déclare Emma.

Méconnaissant leurs droits, la plupart de ses victimes opte pour le silence prétextant qu’elles n’ont pas d’argent pour payer un avocat. Severa Mpassi, juriste au CJJ de Pointe-Noire, éclaircit, «le CJJ est là pour assurer une assistance juridique gratuite aux victimes de violences». Selon elle, «nous faisons l’accueil, l’écoute et la médiation pour ces dernières. Nous les aidons aussi à rédiger une plainte pour faire une déposition en justice», ajoute Severa. «Je suis mariée officiellement depuis 30 ans mais je ne suis pas à l’aise dans mon foyer. Mon époux me bat constamment et il entretient même des rapports incestueux avec notre fille. C’est grâce au CJJ que j’ai obtenue gain de cause en justice», se réjouit-elle.

Georgette Medja, présidente d’Handicap sans frontières, une association des femmes handicapées et des journalistes qui lutte contre de violences, a formé 40 femmes à faire la photo avec le téléphone portable, à l’enregistrement de son et l’internet pour combattre ce mal. Ceci dit, cette technique a donné des fruits aussi au lycée Savorgnan de Brazza où, 250 lycéennes ont été formées par Dynamique pluriel (DP) à lutter contre les violences à l’égard des filles à travers le SMS. Myrna Bakekolo, secrétaire générale à DP explique, «nous avons sensibilisé 250 filles sur la loi potinion afin de les aider à dénoncer les atteintes et harcèlements sexuels dont elles seraient victimes de la part de leurs professeurs en envoyant un SMS à un numéro MTN».

Selon les études du Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, entre 1999 et 2006, 3,1% de femmes ont été violentées sexuellement ; 15,6% ont subit la domination et l’inféodation ; 14,2% ont subit des coups et blessures ; 10,5% ont été brutalisées et agressées ; et 9,2% ont subit la maltraitance, les tortures morales, les menaces et les injures. «Les femmes disent qu’elles sont violentées par des hommes, mais c’est elles mêmes qui nous provoquent et nous poussent à la violence», réagit un enseignant au lycée de la Révolution.

Hubert Boungou, cadre au Ministère des Postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies d’information et de la communication, pense qu’avec le projet de couverture nationale (fibre optique) piloté par Congo Télécom, «l’information et l’internet seront accessibles au plus grand nombre». Albertine Mossa, directrice au MPFIFD pense que, «pour réduire ce mal, il faut multiplier des campagnes de sensibilisation pour le changement de mentalités, des séances d’information, d’éducation et de communication sur les violences, les causeries débat, sketch à la radio, l’affichage des posters contre les violences». Albertine souhaite que, les auteurs de ces actes soient arrêtés et emprisonnés.

Jean Thibaut Ngoyi

 

Des filles harcelées à l’école cherchent de l’aide par SMS 1 décembre 2010

Un récent rapport de recherche indique qu’au moins 44% (source IPS) des étudiantes à l’université nationale (Marien Ngouabi) au Congo sont victimes de harcèlement sexuel. Le slogan « seule la cuisse libère » a été longtemps scandé dans les coulisses des écoles supérieures.

Les écoles secondaires ne sont pas épargnées, et les filles font face à ce fléau. A Brazzaville et à Pointe-Noire, les élèves du Lycée Savorgnon de Brazza, Lycée technique de l’OCH et collège de Mpaka utilisent désormais leurs téléphones pour apprendre davantage sur les lois de protection de l’enfance, témoigner, dialoguer ou chercher de l’aide contre le harcèlement sexuel perpétré par leurs enseignants.

Les associations utilisent également les SMS pour plaider et passer le mot, tel que ce message diffusé par le Club Jeunesse Infrastructure et Développement (CJID) à 95 autorités locales à Kinkala « il est temps de condamner la violence faite aux femmes, l’abus sur les femmes, et sa chosification ».

Nouvelle forme de terrorisme psychologique ?

Quand on parle de harcèlement sexuel en milieu scolaire, il y a l’allusion à l’abus de pouvoir et d’autorité des enseignants sur les élèves filles. Beaucoup d’entre elles font face à la pression, sont menacées et sont isolées. Les victimes n’en parlent presque jamais, sinon quand les cas sont déjà passés. Elles pensent ne pas avoir le choix, et soit elles cèdent aux menaces; redoublent; soit elles quittent le banc de l’école. Le phénomène nécessite d’être étudié et des statistiques sont à collecter au niveau du secondaire.

Témoigner et chercher de l’aide par SMS

En l’absence des centres d’écoute des survivantes de violence, les élèves témoignent par des messages SMS. « Je redouble la classe. A la maison, mes parents me disaient si je redouble j’aurai à faire à eux. Je savais plus quoi faire, j’étais obligée de coucher avec mon prof, il me l’a fait par l’anus », Dorsia.

« Je me nomme Magalie, je suis l’une des victimes de violence, j’étais en seconde au Lycée technique de l’OCH. J’avais 15 ans mon prof de droit me menace étant petite, connaissant rien de la vie, j’avais pleuré. Il me menace », Magalie.

Les associations qui reçoivent ces SMS contactent les auteurs individuellement, les écoutent et les soutiennent.

Les harceleurs font pression, les filles se culpabilisent.

C’est ce qui se lit des messages SMS envoyés par des élèves au Comptoir Juridique Junior et l’Association Dynamique Plurielle. « Je ne dois pas lier trop d’amitié avec un homme pour éviter le viol », Verda.

Sagesse renchérit : « je ne dois pas exposer mon corps dans un milieu scolaire afin de ne pas subir une violence sexuelle ». Laure appuie « je mettrai une tenue normale pour éviter d’attirer l’attention des profs afin de ne pas subir des violences à l’école ».

La révolte. Elles ne se laisseront pas faire

Après avoir subi des menaces, des remarques désobligeantes, des contacts corporels non souhaités, des abus sexuels ou des relations sexuelles sur la contrainte, les élèves filles qui ont assisté aux sessions de sensibilisation dans les écoles, parviennent à « la révolte ».

Les SMS fusent de plus en plus depuis ; « je promets que je ne me laisserai pas emporter par un professeur. Je ne serai pas victime d’une violence sexuelle» écrit Paty. D’autres, notamment Miamissa, Desta, Estelle et Nardèche appuient cela : « je ne baisserai pas les bras sur la violence faite aux filles par téléphone à l’école » ; « je lutte les violences faite aux femmes car le sexe de la femme n’est pas un beignet » ; « je ne me laissera pas faire par le harcèlement sexuel en milieu scolaire » ; « dis-moi ce que tu ne dois pas faire au téléphone ! Je ne dois pas me laisser faire par les prof » ; « luttons contre les violences faites aux filles à l’école. Et je ne me laisserai pas faire ».

Lire la suite de cet article sur
http://azurweb.blogspot.com/

 

Des lois pour lutter contre les Notes Sexuellement Transmissibles (NST)

Le samedi 27 Novembre 2010, un atelier de sensibilisation sur la protection de l’enfance et la prévention du harcèlement sexuel a réuni une quarantaine des enseignants, des élèves et des organisations de la société civile au Lycée Savorgnon de Brazza, organisé par l’Association Dynamique Plurielle.

Des lois pour protéger les enfants

Un exposé sur les lois sur la protection de l’enfant a été faite, notamment la loi Portella et la loi Potignon par Lilian Barros, du Comptoir Juridique Junior (CJJ). La loi Portella du 16 Janvier 1960 stipule qu’il est interdit aux enfants de moins de 16 ans de fréquenter les bars, cinémas et dancing clubs, sauf pour la projection de films éducatifs ou des spectacles conçus spécialement pour les enfants. Autant, les responsables des bars, cinémas et dancing clubs peuvent être punis par des amendes s’ils acceptent des mineurs.

La nouvelle loi interdit aux vidéos clubs d’accepter les enfants.
Cela était respecté, il y a des années lumières, où la police était présente dans ces endroits et pouvait agir. Aujourd’hui une réflexion s’impose sur les vidéos clubs qui sont devenus les « cinémas populaires ». Qui trouve t-on dans ces vidéos clubs ? Les jeunes, tout âge confondu. Quels films diffuse t-on dans ces vidéos clubs ? Toute sorte de films sans considération d’âge, de la porno à aux films qui prônent la violence. La loi Potignon de 2010 en son article 105 punit d’emprisonnement à une amende quiconque aura sans autorisation tient un vidéo club fréquenté par les enfants. L’article 106 interdit aux directeurs des salles de cinéma et de spectacles de laisser assister des enfants à la projection des films non éducatifs ou aux spectacles qui ne sont pas spécialement conçus pour la jeunesse.

Un enseignant ne doit pas avoir des relations amoureuses avec une élève

Selon la loi Portella, les filles élèves sont protégées, et il est interdit aux professeurs d’avoir des relations sexuelles avec leurs élèves. En réalité, ce n’est pas toujours le cas, car comme l’a reconnu Madame Nkaya, la Proviseur du Lycée Savorgnon de Brazza, le harcèlement sexuel est un problème réel dans son établissement. Elles effectuent des médiations lorsque ce genre de problème se pose et les différentes parties parviennent à résoudre le problème.

Les participants ont évoqué le fait que les filles élèves soient vulnérables, et d’autres abandonnent leurs études après avoir été harcelées. D’autres sont contraintes d’avoir des rapports sexuels avec leurs enseignants pour passer en classe supérieure. D’où l’appellation de Notes Sexuellement Transmissibles (NST) pour indiquer ce genre de relations entre enseignants et élèves.

Les lois reconnaissent la violence mais pas le harcèlement sexuel

Selon Lilian Barros, la loi Potignon n°4-2010 du 14 Juin 2010 a renforcé les dispositions de la première (la loi Portella). Elle consacre les droits de l’enfant, parle des devoirs de l’enfants, des parents et de l’Etat, et de la protection contre la violence, la négligence, la maltraitance et l’exploitation des enfants.

L’article 54 stipule « tout outrage public, attentat à la pudeur ou viol en la présence ou sur la personne de l’enfant est interdit ». Tandis que l’article 55 va plus loin « l’enfant qui a subi des violences ou des négligences au sein de la famille ou celui qui n’a plus de famille ou qui en a été séparé, a droit à une protection de remplacement par une institution habiletée.»

Cependant, la nouvelle loi ne reconnaît pas clairement le harcèlement sexuel. Les victimes ne peuvent se référer qu’au code pénal (articles 308, 309, 326 et 332 », et le Juge va tenir compte des manifestations physiques ou des éléments visibles tels que coups et blessures. Des relations sexuelles obtenues par abus d’autorité peuvent être pénalement qualifiées de viol.

Dans le cas des violences morales, les preuves sont difficiles à obtenir car la victime aura pour seule issue d’accuser le harceleur d’avoir mené des actions contraires à l’intérêt social et aux bonnes mœurs (article 330 et 333 du code pénal).

Le Juge a donc un pouvoir souverain pour apprécier une situation de harcèlement moral.

Le chemin pour en finir avec les NST est encore long
Il en est sorti des échanges que les élèves victimes de harcèlement sexuel devraient se rapprocher des organisations de défense des droits humains, et de protection de la femme comme Dynamique Plurielle.

Elles ne devraient pas avoir peur de dénoncer de tels cas, car la Proviseur du Lycée, a réitéré que la direction de l’établissement est engagée à lutter contre ce fléau.

Des enseignants ont cité des exemples de filles élèves qui les « harcèleraient ». Cependant, il a été évident que les élèves n’ont aucune influence sur les enseignants et cela ne peut donc pas être qualifié de harcèlement sexuel.

Comme dans tout échange sur la violence faite aux filles, l’habillement est revenue, et la jeune fille est vue comme « coupable d’avoir été harcelée ou violée » à cause de sa tenue vestimentaire. Cette position souvent défendue par ceux qui perpétuent ces violences ne fait qu’occulter le problème.

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Combattre la violence faite aux femmes et aux filles au moyen de la technologie 8 août 2010

Un atelier de renforcement des capacités dans l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles  a été organisé par AZUR Développement ce vendredi 06 Août dans la salle informatique du Campus Numérique de Brazzaville. Au cours de cet atelier, 5 projets sélectionnés pour le financement entre 1.700.000 et 2.500.000 FCFA par le Fonds « Réapproprie-toi la technologie » du Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association des Progrès des Communications (PARF APC)  ont été présentés à une trentaine de participants de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinkala prenant part à cette rencontre.

Ces 5 projets innovateurs et créatifs sont une première dans le pays et visent à sensibiliser et apporter un appui psychologique aux  jeunes filles élèves, étudiantes,  femmes et filles handicapées, femmes et jeunes filles infectées par le VIH/SIDA, femmes dans les média,  femmes gendarmes, policières et soldats sur les moyens de prévenir, dénoncer et mettre fin  au harcèlement sexuel, aux viols, à la violence domestique et physique au moyen de l’usage des messages SMS, des MMS, des projections vidéo, des émissions radios et des sensibilisations face-à-face.

Les différentes survivantes de violence bénéficiaires de ces projets seront également formées dans l’informatique et l’internet pour la recherche des informations, la formation, la création de blogues et la production des émissions radio et des vidéos. Des statistiques des cas de violence de chacun de ces projets seront collectées et publiées chaque  sur  le blogue  https://feministescongo.wordpress.com/

Suite à cet atelier, chacun des projets sélectionnés a été  retravaillé afin d’affiner la stratégie de mise en œuvre, les question  et les indicateurs  de genre et TIC traitées par les projets à l’aide de l’outil d’évaluation de la méthodologie du genre (GEM) pour les projets et initiatives TIC développé par le PARF APC. Les projets soutenus démarreront le 01 Septembre 2010, et devraient durer 6 mois.

Les membres du comité de sélection des soumissions de projets au Fonds de petites subventions « Réapproprie-toi la technologie » étaient composées de :

Arlette Bakou, Chargée de la coopération multilatérale, Ministère de la promotion et de l’intégration de la femme au développement ; Hubert Boungou, Chef de service, Direction des Nouvelles Technologies, ministère des Postes et Télécommunications, chargé des nouvelles technologies ; Prisca Miyouna, Chercheur, Centre de recherche et d’analyse économique (CERAPE) ; et de Sylvie Niombo, Directrice exécutive, AZUR Développement.

Il n’a pas été facile pour le comité de sélection de faire le choix, et le processus était transparent et anonyme et a duré un mois et demi. Intervenant sur le processus de sélection, Arlette Bakou  a informé les participants que: « 5 projets sur 18 ont été sélectionnés au cours de ce processus. Le constat est que les projets n’étaient pas bien élaborés, certains ne présentaient pas comment les TIC seront utilisées pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles, pour d’autres les idées n’étaient pas bien rendues et sans budgets ».

Quant à elle, Prisca Miyouna a déclaré : « cela n’a pas été facile d’évaluer les propositions de projet, en tant que chercheur, j’ai été stricte  et me suis référée aux critères d’éligibilité. Dans certaines propositions de projets il manquait le contexte national et d’autres informations. En fait, beaucoup de propositions n’étaient pas bien rédigées ».

 

Les organisations récipiendaires des petites subventions sont donc attendues sur le terrain, comme a précisé Arlette Bakou « pour les associations retenues, il faudrait que les retombées de ces projets soient visibles pour les bénéficiaires». Elle a ensuite a jouté « nous sommes ouverts et prêts à travailler avec vous dans l’exécution de ces projets ».

AZUR Développement par la voix de sa Directrice exécutive a  également félicité les récipiendaires et souligné « nous fournirons l’assistance technique dans l’exécution des projets sur demande des récipiendaires. Nous avons formé plusieurs femmes et étudiantes  dans l’usage des TIC qui peuvent être des personnes ressources pour les récipiendaires. Les réalisations des projets sur le terrain seront documentés par des bloggeuses et journalistes congolaises »

Le comité de sélection a recommandé que les organisations dont les propositions de projets n’ont pas été sélectionnées puissent être formées dans la conception des projets, car cela a été l’une des causes de leur refus.

La liste des projets sélectionnés est comme suit.

Association Dynamique Plurielle à Brazzaville va travailler avec 250 filles élèves du Lycée Savorgnon de Brazza des classes de seconde à la terminale pour prévenir  et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire en associant les enseignants et la direction du lycée. Elle organisera des réunions de sensibilisation sur la Loi Portella et Potignon interdisant les rapports entre les enseignants et les élèves et protégeant les mineurs ; au cours desquelles des projections vidéo de témoignages de  survivantes de violence seront projetées.  

Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyées par SMS au projet par les élèves et une cellule d’écoute de l’association au lycée sera active à y répondre. Des informations éducatives sur les lois  seront envoyées aux 250 élèves et les meilleures réponses aux questions par SMS et MMS seront primées et recevront des tickets gratuits de navigation sur internet. Les élèves seront également formées à l’usage de l’internet pour s’informer et se former. Elles seront également sensibilisées sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  .

Association Femmes Solidaires à Brazzaville va former 15 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA et survivantes de violence  en counselling  afin qu’elles puissent fournir l’appui psychologique à leurs pairs.  Des séances de sensibilisation seront organisées sur les droits humains à l’endroit de 50 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA. 10 d’entre elles seront formées  en informatique, à l’usage de l’internet, la rédaction des articles et le blogage afin de documenter  la violence vécue par les femmes séropositives.

Des émissions radios  diffusant  des témoignages de survivantes de violence seront réalisées avec le concours des membres de l’association et des femmes journalistes. Ces émissions radio seront  reproduites sur CD et distribuées à d’autres associations pour leurs actions de sensibilisation et éducation et importées sur internet.

Club Jeunesse Infrastructures et Développement (CJID)  va travailler à réduire la violence faite aux femmes et aux filles de Kinkala, qui étaient touchées par les conflits armés ; à travers des actions de sensibilisation et d’éducation au moyen des TIC. 20 femmes soldats, gendarmes et policières sensibilisées sur la lutte contre la violence et 100  femmes et jeunes filles survivantes  de violence  seront concernées par ces actions ; 35 femmes et filles de ces deux groupes seront également formées en informatique et à l’usage l’internet.

Le CJID animera un espace femmes, égalité et TIC qui donnera davantage  accès à la population de Kinkala à internet, particulièrement aux jeunes élèves. Le projet produira également avec une équipe de survivantes de violence des témoignages vidéo qui seront projetées lors des séances de sensibilisation et partagées à d’autres associations. Un concours de meilleurs témoignages par SMS sera organisé et les meilleures seront primées. Un blogue sera animé pour élever les voix des bénéficiaires du projet sur la toile mondiale.

Comptoir Juridique Junior  à Pointe-noire va travailler avec 200 filles élèves au collège de Mpaka  et au  lycée technique de lOCH  pour prévenir et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Leurs actions impliqueront le corps enseignant et la direction des établissements. Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyés par SMS au projet par les élèves et des actions seront prises en concertation.

Des concours de meilleurs témoignages de survivantes de violence par SMS et MMS seront organisées avec les 200 élèves et les meilleures seront primées pour recevoir  une formation sur l’usage de l’internet pour s’informer et se former dans différents domaines. Le projet sensibilisera également les élèves sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  Un réseau des élèves des deux établissements sera créé avant la fin du projet.

Handicapés Sans Frontières à Pointe-noire va réunir une soixantaine femmes journalistes et les femmes et filles handicapées pour sensibiliser, dénoncer et trouver des solutions visant à mettre fin à la violence dont elles sont victimes et qui demeure tue. L’association organisera des séances de sensibilisation sur les droits des femmes et la lutte contre la violence faite aux femmes  dans les média et les femmes et filles handicapées. Elles seront formées en informatique et dans l’usage de l’internet pour communiquer sur la violence au moyen des blogues, de la photo et des téléphones mobiles.

Elles apprendront comment enregistrer des sons avec des téléphones mobiles, traiter des photos et aussi importer des éléments audio et vidéo sur internet. Les femmes et filles handicapées survivantes de violence  visiteront également des organes de presse pour mener leur plaidoyer de disposer des espaces de communication dans les média. Des émissions radio et télévisées qui démontrent  l’ampleur et appellent à l’action sur la violence faite aux femmes et filles handicapées   seront présentées par les femmes journalistes bénéficiaires du projet.

Pour plus d’informations, veuillez contacter AZUR Développement à

info@azurdev.org

Tel : +242 656 61 89

 

Le harcèlement sexuel à l’école de l’impunité

Une année scolaire vient de prendre fin, plusieurs jeunes filles ont satisfait au baccalauréat, et vont intégrer le monde universitaire, d’autres vont expérimenter le monde mature du lycée, mais dans quelles conditions ?

A la rentrée scolaire et universitaire ces mêmes jeunes filles qui jubilent d’avoir franchi le cap vivront certainement le calvaire d’être harcelées par les enseignants et les professeurs. L’enseignant et le professeur ne sont pas des simples transmetteurs de connaissances. Symboliquement, ce sont des « parents par procuration » qui exercent leur autorité d’éducateurs non pas au nom de la famille, mais au nom de la société dans son ensemble. Ils sont implicitement porteurs de valeurs sociales et du projet de société telle que défini par la communauté.

En incarnant, volontairement ou non, une telle charge symbolique, l’enseignant ou le professeur ne peut envisager une relation avec son élève ou son étudiante qu’au prix d’un reniement de sa fonction symbolique. Sa transgression remet en question le fondement même du lien social puisqu’il est en charge, par sa fonction, de transmettre la vision commune et les valeurs de société. Le harcèlement sexuel se définit comme un acte violent lié à une agression sexuelle.

Autrement dit, pour les jeunes filles, les autres formes de harcèlement associé au comportement, attouchements, propos indécents, sont considérés comme des formes bénignes de harcèlement.

Le harcèlement sexuel dans les milieux universitaires et scolaires se manifeste par des regards, des insinuations, des propositions de rencontre, des familiarités indésirables, voire des agressions sexuelles. En effet, lorsque le harcèlement est pratiqué par un adulte dépositaire d’une autorité, le traumatisme est beaucoup plus considérable. La victime est le plus souvent terrorisée par la gravité de l’événement et l’effroi qu’il génère, garde le silence et s’interdit d’en parler par peur de violer un tabou.

Causes

Le harcelant est souvent décrit comme un homme qui abuse de son autorité et de son pouvoir. Cet abus de pouvoir peut être le fait d’un professeur, d’un agent de la sécurité, d’un membre du personnel de l’administration de l’établissement, d’un gardien. Il est le plus rarement le fait d’un étudiant et, dans ce cas, le harcèlement a lieu en dehors de l’établissement scolaire ou universitaire.

La victime type du harcèlement est décrite comme une personne de caractère faible, fragile et timorée. Elle est généralement très jeune, vulnérable, sans expérience et de milieu modeste. Les jeunes filles sociables sont aussi considérées comme des victimes potentielles, surtout lorsqu’elles disposent d’un physique avantageux.

Les conditions propices au harcèlement sont le passage des examens oraux à l’université. Au lycée, le harcèlement a lieu hors de l’enceinte scolaire, le plus souvent lors des cours supplémentaires, au domicile de l’enseignant ou de la jeune lycéenne. Les causes du harcèlement sont souvent attribuées au mode vestimentaire des filles.

C’est ce style d’argument qui amène certains garçons à considérer le harcèlement que subissent les filles comme le juste châtiment.

Vous pouvez lire la suite de cet article rédigé par Arlette Bakou sur son blogue http://arletteraymonde.unblog.fr/2009/09/26/le-harcelement-sexuel-a-lecole-de-limpunite/