Féministes Congolaises

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Des filles harcelées à l’école cherchent de l’aide par SMS 1 décembre 2010

Un récent rapport de recherche indique qu’au moins 44% (source IPS) des étudiantes à l’université nationale (Marien Ngouabi) au Congo sont victimes de harcèlement sexuel. Le slogan « seule la cuisse libère » a été longtemps scandé dans les coulisses des écoles supérieures.

Les écoles secondaires ne sont pas épargnées, et les filles font face à ce fléau. A Brazzaville et à Pointe-Noire, les élèves du Lycée Savorgnon de Brazza, Lycée technique de l’OCH et collège de Mpaka utilisent désormais leurs téléphones pour apprendre davantage sur les lois de protection de l’enfance, témoigner, dialoguer ou chercher de l’aide contre le harcèlement sexuel perpétré par leurs enseignants.

Les associations utilisent également les SMS pour plaider et passer le mot, tel que ce message diffusé par le Club Jeunesse Infrastructure et Développement (CJID) à 95 autorités locales à Kinkala « il est temps de condamner la violence faite aux femmes, l’abus sur les femmes, et sa chosification ».

Nouvelle forme de terrorisme psychologique ?

Quand on parle de harcèlement sexuel en milieu scolaire, il y a l’allusion à l’abus de pouvoir et d’autorité des enseignants sur les élèves filles. Beaucoup d’entre elles font face à la pression, sont menacées et sont isolées. Les victimes n’en parlent presque jamais, sinon quand les cas sont déjà passés. Elles pensent ne pas avoir le choix, et soit elles cèdent aux menaces; redoublent; soit elles quittent le banc de l’école. Le phénomène nécessite d’être étudié et des statistiques sont à collecter au niveau du secondaire.

Témoigner et chercher de l’aide par SMS

En l’absence des centres d’écoute des survivantes de violence, les élèves témoignent par des messages SMS. « Je redouble la classe. A la maison, mes parents me disaient si je redouble j’aurai à faire à eux. Je savais plus quoi faire, j’étais obligée de coucher avec mon prof, il me l’a fait par l’anus », Dorsia.

« Je me nomme Magalie, je suis l’une des victimes de violence, j’étais en seconde au Lycée technique de l’OCH. J’avais 15 ans mon prof de droit me menace étant petite, connaissant rien de la vie, j’avais pleuré. Il me menace », Magalie.

Les associations qui reçoivent ces SMS contactent les auteurs individuellement, les écoutent et les soutiennent.

Les harceleurs font pression, les filles se culpabilisent.

C’est ce qui se lit des messages SMS envoyés par des élèves au Comptoir Juridique Junior et l’Association Dynamique Plurielle. « Je ne dois pas lier trop d’amitié avec un homme pour éviter le viol », Verda.

Sagesse renchérit : « je ne dois pas exposer mon corps dans un milieu scolaire afin de ne pas subir une violence sexuelle ». Laure appuie « je mettrai une tenue normale pour éviter d’attirer l’attention des profs afin de ne pas subir des violences à l’école ».

La révolte. Elles ne se laisseront pas faire

Après avoir subi des menaces, des remarques désobligeantes, des contacts corporels non souhaités, des abus sexuels ou des relations sexuelles sur la contrainte, les élèves filles qui ont assisté aux sessions de sensibilisation dans les écoles, parviennent à « la révolte ».

Les SMS fusent de plus en plus depuis ; « je promets que je ne me laisserai pas emporter par un professeur. Je ne serai pas victime d’une violence sexuelle» écrit Paty. D’autres, notamment Miamissa, Desta, Estelle et Nardèche appuient cela : « je ne baisserai pas les bras sur la violence faite aux filles par téléphone à l’école » ; « je lutte les violences faite aux femmes car le sexe de la femme n’est pas un beignet » ; « je ne me laissera pas faire par le harcèlement sexuel en milieu scolaire » ; « dis-moi ce que tu ne dois pas faire au téléphone ! Je ne dois pas me laisser faire par les prof » ; « luttons contre les violences faites aux filles à l’école. Et je ne me laisserai pas faire ».

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Combattre la violence faite aux femmes et aux filles au moyen de la technologie 8 août 2010

Un atelier de renforcement des capacités dans l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles  a été organisé par AZUR Développement ce vendredi 06 Août dans la salle informatique du Campus Numérique de Brazzaville. Au cours de cet atelier, 5 projets sélectionnés pour le financement entre 1.700.000 et 2.500.000 FCFA par le Fonds « Réapproprie-toi la technologie » du Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association des Progrès des Communications (PARF APC)  ont été présentés à une trentaine de participants de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinkala prenant part à cette rencontre.

Ces 5 projets innovateurs et créatifs sont une première dans le pays et visent à sensibiliser et apporter un appui psychologique aux  jeunes filles élèves, étudiantes,  femmes et filles handicapées, femmes et jeunes filles infectées par le VIH/SIDA, femmes dans les média,  femmes gendarmes, policières et soldats sur les moyens de prévenir, dénoncer et mettre fin  au harcèlement sexuel, aux viols, à la violence domestique et physique au moyen de l’usage des messages SMS, des MMS, des projections vidéo, des émissions radios et des sensibilisations face-à-face.

Les différentes survivantes de violence bénéficiaires de ces projets seront également formées dans l’informatique et l’internet pour la recherche des informations, la formation, la création de blogues et la production des émissions radio et des vidéos. Des statistiques des cas de violence de chacun de ces projets seront collectées et publiées chaque  sur  le blogue  https://feministescongo.wordpress.com/

Suite à cet atelier, chacun des projets sélectionnés a été  retravaillé afin d’affiner la stratégie de mise en œuvre, les question  et les indicateurs  de genre et TIC traitées par les projets à l’aide de l’outil d’évaluation de la méthodologie du genre (GEM) pour les projets et initiatives TIC développé par le PARF APC. Les projets soutenus démarreront le 01 Septembre 2010, et devraient durer 6 mois.

Les membres du comité de sélection des soumissions de projets au Fonds de petites subventions « Réapproprie-toi la technologie » étaient composées de :

Arlette Bakou, Chargée de la coopération multilatérale, Ministère de la promotion et de l’intégration de la femme au développement ; Hubert Boungou, Chef de service, Direction des Nouvelles Technologies, ministère des Postes et Télécommunications, chargé des nouvelles technologies ; Prisca Miyouna, Chercheur, Centre de recherche et d’analyse économique (CERAPE) ; et de Sylvie Niombo, Directrice exécutive, AZUR Développement.

Il n’a pas été facile pour le comité de sélection de faire le choix, et le processus était transparent et anonyme et a duré un mois et demi. Intervenant sur le processus de sélection, Arlette Bakou  a informé les participants que: « 5 projets sur 18 ont été sélectionnés au cours de ce processus. Le constat est que les projets n’étaient pas bien élaborés, certains ne présentaient pas comment les TIC seront utilisées pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles, pour d’autres les idées n’étaient pas bien rendues et sans budgets ».

Quant à elle, Prisca Miyouna a déclaré : « cela n’a pas été facile d’évaluer les propositions de projet, en tant que chercheur, j’ai été stricte  et me suis référée aux critères d’éligibilité. Dans certaines propositions de projets il manquait le contexte national et d’autres informations. En fait, beaucoup de propositions n’étaient pas bien rédigées ».

 

Les organisations récipiendaires des petites subventions sont donc attendues sur le terrain, comme a précisé Arlette Bakou « pour les associations retenues, il faudrait que les retombées de ces projets soient visibles pour les bénéficiaires». Elle a ensuite a jouté « nous sommes ouverts et prêts à travailler avec vous dans l’exécution de ces projets ».

AZUR Développement par la voix de sa Directrice exécutive a  également félicité les récipiendaires et souligné « nous fournirons l’assistance technique dans l’exécution des projets sur demande des récipiendaires. Nous avons formé plusieurs femmes et étudiantes  dans l’usage des TIC qui peuvent être des personnes ressources pour les récipiendaires. Les réalisations des projets sur le terrain seront documentés par des bloggeuses et journalistes congolaises »

Le comité de sélection a recommandé que les organisations dont les propositions de projets n’ont pas été sélectionnées puissent être formées dans la conception des projets, car cela a été l’une des causes de leur refus.

La liste des projets sélectionnés est comme suit.

Association Dynamique Plurielle à Brazzaville va travailler avec 250 filles élèves du Lycée Savorgnon de Brazza des classes de seconde à la terminale pour prévenir  et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire en associant les enseignants et la direction du lycée. Elle organisera des réunions de sensibilisation sur la Loi Portella et Potignon interdisant les rapports entre les enseignants et les élèves et protégeant les mineurs ; au cours desquelles des projections vidéo de témoignages de  survivantes de violence seront projetées.  

Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyées par SMS au projet par les élèves et une cellule d’écoute de l’association au lycée sera active à y répondre. Des informations éducatives sur les lois  seront envoyées aux 250 élèves et les meilleures réponses aux questions par SMS et MMS seront primées et recevront des tickets gratuits de navigation sur internet. Les élèves seront également formées à l’usage de l’internet pour s’informer et se former. Elles seront également sensibilisées sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  .

Association Femmes Solidaires à Brazzaville va former 15 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA et survivantes de violence  en counselling  afin qu’elles puissent fournir l’appui psychologique à leurs pairs.  Des séances de sensibilisation seront organisées sur les droits humains à l’endroit de 50 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA. 10 d’entre elles seront formées  en informatique, à l’usage de l’internet, la rédaction des articles et le blogage afin de documenter  la violence vécue par les femmes séropositives.

Des émissions radios  diffusant  des témoignages de survivantes de violence seront réalisées avec le concours des membres de l’association et des femmes journalistes. Ces émissions radio seront  reproduites sur CD et distribuées à d’autres associations pour leurs actions de sensibilisation et éducation et importées sur internet.

Club Jeunesse Infrastructures et Développement (CJID)  va travailler à réduire la violence faite aux femmes et aux filles de Kinkala, qui étaient touchées par les conflits armés ; à travers des actions de sensibilisation et d’éducation au moyen des TIC. 20 femmes soldats, gendarmes et policières sensibilisées sur la lutte contre la violence et 100  femmes et jeunes filles survivantes  de violence  seront concernées par ces actions ; 35 femmes et filles de ces deux groupes seront également formées en informatique et à l’usage l’internet.

Le CJID animera un espace femmes, égalité et TIC qui donnera davantage  accès à la population de Kinkala à internet, particulièrement aux jeunes élèves. Le projet produira également avec une équipe de survivantes de violence des témoignages vidéo qui seront projetées lors des séances de sensibilisation et partagées à d’autres associations. Un concours de meilleurs témoignages par SMS sera organisé et les meilleures seront primées. Un blogue sera animé pour élever les voix des bénéficiaires du projet sur la toile mondiale.

Comptoir Juridique Junior  à Pointe-noire va travailler avec 200 filles élèves au collège de Mpaka  et au  lycée technique de lOCH  pour prévenir et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Leurs actions impliqueront le corps enseignant et la direction des établissements. Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyés par SMS au projet par les élèves et des actions seront prises en concertation.

Des concours de meilleurs témoignages de survivantes de violence par SMS et MMS seront organisées avec les 200 élèves et les meilleures seront primées pour recevoir  une formation sur l’usage de l’internet pour s’informer et se former dans différents domaines. Le projet sensibilisera également les élèves sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  Un réseau des élèves des deux établissements sera créé avant la fin du projet.

Handicapés Sans Frontières à Pointe-noire va réunir une soixantaine femmes journalistes et les femmes et filles handicapées pour sensibiliser, dénoncer et trouver des solutions visant à mettre fin à la violence dont elles sont victimes et qui demeure tue. L’association organisera des séances de sensibilisation sur les droits des femmes et la lutte contre la violence faite aux femmes  dans les média et les femmes et filles handicapées. Elles seront formées en informatique et dans l’usage de l’internet pour communiquer sur la violence au moyen des blogues, de la photo et des téléphones mobiles.

Elles apprendront comment enregistrer des sons avec des téléphones mobiles, traiter des photos et aussi importer des éléments audio et vidéo sur internet. Les femmes et filles handicapées survivantes de violence  visiteront également des organes de presse pour mener leur plaidoyer de disposer des espaces de communication dans les média. Des émissions radio et télévisées qui démontrent  l’ampleur et appellent à l’action sur la violence faite aux femmes et filles handicapées   seront présentées par les femmes journalistes bénéficiaires du projet.

Pour plus d’informations, veuillez contacter AZUR Développement à

info@azurdev.org

Tel : +242 656 61 89

 

Démystifier la technologie pour défendre les droits des femmes 26 juillet 2010

Ce samedi 03 Avril 2010, l’atelier de formation intitulé échanges féministes sur la technologie prend fin. Il a connu la participation de 16 adolescentes et femmes provenant de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinkala venues pour acquérir des compétences dans l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) afin de lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Durant trois jours,les participantes ont échangé sur les questions pertinentes telles que les procédures judiciaires à suivre pour les femmes et filles victimes de violence, la présence des femmes congolaises dans la blogosphère et aussi l’usage des média citoyens par les militantes des droits des femmes.

Les différents modules de formation étaient la production vidéo. Les femmes ont appris à manipuler des caméras numériques, filmer, capturer les éléments sur l’ordinateur et pratiquer le montage vidéo. Elles sont parties sur le terrain interviewer des femmes et des hommes et ont produit un reportage sur la violence domestique.

Les adolescentes et les femmes qui ont été formées sur la radio, sont également allées vers les étudiantes de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville réaliser des interviews et sont revenues en salle monter les éléments avec le logiciel Audacity. Elles ont apprécié la radio, car elle permet de sauvegarder l’anonymat pour les survivantes de violence, mais également permet aux femmes vulnérables telles que les femmes séropositives de s’exprimer en toute quiétude.

Cela a été une joie de lire les billets de blogues rédigés et publiés par les apprenantes du module réseautage social. Elles ont appris à utiliser blogger.com, et aussi se sont inscrites sur Facebook et découvert là un moyen efficace de communiquer avec leurs contacts. Elles ont créé des galeries de photos avec flickr.com et ont apprécié cet outil qui leur permet de montrer au monde les réalisations de leurs organisations.

Au cours de la formation, des femmes ont partagé leurs expériences sur le blogage ; notamment Arlette Bakou qui blogue de façon engagée sur les questions des droits des femmes et droits socio-économiques et Vivienne Dzobo qui dénonce les cas de violences sexuelles et domestiques à Pointe-Noire sur son blogue.

L’atelier a été ouvert officiellement en face des média le 31 Mars 2010 par la Directrice centrale de la promotion de la femme et par le représentant de Direction des nouvelles technologies. Le Directeur des Nouvelles technologies a participé à la session de présentation des produits de chaque module par les participantes le dernier jour de la formation.

Cette formation a été organisée à Brazzaville par AZUR Développement et le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l’association pour le progrès des communications (PARF APC).