Féministes Congolaises

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« Nous-nous constituons en avocat principal de la femme » 26 février 2013

Marginalisée dans le ménage ou hors famille, survivrante de tous les maux et de toutes injustices dans le foyer, les droits de la femme congolaise ne sont pas encore acquis. Des Organisations de la société civile congolaise, qu’elles soient féminines ou des droits humains, en synergie avec les pouvoirs publics, militent tant soit peu contre les violences domestiques faites à l’égard des femmes.

Vendredi 15 février dernier, à 16 heures du soir, dans l’arrondissement 3 Tié-Tié à Pointe-Noire, Vivienne Dzobo réunit un groupe de 30 fidèles catholiques pour leur parler des violences domestiques dans la paroisse Saint-Pierre. Dans un style comique, elle demande aux participantes de témoigner si elles ont déjà été victimes de violences domestiques au foyer. La salle a connu un silence de cimetière. «Si j’ai accepté de faire ce travail c’est parce je constate que la femme congolaise est victime au jour le jour des violences dans le ménage ou hors ménage. Il faut briser ce tabou là parce que les victimes ont peur de dénoncer leurs tortionnaires », martèle Vivienne Dzobo, bloggeuse et membre de l’Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS).

Après son intervention, des réactions n’ont plus tardé à venir. Pour Julienne, une habitante de Tié-Tié, ce sont des choses que nous vivons souvent dans des foyers, mais que nous ne savons pas comment faire. Maintenant que nous sommes éclairées, nous pensons que nous ne seront plus inoffensives vis-à-vis de nos conjoints. Ella, une autre participante, la vingtaine révolue, avoue que « C’est un débat passionnant. Je pense que j’ai appris quelque chose de plus dans ma vie qui m’épargnera de tomber dans le piège.»

L’engagement des parties prenantes
La bataille sur les violences ne laisse plus insensible certaines autorités congolaises et d’autres organisations qui, soutiennent l’initiative d’AZUR Développement. Pour Jean Beau Paul Makouangou, président de Réseau des associations de solidarité positive (RASP), nous avons mené plusieurs actions de terrain, parmi lesquelles il faut noter : participer au Forum interpays Africain à Pointe-Noire ; travailler avec la directrice de l’intégration de la femme au développement puis avec celle de la promotion de la femme pendant les 16 jours contre les violences faites aux femmes et aux filles en 2012. Selon lui, RASP a identifié trois (03) cas de victime de violences qu’ils ont accompagnés sur le plan juridique. « Après les enquêtes que nous avons mené pour vérifier la véracité des faits au niveau des commissariats et ménages, nous avons écrit au Procureur de la République pour dénoncer », a expliqué Beau Paul.

A l’intérieur du pays, dans le département de la Bouenza, les chefs de quartier ne sont pas restés en marge. A l’image de M. Mikolongoulou, chef de quartier n°8 Kibiti à Nkayi, il pense que c’est une bonne chose de les avoir sensibilisé sur les violences. Nous partageons l’initiative et nous allons nous impliquer dans la collecte des données.

Financée par l’Association pou le Progrès des Communications (APC)C, via AZUR Développement, l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) a débuté ses activités de collecte de données en février 2012 dans l’arrondissement Muana To qui compte six quartiers à Nkayi. Elle a sensibilisé plus d’une vingtaine de chefs de quartier pour la collecte des données et a fait le plaidoyer auprès de l’Administrateur maire de Nkayi. En 2011, cette organisation féminine de la Bouenza a fait des sensibilations pareilles dans des quartiers et écoles. En 2012, elle a sensibilisé uniquement les femmes qui fréquentent les centres de santé intégré (CSI). «Actuellement, nous avons collecté deux cas de violences domestiques dont l’une est dans le ménage et l’autre est hors ménage. Nous avons proposé de les accompagner à la gendarmerie, mais pour l’heure les survivantes ne semblent pas être déterminées à passer à cette étape», confie Célestine Bahidikirila, présidente de l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB).
Des avocats de la femme ?

Sa motivation dans la lutte contre les violences domestiques n’est pas un hasard. Pour cette militante, elle pense que les femmes sont marginalisées dans des ménages. Raison pour laquelle, elle travaille dans un tel projet afin de militer pour les droits des femmes. Femmes, jeune filles, hommes… acceptent d’être sensibilisées par ses militantes sur les questions des violences. « C’est ma première fois que je suis sensibilisée par une Association sur les violences domestiques. C’est vraiment intéressant, car je ne savais pas que certains comportements des hommes étaient une forme de violence. Pour faire entendre ma voix, je souhaite aller débattre avec des responsables d’AZUR Développement et d’autres invités à la radio », estime Olga, une habitante de Nkayi, à Soulouka.

Pour Jean Beau Paul Makouangou, président du Réseau des associations de solidarité positive (RASP), c’est depuis 2009 qu’il travaille dans ce domaine, avec une spécificité d’une antenne qui s’occupe de la lutte contre les violences faites aux femmes et filles. But : accompagner les victimes dans des tribunaux, hôpitaux, commissariat de police ou à la gendarmerie. Nous avons déjà assisté juridiquement sept cas de violences au tribunal dont un a abouti. L’auteur a été emprisonné pendant deux mois et a payé une amende de 1.500.000 F cfa de dommage d’intérêt à la victime. « Si on ne respecte pas la femme, elle subira toujours des violences, alors qu’elle est considérée comme un partenaire au développement. C’est pourquoi nous-nous constituons en avocat principal de la femme », soutient ce défenseur des droits de l’Homme.

Appuyée par plusieurs parties prenantes, cette initiative est en train de d’apporter ses fruits. « Le combat que mènent des associations dans la lutte contre les violences, est une bonne chose. Nous avons adhéré à l’initiative d’AZUR Développement parce qu’en dehors de notre mission de sécuriser la population, nous avons aussi un rôle d’éduquer, corriger, trancher des problèmes à notre niveau … Et si nous voulons lutter contre les violences, il faut une synergie des toutes les structures», a fait savoir un Lieutenant dans un commissariat de police à Pointe-Noire.

Ces activités sont menées par les partenaires locaux du projet de suivi de la réponse gouvernementale aux violences domestiques en République du Congo.

Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) est une organisation des hommes créée en 2009 ; active dans la prévention et la prise en charge juridique des femmes et enfants victimes de violence. Ils font le suivi des cas de plainte à la police, et travaillent sur la photo comme outil de base pour la sensibilisation sur les méfaits des violences domestiques et sexuelles. Cette organisation a déjà travaillé dans la campagne Take Back The Tech en 2010 dans le cadre du projet OMD3.

Agence Régionale d’Information et Prévention du Sida (ARIPS) est une organisation de femmes qui travaille dans la prévention du VIH/SIDA, le plaidoyer, le renforcement des groupes de femmes en zone urbaine et rurale, la prévention des violences faites aux femmes et aux filles, et l’éducation des enfants. Elle a déjà travaillé dans la campagne la campagne Take Back The Tech en 2010 et 2011 dans le cadre du projet OMD3. Ses membres ont été formées dans les blogues, et maintiennent un blogue sur la violence faite aux femmes et aux filles URL : http://violsconjugauxcg.blogspot.com/

Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) est une association de femmes créée en 2011 qui prend en charge les femmes vivant avec le VIH/SIDA, fait la prévention, l’écoute et l’orientation des survivantes de violence domestique et sexuelles vers les services adaptés. Elle fait de la mobilisation communautaire sur ces questions en zone rurale et urbaine. Elle a travaillé avec AZUR Développement comme partenaire dans une action de prise en charge psycho sociale des femmes financé par un projet de l’Union Européenne au Congo.

La collecte des données sur les cas de violences domestiques et le suivi de la réponse des autorités locales, de la santé, de l’accès à la santé, la justice, le soutien psychosocial est rendu possible grâce à une subvention de l’APC à travers le Fonds Affricati de Hivos et Omidyar Network.

Jean Thibaut Ngoyi

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Une femme Handicapée et enceinte de huit mois, tuée par son mari pour n’avoir pas apprêté à temps la table. 29 juillet 2011

La ville de Pointe-Noire au Congo vient d’enregistrer une fois de plus une autre victime des violences faites aux femmes.

En effet Mademoiselle Edwige NDOLOU handicapée physique ( des deux membres inferieurs)et âgée de 24 ans est fiancée à un jeune combattant MAKOKO avec qui elle vie maritalement depuis le début de sa grossesse au quartier Tié-Tie Bissongo ; étant à son huitième mois de gestation, son état ne lui permettait plus d’accomplir certaines tâches ménagères, sinon avec une grande lenteur.

La journée du samedi 3 juillet 2010 a été une journée très difficile pour elle. Elle a fait faire son marché par les voisines, habituées à l’assister et à la surveiller pendant les longues absences de son fiancé. Elle était tellement fatiguée si bien qu’elle n’a même pas pu faire la cuisine.
Son fiancé habitué à faire le trafic du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) entre Pointe-Noire et Nkayi en temps libre pour acheter les produits agricoles, les revendre afin de joindre les deux bouts de mois était rentré ce soir là, lui aussi, fatigué du voyage et affamé. Arrivé à la maison, il a trouvé Edwige allongée sur le lit.
MAKOKO a demandé à sa fiancée de lui faire la table, après 10 minutes, Edwige n’obtempérait pas, fâché de cet attitude, il commença à vociférer, injuriant Edwige et attirant l’attention de tout le voisinage. Quelques minutes plus tard, comme si cela était prémédité, il se jeta sur la future maman la roua de violents coups de points, oubliant totalement qu’elle était enceinte.

Alerter par les cris de la jeune fille, les voisins ont accouru, mais MAKOKO n’a pas voulu ouvrir la maison, malgré les supplications du logeur.
Ayant remarqué que sa victime ne bougeait plus, MAKOKO est tranquillement sorti de la maison nuitamment pour prendre la fuite.

Edwige, étouffée et incapable de crier au secours pour la seconde fois, s’est éteinte silencieusement avec sa charge enfermée dans cette maison. Elle est découverte morte le troisième jour après la dispute.
C’est l’afflux des mouches qui ont obligées le logeur à casser la porte , il a été surpris de constater là gisant sur le sol le corps inerte de la jeune fille, la bouche couverte de mouches et son ventre encore plus ballonné qui laissait entrevoir aucun espoir pour la progéniture qui devait en sortir hélas.

Le chef de quartier informer à a son tour appeler la police qui arrivée près de deux heures après pour faire le constat et l’enlèvement du corps.

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La violence domestique continue, pernicieuse, insidieuse et banalisée 4 décembre 2010

Une revue des billets de blogues publiés par Manhore De Bessi, Vivienne Dzobo et Sylvie Mfoutou Banga sur la violence domestique et conjugale à Brazzaville et Pointe-Noire montre comment dans une situation de pauvreté ou d’indépendance économique, la femme demeure victime de la violence. La violence sexuelle a longtemps occupé la tête de liste dans les interventions ; cependant la violence domestique a toujours été perpétrée, pernicieuse, insidieuse et « normalisée » culturellement. Les relations entre hommes et femmes telles que vue actuellement dans notre société doivent être remises en cause. Ces histoires appellent à beaucoup de questionnements.

L’égalité homme-femme ne sera pas une réalité tant que les femmes seront pauvres

Vivienne Dzobo raconte sur son blogue : « Nadège par exemple est vendeuse de maniocs au marché de la liberté, elle a évoqué les multiples raisons des tensions dans les ménages. La non transparence des revenus du conjoint ainsi que l’insatisfaction sexuelle et matérielle ». Il ne suffit pas de déclarer son revenu. « Théthé, âgée de 40 ans est aussi mariée, mère de quatre enfants et ménagère, son mari est employé dans l’administration par une société de la place qui rémunère assez bien son personnel […]. Seulement le montant déclaré t-elle que son mari lui donne pour la popote ne répond pas par rapport au coût de la vie ».

Elle explique que le montant que la dame reçoit de son conjoint ne répond pas ; « les denrées alimentaires sont devenues tellement coûteuses qu’elle a du mal pour lier les deux bouts du mois. Madame Théthé à même mal pour mieux entretenir son corps pour se faire belle et attirante ». Elle ne peut épargner et contribuer aux charges de la famille. Lorsqu’elle demande plus d’argent à son conjoint, elle raconte que « c’est du tintamarre et les boutades sont envoyées même en présence des enfants ».

Etant vendeuse, « Théthé avoue que les bénéfices de la vente des pains, ne lui permettent pas à faire face à tous les besoins quotidiens et de temps à autre, elle pense s’offrir occasionnellement aux partenaires potentiels. Seulement, ses convictions religieuses et sa foi l’empêchent d’agir ainsi » par crainte de jeter le déshonneur sur sa famille. Pour Vivienne Dzobo « l’égalité tant souhaitée entre l’homme et la femme est encore loin d’être une réalité ; car la pauvreté est un véritable obstacle ».

Mon mari me demande de faire un choix entre mon boulot et le foyer

L’histoire de Sidonie, une jeune femme de 34 ans, racontée par Manhore De Bessi est différente. Comme quoi, il ne suffit pas pour une femme d’être autonome financièrement pour préserver un mariage. « Elle est mariée depuis l’age de 16 ans à Jacob qui en a 40 ans. Comme vous le constatez avec moi Sidonie est allée dans le mariage très jeune. Son mari a donc supporté ses études jusqu’à la licence ».

Elle poursuit « après quelques années de chômage, Sidonie trouve un emploi dans une sous-traitance pétrolière. Mais le meilleur c’est quoi chers ami (es), le salaire de dame Sidonie est trois fois plus que celui de Jacob enseignant dans une école de la place ». Bien que la dame ait terminé ses études, et obtenue un emploi bien rémunéré, le complexe de son conjoint ou peut-être la volonté de domination de son conjoint, la contraint à renoncer à son emploi.

Comme l’affirme Manhore De Bessi « au bout de deux mois de fonctionnement, Jacob déclare qu’il ne peut pas accepter que sa femme gagne plus que lui. Ainsi il demande à celle-ci de faire un choix entre « le boulot et le foyer ». Sidonie est embarrassée elle ne sait pas que faire et quoi choisir, elle aime bien son travail mais également son foyer ». Elle appelle à l’aide et attend des réponses sur son blogue pour aider Sidonie : http://manhoredebessi.blogspot.com/

Sommes-nous organisées et efficaces dans la lutte contre la violence ?

Sylvie Mfoutou Banga lance un appel « aidons les femmes à dénoncer les violences domestiques ». Elle s’explique : « quelque soit les raisons ou causes qui empêchent les femmes de dénoncer les violences domestiques dont elles sont victimes au quotidien, un mal doit toujours être dénoncé pour le détruire ».

Ce que les organisations de femmes ont compris, car il y a davantage des initiatives de leur part pour réduire les discriminations à l’endroit des femmes. Même s’il y a besoin d’un plan coordonné de lutte contre les violences au Congo, des pas sont posés. Si le mouvement de femmes pouvait faire davantage usage des technologies de l’information et de la communication (TIC), ces progrès seraient plus visibles.

Elle recommande aux organisations « de travailler dans la perspective de prise en conscience sur tous les phénomènes de violence dont sont victimes les femmes en l’occurrence les violences domestiques »; et de continuer à « organiser des séminaires de sensibilisation, forums, causeries-débats, pièces de théâtre ».

Consciente du pouvoir des média, elle propose l’organisation des campagnes nationales de sensibilisation sur la violence domestique dans les média. Elle déclare : « les médias doivent également tenter de sensibiliser le public aux causes et aux conséquences de ce type de violence ».

Sylvie Mfoutou Banga reconnaît qu’on ne peut prévenir la violence domestique si l’on ne connaît pas leur du phénomène ; elle propose d’ « améliorer les statistiques sur la violence domestique, brosser un tableau précis de sa nature et de sa prévalence, permettre l’identification des ressources consacrées à la lutte contre ce phénomène et l’évaluation des initiatives allant dans ce sens ». Ici, encore les TIC peuvent aider à collecter les données ou à reporter les cas de violences domestiques.

Lire l’intégralité de cet article sur http://azurweb.blogspot.com/

 

Combattre la violence faite aux femmes et aux filles au moyen de la technologie 8 août 2010

Un atelier de renforcement des capacités dans l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles  a été organisé par AZUR Développement ce vendredi 06 Août dans la salle informatique du Campus Numérique de Brazzaville. Au cours de cet atelier, 5 projets sélectionnés pour le financement entre 1.700.000 et 2.500.000 FCFA par le Fonds « Réapproprie-toi la technologie » du Programme d’Appui aux Réseaux de Femmes de l’Association des Progrès des Communications (PARF APC)  ont été présentés à une trentaine de participants de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinkala prenant part à cette rencontre.

Ces 5 projets innovateurs et créatifs sont une première dans le pays et visent à sensibiliser et apporter un appui psychologique aux  jeunes filles élèves, étudiantes,  femmes et filles handicapées, femmes et jeunes filles infectées par le VIH/SIDA, femmes dans les média,  femmes gendarmes, policières et soldats sur les moyens de prévenir, dénoncer et mettre fin  au harcèlement sexuel, aux viols, à la violence domestique et physique au moyen de l’usage des messages SMS, des MMS, des projections vidéo, des émissions radios et des sensibilisations face-à-face.

Les différentes survivantes de violence bénéficiaires de ces projets seront également formées dans l’informatique et l’internet pour la recherche des informations, la formation, la création de blogues et la production des émissions radio et des vidéos. Des statistiques des cas de violence de chacun de ces projets seront collectées et publiées chaque  sur  le blogue  https://feministescongo.wordpress.com/

Suite à cet atelier, chacun des projets sélectionnés a été  retravaillé afin d’affiner la stratégie de mise en œuvre, les question  et les indicateurs  de genre et TIC traitées par les projets à l’aide de l’outil d’évaluation de la méthodologie du genre (GEM) pour les projets et initiatives TIC développé par le PARF APC. Les projets soutenus démarreront le 01 Septembre 2010, et devraient durer 6 mois.

Les membres du comité de sélection des soumissions de projets au Fonds de petites subventions « Réapproprie-toi la technologie » étaient composées de :

Arlette Bakou, Chargée de la coopération multilatérale, Ministère de la promotion et de l’intégration de la femme au développement ; Hubert Boungou, Chef de service, Direction des Nouvelles Technologies, ministère des Postes et Télécommunications, chargé des nouvelles technologies ; Prisca Miyouna, Chercheur, Centre de recherche et d’analyse économique (CERAPE) ; et de Sylvie Niombo, Directrice exécutive, AZUR Développement.

Il n’a pas été facile pour le comité de sélection de faire le choix, et le processus était transparent et anonyme et a duré un mois et demi. Intervenant sur le processus de sélection, Arlette Bakou  a informé les participants que: « 5 projets sur 18 ont été sélectionnés au cours de ce processus. Le constat est que les projets n’étaient pas bien élaborés, certains ne présentaient pas comment les TIC seront utilisées pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles, pour d’autres les idées n’étaient pas bien rendues et sans budgets ».

Quant à elle, Prisca Miyouna a déclaré : « cela n’a pas été facile d’évaluer les propositions de projet, en tant que chercheur, j’ai été stricte  et me suis référée aux critères d’éligibilité. Dans certaines propositions de projets il manquait le contexte national et d’autres informations. En fait, beaucoup de propositions n’étaient pas bien rédigées ».

 

Les organisations récipiendaires des petites subventions sont donc attendues sur le terrain, comme a précisé Arlette Bakou « pour les associations retenues, il faudrait que les retombées de ces projets soient visibles pour les bénéficiaires». Elle a ensuite a jouté « nous sommes ouverts et prêts à travailler avec vous dans l’exécution de ces projets ».

AZUR Développement par la voix de sa Directrice exécutive a  également félicité les récipiendaires et souligné « nous fournirons l’assistance technique dans l’exécution des projets sur demande des récipiendaires. Nous avons formé plusieurs femmes et étudiantes  dans l’usage des TIC qui peuvent être des personnes ressources pour les récipiendaires. Les réalisations des projets sur le terrain seront documentés par des bloggeuses et journalistes congolaises »

Le comité de sélection a recommandé que les organisations dont les propositions de projets n’ont pas été sélectionnées puissent être formées dans la conception des projets, car cela a été l’une des causes de leur refus.

La liste des projets sélectionnés est comme suit.

Association Dynamique Plurielle à Brazzaville va travailler avec 250 filles élèves du Lycée Savorgnon de Brazza des classes de seconde à la terminale pour prévenir  et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire en associant les enseignants et la direction du lycée. Elle organisera des réunions de sensibilisation sur la Loi Portella et Potignon interdisant les rapports entre les enseignants et les élèves et protégeant les mineurs ; au cours desquelles des projections vidéo de témoignages de  survivantes de violence seront projetées.  

Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyées par SMS au projet par les élèves et une cellule d’écoute de l’association au lycée sera active à y répondre. Des informations éducatives sur les lois  seront envoyées aux 250 élèves et les meilleures réponses aux questions par SMS et MMS seront primées et recevront des tickets gratuits de navigation sur internet. Les élèves seront également formées à l’usage de l’internet pour s’informer et se former. Elles seront également sensibilisées sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  .

Association Femmes Solidaires à Brazzaville va former 15 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA et survivantes de violence  en counselling  afin qu’elles puissent fournir l’appui psychologique à leurs pairs.  Des séances de sensibilisation seront organisées sur les droits humains à l’endroit de 50 femmes et jeunes filles mères infectées par le VIH/SIDA. 10 d’entre elles seront formées  en informatique, à l’usage de l’internet, la rédaction des articles et le blogage afin de documenter  la violence vécue par les femmes séropositives.

Des émissions radios  diffusant  des témoignages de survivantes de violence seront réalisées avec le concours des membres de l’association et des femmes journalistes. Ces émissions radio seront  reproduites sur CD et distribuées à d’autres associations pour leurs actions de sensibilisation et éducation et importées sur internet.

Club Jeunesse Infrastructures et Développement (CJID)  va travailler à réduire la violence faite aux femmes et aux filles de Kinkala, qui étaient touchées par les conflits armés ; à travers des actions de sensibilisation et d’éducation au moyen des TIC. 20 femmes soldats, gendarmes et policières sensibilisées sur la lutte contre la violence et 100  femmes et jeunes filles survivantes  de violence  seront concernées par ces actions ; 35 femmes et filles de ces deux groupes seront également formées en informatique et à l’usage l’internet.

Le CJID animera un espace femmes, égalité et TIC qui donnera davantage  accès à la population de Kinkala à internet, particulièrement aux jeunes élèves. Le projet produira également avec une équipe de survivantes de violence des témoignages vidéo qui seront projetées lors des séances de sensibilisation et partagées à d’autres associations. Un concours de meilleurs témoignages par SMS sera organisé et les meilleures seront primées. Un blogue sera animé pour élever les voix des bénéficiaires du projet sur la toile mondiale.

Comptoir Juridique Junior  à Pointe-noire va travailler avec 200 filles élèves au collège de Mpaka  et au  lycée technique de lOCH  pour prévenir et lutter contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Leurs actions impliqueront le corps enseignant et la direction des établissements. Des alertes sur les cas de harcèlement sexuel seront envoyés par SMS au projet par les élèves et des actions seront prises en concertation.

Des concours de meilleurs témoignages de survivantes de violence par SMS et MMS seront organisées avec les 200 élèves et les meilleures seront primées pour recevoir  une formation sur l’usage de l’internet pour s’informer et se former dans différents domaines. Le projet sensibilisera également les élèves sur la vie privée et la sécurité électronique lorsqu’elles naviguent sur internet et utiliseront les téléphones mobiles.  Un réseau des élèves des deux établissements sera créé avant la fin du projet.

Handicapés Sans Frontières à Pointe-noire va réunir une soixantaine femmes journalistes et les femmes et filles handicapées pour sensibiliser, dénoncer et trouver des solutions visant à mettre fin à la violence dont elles sont victimes et qui demeure tue. L’association organisera des séances de sensibilisation sur les droits des femmes et la lutte contre la violence faite aux femmes  dans les média et les femmes et filles handicapées. Elles seront formées en informatique et dans l’usage de l’internet pour communiquer sur la violence au moyen des blogues, de la photo et des téléphones mobiles.

Elles apprendront comment enregistrer des sons avec des téléphones mobiles, traiter des photos et aussi importer des éléments audio et vidéo sur internet. Les femmes et filles handicapées survivantes de violence  visiteront également des organes de presse pour mener leur plaidoyer de disposer des espaces de communication dans les média. Des émissions radio et télévisées qui démontrent  l’ampleur et appellent à l’action sur la violence faite aux femmes et filles handicapées   seront présentées par les femmes journalistes bénéficiaires du projet.

Pour plus d’informations, veuillez contacter AZUR Développement à

info@azurdev.org

Tel : +242 656 61 89