Féministes Congolaises

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« Nous-nous constituons en avocat principal de la femme » 26 février 2013

Marginalisée dans le ménage ou hors famille, survivrante de tous les maux et de toutes injustices dans le foyer, les droits de la femme congolaise ne sont pas encore acquis. Des Organisations de la société civile congolaise, qu’elles soient féminines ou des droits humains, en synergie avec les pouvoirs publics, militent tant soit peu contre les violences domestiques faites à l’égard des femmes.

Vendredi 15 février dernier, à 16 heures du soir, dans l’arrondissement 3 Tié-Tié à Pointe-Noire, Vivienne Dzobo réunit un groupe de 30 fidèles catholiques pour leur parler des violences domestiques dans la paroisse Saint-Pierre. Dans un style comique, elle demande aux participantes de témoigner si elles ont déjà été victimes de violences domestiques au foyer. La salle a connu un silence de cimetière. «Si j’ai accepté de faire ce travail c’est parce je constate que la femme congolaise est victime au jour le jour des violences dans le ménage ou hors ménage. Il faut briser ce tabou là parce que les victimes ont peur de dénoncer leurs tortionnaires », martèle Vivienne Dzobo, bloggeuse et membre de l’Agence Régionale d’information et de prévention du SIDA (ARIPS).

Après son intervention, des réactions n’ont plus tardé à venir. Pour Julienne, une habitante de Tié-Tié, ce sont des choses que nous vivons souvent dans des foyers, mais que nous ne savons pas comment faire. Maintenant que nous sommes éclairées, nous pensons que nous ne seront plus inoffensives vis-à-vis de nos conjoints. Ella, une autre participante, la vingtaine révolue, avoue que « C’est un débat passionnant. Je pense que j’ai appris quelque chose de plus dans ma vie qui m’épargnera de tomber dans le piège.»

L’engagement des parties prenantes
La bataille sur les violences ne laisse plus insensible certaines autorités congolaises et d’autres organisations qui, soutiennent l’initiative d’AZUR Développement. Pour Jean Beau Paul Makouangou, président de Réseau des associations de solidarité positive (RASP), nous avons mené plusieurs actions de terrain, parmi lesquelles il faut noter : participer au Forum interpays Africain à Pointe-Noire ; travailler avec la directrice de l’intégration de la femme au développement puis avec celle de la promotion de la femme pendant les 16 jours contre les violences faites aux femmes et aux filles en 2012. Selon lui, RASP a identifié trois (03) cas de victime de violences qu’ils ont accompagnés sur le plan juridique. « Après les enquêtes que nous avons mené pour vérifier la véracité des faits au niveau des commissariats et ménages, nous avons écrit au Procureur de la République pour dénoncer », a expliqué Beau Paul.

A l’intérieur du pays, dans le département de la Bouenza, les chefs de quartier ne sont pas restés en marge. A l’image de M. Mikolongoulou, chef de quartier n°8 Kibiti à Nkayi, il pense que c’est une bonne chose de les avoir sensibilisé sur les violences. Nous partageons l’initiative et nous allons nous impliquer dans la collecte des données.

Financée par l’Association pou le Progrès des Communications (APC)C, via AZUR Développement, l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) a débuté ses activités de collecte de données en février 2012 dans l’arrondissement Muana To qui compte six quartiers à Nkayi. Elle a sensibilisé plus d’une vingtaine de chefs de quartier pour la collecte des données et a fait le plaidoyer auprès de l’Administrateur maire de Nkayi. En 2011, cette organisation féminine de la Bouenza a fait des sensibilations pareilles dans des quartiers et écoles. En 2012, elle a sensibilisé uniquement les femmes qui fréquentent les centres de santé intégré (CSI). «Actuellement, nous avons collecté deux cas de violences domestiques dont l’une est dans le ménage et l’autre est hors ménage. Nous avons proposé de les accompagner à la gendarmerie, mais pour l’heure les survivantes ne semblent pas être déterminées à passer à cette étape», confie Célestine Bahidikirila, présidente de l’Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB).
Des avocats de la femme ?

Sa motivation dans la lutte contre les violences domestiques n’est pas un hasard. Pour cette militante, elle pense que les femmes sont marginalisées dans des ménages. Raison pour laquelle, elle travaille dans un tel projet afin de militer pour les droits des femmes. Femmes, jeune filles, hommes… acceptent d’être sensibilisées par ses militantes sur les questions des violences. « C’est ma première fois que je suis sensibilisée par une Association sur les violences domestiques. C’est vraiment intéressant, car je ne savais pas que certains comportements des hommes étaient une forme de violence. Pour faire entendre ma voix, je souhaite aller débattre avec des responsables d’AZUR Développement et d’autres invités à la radio », estime Olga, une habitante de Nkayi, à Soulouka.

Pour Jean Beau Paul Makouangou, président du Réseau des associations de solidarité positive (RASP), c’est depuis 2009 qu’il travaille dans ce domaine, avec une spécificité d’une antenne qui s’occupe de la lutte contre les violences faites aux femmes et filles. But : accompagner les victimes dans des tribunaux, hôpitaux, commissariat de police ou à la gendarmerie. Nous avons déjà assisté juridiquement sept cas de violences au tribunal dont un a abouti. L’auteur a été emprisonné pendant deux mois et a payé une amende de 1.500.000 F cfa de dommage d’intérêt à la victime. « Si on ne respecte pas la femme, elle subira toujours des violences, alors qu’elle est considérée comme un partenaire au développement. C’est pourquoi nous-nous constituons en avocat principal de la femme », soutient ce défenseur des droits de l’Homme.

Appuyée par plusieurs parties prenantes, cette initiative est en train de d’apporter ses fruits. « Le combat que mènent des associations dans la lutte contre les violences, est une bonne chose. Nous avons adhéré à l’initiative d’AZUR Développement parce qu’en dehors de notre mission de sécuriser la population, nous avons aussi un rôle d’éduquer, corriger, trancher des problèmes à notre niveau … Et si nous voulons lutter contre les violences, il faut une synergie des toutes les structures», a fait savoir un Lieutenant dans un commissariat de police à Pointe-Noire.

Ces activités sont menées par les partenaires locaux du projet de suivi de la réponse gouvernementale aux violences domestiques en République du Congo.

Réseau des Associations de Solidarité Positive (RASP) est une organisation des hommes créée en 2009 ; active dans la prévention et la prise en charge juridique des femmes et enfants victimes de violence. Ils font le suivi des cas de plainte à la police, et travaillent sur la photo comme outil de base pour la sensibilisation sur les méfaits des violences domestiques et sexuelles. Cette organisation a déjà travaillé dans la campagne Take Back The Tech en 2010 dans le cadre du projet OMD3.

Agence Régionale d’Information et Prévention du Sida (ARIPS) est une organisation de femmes qui travaille dans la prévention du VIH/SIDA, le plaidoyer, le renforcement des groupes de femmes en zone urbaine et rurale, la prévention des violences faites aux femmes et aux filles, et l’éducation des enfants. Elle a déjà travaillé dans la campagne la campagne Take Back The Tech en 2010 et 2011 dans le cadre du projet OMD3. Ses membres ont été formées dans les blogues, et maintiennent un blogue sur la violence faite aux femmes et aux filles URL : http://violsconjugauxcg.blogspot.com/

Association des Femmes pour le Développement de la Bouenza (AFDB) est une association de femmes créée en 2011 qui prend en charge les femmes vivant avec le VIH/SIDA, fait la prévention, l’écoute et l’orientation des survivantes de violence domestique et sexuelles vers les services adaptés. Elle fait de la mobilisation communautaire sur ces questions en zone rurale et urbaine. Elle a travaillé avec AZUR Développement comme partenaire dans une action de prise en charge psycho sociale des femmes financé par un projet de l’Union Européenne au Congo.

La collecte des données sur les cas de violences domestiques et le suivi de la réponse des autorités locales, de la santé, de l’accès à la santé, la justice, le soutien psychosocial est rendu possible grâce à une subvention de l’APC à travers le Fonds Affricati de Hivos et Omidyar Network.

Jean Thibaut Ngoyi

 

«Nous devons utiliser les TIC pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions… » 2 septembre 2011

Au Congo, les femmes vivent au quotidien les violences au foyer, au service, à l’école… Face à ce mal qui se développe dans notre société, associations et pouvoirs publics se mobilisent pour stopper le pire. La bataille est longue.

«Mon mari me bat tous les jours. Partout sur mon corps j’ai des cicatrices», témoigne Mélanie. Blanche, une autre victime ne cache pas ce qu’elle a vécu en 2009 à Pointe-Noire. « La cicatrice qui part de ma tête jusqu’à mon visage est un coup de machette que j’ai reçu de mon mari. J’ai eu dix sept épingles pour suturer cette plaie », a ajouté cette dernière lors de la journée internationale de l’élimination de la violence contre les femmes, qui a eu pour thème «la campagne des 16 jours d’activisme pour lutter contre la violence faite aux femmes».

De nos jours, les femmes utilisent les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour tentent de faire changer les mentalités. «J’ai été harcelée pendant deux ans par un des mes enseignants. Un jour, j’étais obligée d’enregistrer le son et j’ai envoyé un SMS au numéro vert MTN pour dénoncer cela. J’ai écrit cette histoire sur mon blog. Deux jours après, j’étais contrainte d’aller voir le proviseur pour le lui en parler et le problème a été réglé», confie une élève au lycée Savorgnan de Brazza en classe de terminale.

Les violences faites aux femmes et aux filles sont une réalité dans notre société. Elles sont souvent victimes de ces pratiques au jour le jour. «Les hommes nous prennent de force et refusent de se préserver», lâche une handicapée. Face à cette situation, des associations mènent des actions de terrain. Sylvie Niombo, Directrice exécutive de l’association AZUR Développement, pense que l’appropriation par les femmes et les filles des outils TIC (SMS, radio, vidéo, et blogues) dans la lutte contre la violence faite aux femmes et la promotion des droits de femmes est fondamentale. «Nos formations sur les TIC permettent aux femmes et adolescentes d’acquérir des compétences aux nouvelles technologies afin de faire usage pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions sur la lutte contre les violences faites aux femmes pour le changement», insiste Sylvie.

L’assistante psychologique

Pour Emma Tsoulou, présidente de l’association Femmes solidaires, «nous avons formé vingt mamans démunies vendeuses au marché de Talangaï en conselling. L’objectif était d’acquérir les connaissances des droits pour distinguer les différentes formes de violences et de pouvoir apporter des solutions aux victimes». En effet, ladite association a mis en place une séance d’écoute. «Nous avons des espaces de parole qui permettent aux martyrs de parler ce qu’elles vivent. Nous trouvons des approches de solutions avec celles qui parlent de leurs situations et nous les orientons vers le Comptoir juridique Junior (CJJ) pour l’assistance juridique», déclare Emma.

Méconnaissant leurs droits, la plupart de ses victimes opte pour le silence prétextant qu’elles n’ont pas d’argent pour payer un avocat. Severa Mpassi, juriste au CJJ de Pointe-Noire, éclaircit, «le CJJ est là pour assurer une assistance juridique gratuite aux victimes de violences». Selon elle, «nous faisons l’accueil, l’écoute et la médiation pour ces dernières. Nous les aidons aussi à rédiger une plainte pour faire une déposition en justice», ajoute Severa. «Je suis mariée officiellement depuis 30 ans mais je ne suis pas à l’aise dans mon foyer. Mon époux me bat constamment et il entretient même des rapports incestueux avec notre fille. C’est grâce au CJJ que j’ai obtenue gain de cause en justice», se réjouit-elle.

Georgette Medja, présidente d’Handicap sans frontières, une association des femmes handicapées et des journalistes qui lutte contre de violences, a formé 40 femmes à faire la photo avec le téléphone portable, à l’enregistrement de son et l’internet pour combattre ce mal. Ceci dit, cette technique a donné des fruits aussi au lycée Savorgnan de Brazza où, 250 lycéennes ont été formées par Dynamique pluriel (DP) à lutter contre les violences à l’égard des filles à travers le SMS. Myrna Bakekolo, secrétaire générale à DP explique, «nous avons sensibilisé 250 filles sur la loi potinion afin de les aider à dénoncer les atteintes et harcèlements sexuels dont elles seraient victimes de la part de leurs professeurs en envoyant un SMS à un numéro MTN».

Selon les études du Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, entre 1999 et 2006, 3,1% de femmes ont été violentées sexuellement ; 15,6% ont subit la domination et l’inféodation ; 14,2% ont subit des coups et blessures ; 10,5% ont été brutalisées et agressées ; et 9,2% ont subit la maltraitance, les tortures morales, les menaces et les injures. «Les femmes disent qu’elles sont violentées par des hommes, mais c’est elles mêmes qui nous provoquent et nous poussent à la violence», réagit un enseignant au lycée de la Révolution.

Hubert Boungou, cadre au Ministère des Postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies d’information et de la communication, pense qu’avec le projet de couverture nationale (fibre optique) piloté par Congo Télécom, «l’information et l’internet seront accessibles au plus grand nombre». Albertine Mossa, directrice au MPFIFD pense que, «pour réduire ce mal, il faut multiplier des campagnes de sensibilisation pour le changement de mentalités, des séances d’information, d’éducation et de communication sur les violences, les causeries débat, sketch à la radio, l’affichage des posters contre les violences». Albertine souhaite que, les auteurs de ces actes soient arrêtés et emprisonnés.

Jean Thibaut Ngoyi

 

Une femme Handicapée et enceinte de huit mois, tuée par son mari pour n’avoir pas apprêté à temps la table. 29 juillet 2011

La ville de Pointe-Noire au Congo vient d’enregistrer une fois de plus une autre victime des violences faites aux femmes.

En effet Mademoiselle Edwige NDOLOU handicapée physique ( des deux membres inferieurs)et âgée de 24 ans est fiancée à un jeune combattant MAKOKO avec qui elle vie maritalement depuis le début de sa grossesse au quartier Tié-Tie Bissongo ; étant à son huitième mois de gestation, son état ne lui permettait plus d’accomplir certaines tâches ménagères, sinon avec une grande lenteur.

La journée du samedi 3 juillet 2010 a été une journée très difficile pour elle. Elle a fait faire son marché par les voisines, habituées à l’assister et à la surveiller pendant les longues absences de son fiancé. Elle était tellement fatiguée si bien qu’elle n’a même pas pu faire la cuisine.
Son fiancé habitué à faire le trafic du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) entre Pointe-Noire et Nkayi en temps libre pour acheter les produits agricoles, les revendre afin de joindre les deux bouts de mois était rentré ce soir là, lui aussi, fatigué du voyage et affamé. Arrivé à la maison, il a trouvé Edwige allongée sur le lit.
MAKOKO a demandé à sa fiancée de lui faire la table, après 10 minutes, Edwige n’obtempérait pas, fâché de cet attitude, il commença à vociférer, injuriant Edwige et attirant l’attention de tout le voisinage. Quelques minutes plus tard, comme si cela était prémédité, il se jeta sur la future maman la roua de violents coups de points, oubliant totalement qu’elle était enceinte.

Alerter par les cris de la jeune fille, les voisins ont accouru, mais MAKOKO n’a pas voulu ouvrir la maison, malgré les supplications du logeur.
Ayant remarqué que sa victime ne bougeait plus, MAKOKO est tranquillement sorti de la maison nuitamment pour prendre la fuite.

Edwige, étouffée et incapable de crier au secours pour la seconde fois, s’est éteinte silencieusement avec sa charge enfermée dans cette maison. Elle est découverte morte le troisième jour après la dispute.
C’est l’afflux des mouches qui ont obligées le logeur à casser la porte , il a été surpris de constater là gisant sur le sol le corps inerte de la jeune fille, la bouche couverte de mouches et son ventre encore plus ballonné qui laissait entrevoir aucun espoir pour la progéniture qui devait en sortir hélas.

Le chef de quartier informer à a son tour appeler la police qui arrivée près de deux heures après pour faire le constat et l’enlèvement du corps.

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La violence domestique continue, pernicieuse, insidieuse et banalisée 4 décembre 2010

Une revue des billets de blogues publiés par Manhore De Bessi, Vivienne Dzobo et Sylvie Mfoutou Banga sur la violence domestique et conjugale à Brazzaville et Pointe-Noire montre comment dans une situation de pauvreté ou d’indépendance économique, la femme demeure victime de la violence. La violence sexuelle a longtemps occupé la tête de liste dans les interventions ; cependant la violence domestique a toujours été perpétrée, pernicieuse, insidieuse et « normalisée » culturellement. Les relations entre hommes et femmes telles que vue actuellement dans notre société doivent être remises en cause. Ces histoires appellent à beaucoup de questionnements.

L’égalité homme-femme ne sera pas une réalité tant que les femmes seront pauvres

Vivienne Dzobo raconte sur son blogue : « Nadège par exemple est vendeuse de maniocs au marché de la liberté, elle a évoqué les multiples raisons des tensions dans les ménages. La non transparence des revenus du conjoint ainsi que l’insatisfaction sexuelle et matérielle ». Il ne suffit pas de déclarer son revenu. « Théthé, âgée de 40 ans est aussi mariée, mère de quatre enfants et ménagère, son mari est employé dans l’administration par une société de la place qui rémunère assez bien son personnel […]. Seulement le montant déclaré t-elle que son mari lui donne pour la popote ne répond pas par rapport au coût de la vie ».

Elle explique que le montant que la dame reçoit de son conjoint ne répond pas ; « les denrées alimentaires sont devenues tellement coûteuses qu’elle a du mal pour lier les deux bouts du mois. Madame Théthé à même mal pour mieux entretenir son corps pour se faire belle et attirante ». Elle ne peut épargner et contribuer aux charges de la famille. Lorsqu’elle demande plus d’argent à son conjoint, elle raconte que « c’est du tintamarre et les boutades sont envoyées même en présence des enfants ».

Etant vendeuse, « Théthé avoue que les bénéfices de la vente des pains, ne lui permettent pas à faire face à tous les besoins quotidiens et de temps à autre, elle pense s’offrir occasionnellement aux partenaires potentiels. Seulement, ses convictions religieuses et sa foi l’empêchent d’agir ainsi » par crainte de jeter le déshonneur sur sa famille. Pour Vivienne Dzobo « l’égalité tant souhaitée entre l’homme et la femme est encore loin d’être une réalité ; car la pauvreté est un véritable obstacle ».

Mon mari me demande de faire un choix entre mon boulot et le foyer

L’histoire de Sidonie, une jeune femme de 34 ans, racontée par Manhore De Bessi est différente. Comme quoi, il ne suffit pas pour une femme d’être autonome financièrement pour préserver un mariage. « Elle est mariée depuis l’age de 16 ans à Jacob qui en a 40 ans. Comme vous le constatez avec moi Sidonie est allée dans le mariage très jeune. Son mari a donc supporté ses études jusqu’à la licence ».

Elle poursuit « après quelques années de chômage, Sidonie trouve un emploi dans une sous-traitance pétrolière. Mais le meilleur c’est quoi chers ami (es), le salaire de dame Sidonie est trois fois plus que celui de Jacob enseignant dans une école de la place ». Bien que la dame ait terminé ses études, et obtenue un emploi bien rémunéré, le complexe de son conjoint ou peut-être la volonté de domination de son conjoint, la contraint à renoncer à son emploi.

Comme l’affirme Manhore De Bessi « au bout de deux mois de fonctionnement, Jacob déclare qu’il ne peut pas accepter que sa femme gagne plus que lui. Ainsi il demande à celle-ci de faire un choix entre « le boulot et le foyer ». Sidonie est embarrassée elle ne sait pas que faire et quoi choisir, elle aime bien son travail mais également son foyer ». Elle appelle à l’aide et attend des réponses sur son blogue pour aider Sidonie : http://manhoredebessi.blogspot.com/

Sommes-nous organisées et efficaces dans la lutte contre la violence ?

Sylvie Mfoutou Banga lance un appel « aidons les femmes à dénoncer les violences domestiques ». Elle s’explique : « quelque soit les raisons ou causes qui empêchent les femmes de dénoncer les violences domestiques dont elles sont victimes au quotidien, un mal doit toujours être dénoncé pour le détruire ».

Ce que les organisations de femmes ont compris, car il y a davantage des initiatives de leur part pour réduire les discriminations à l’endroit des femmes. Même s’il y a besoin d’un plan coordonné de lutte contre les violences au Congo, des pas sont posés. Si le mouvement de femmes pouvait faire davantage usage des technologies de l’information et de la communication (TIC), ces progrès seraient plus visibles.

Elle recommande aux organisations « de travailler dans la perspective de prise en conscience sur tous les phénomènes de violence dont sont victimes les femmes en l’occurrence les violences domestiques »; et de continuer à « organiser des séminaires de sensibilisation, forums, causeries-débats, pièces de théâtre ».

Consciente du pouvoir des média, elle propose l’organisation des campagnes nationales de sensibilisation sur la violence domestique dans les média. Elle déclare : « les médias doivent également tenter de sensibiliser le public aux causes et aux conséquences de ce type de violence ».

Sylvie Mfoutou Banga reconnaît qu’on ne peut prévenir la violence domestique si l’on ne connaît pas leur du phénomène ; elle propose d’ « améliorer les statistiques sur la violence domestique, brosser un tableau précis de sa nature et de sa prévalence, permettre l’identification des ressources consacrées à la lutte contre ce phénomène et l’évaluation des initiatives allant dans ce sens ». Ici, encore les TIC peuvent aider à collecter les données ou à reporter les cas de violences domestiques.

Lire l’intégralité de cet article sur http://azurweb.blogspot.com/

 

Voiture, argent, bijoux et peur de représailles : le prix du silence contre la violence ? 26 novembre 2010

L’on croyait que la violence sexuelle était la première en liste dans la zone de Kinkala en République du Congo, qui a été affectée par des conflits armés jusqu’en 2003. Cependant ; il est surprenant que jusqu’au mois dernier, le nombre de cas de victimes de violences sexuelles déclarées à la Direction départementale du service social pour cette année oit inférieure à 10, selon l’antenne du Club Jeunesse Infrastructure et Développement (CJID) qui se bat pour réduire le phénomène.

C’est au cours d’un focus groupe auquel participait une vingtaine de femmes ménagères, professionnelles, gendarmes et survivantes de violence ce 23 Novembre 2010, que la violence conjugale et domestique ont été épinglées comme les plus répandues dans Kinkala et ses environs. Très vite, au cours de cette rencontre, nous avons senti le malaise ou le silence qui règne au tour de ce sujet. La question que tout le monde semblait se poser est « sommes-nous prêtes à parler de la violence subie dans nos foyers et maisons ? ».

Pourquoi donc ce malaise ?

Simplement, par ce que les choses se compliquent, car cela nous renvoie à des questions de sécurité économique et même alimentaire. Qui va payer pour la nourriture ? Qui va prendre la charge des enfants ? Si, une femme mariée ou en concubinage comme c’est la plupart des cas est répudiée de son foyer pour avoir osé parler de la violence dont elle est victime, ou encore à se rendre à la gendarmerie ou la police porter plainte contre son mari.

Les participantes ont discuté des questions relatives aux us et coutumes, et ont reconnu que les filles partent non « gagnantes » depuis leur enfance, car elles sont élevées pour devenir des «épouses » et des « mères ». La violence conjugale est beaucoup revenue dans les propos. Des exemples ont été cités tels que : « des hommes qui suivent leurs femmes en consultation gynécologique et assistent à la consultation sans gêne ; la brutalité dans les rapports sexuels ; et le donnant-donnant popote-rapport sexuel ».

Grandies dans la violence.
Victimes de violence depuis l’enfance. La maltraitance des enfants, surtout des filles mineures est une forme de violence très répandue mais tue et banalisée. Les enfants orphelins ou ceux qui ne grandissent pas sous le toit de leurs parents sont souvent les cibles. « Nous avons été maltraitées par notre belle-mère pendant toute notre jeunesse. Ma sœur pense qu’elle doit se venger. Elle a eu des problèmes psychologiques et nous sommes allées jusqu’à la faire soigner à l’asile », a raconté une des participantes.

La violence est-elle encouragée la femme elle-même ?Certains cas ont été cités, où la femme se fait violence. La facilitatrice de l’atelier a parlé des abus sexuels des filles mineures dans le foyer conjugal « une femme tolérait que sa fille soit violée par son mari par ce qu’il subvenait à tous ses besoins et ne voulant pas perdre voiture, argent et bijoux, cette femme n’a pas voulu agir pour protéger sa fille ».

Une gendarme a déclaré « mes collègues disent que les hommes violent les femmes car elles s’habillent presque dénudées. Cela attire les hommes qui veulent découvrir en suite ».

Certaines ont même parlé de « bipages », pour désigner les filles qui « s’habillent avec le nombril à découvert» c’est-à-dire à l’instar des « bips » faits à l’aide des téléphones mobiles quand on veut qu’un correspondant vous rappelle.

A un moment, la salle était très animée et les réponses contradictoires fusaient de partout. « Pourquoi si un homme nu se balade dans la rue, les femmes ne le violent pas ? » ; «il faut respecter la dignité de la femme et elle doit s’habiller décemment » ; « on peut s’habiller pour son propre plaisir » ; «une femme doit respecter son corps et se vêtir de façon responsable », etc.

Concluant le débat, la facilitatrice a rappelé qu’il fallait s’écarter de la tendance à « victimiser » la femme pour la violence sexuelle, car comme l’a dit une des participantes « pourquoi viole t-on une fille de 8 ans, est ce par ce qu’elle a porté une mini-jupe ? ».

Les femmes de Kinkala auraient-elles peur de parler de la violence ?

Au vu du nombre de cas de violences sexuelles déclarées ci-haut, il est évident que beaucoup se taisent. Est-ce par peur de représailles de la part de des auteurs ? Après des descentes porte à porte réalisées par le CJID dans les quartiers de Kinkala, des femmes et jeunes filles visité ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles pendant les conflits armés par les ex-combattants, l’armée ou les individus.

Une des participantes raconte « pendant la guerre, j’étais enceinte de 6 mois, et j’ai été agressée et frappée au ventre par des ex-combattants en plein marché.» Pour sa part, une Assistante sociale reconnaît « nous recevons plus des cas d’abandon d’enfants, de refus de paternité, des gardes d’enfants, mais pas de violence ».

Il semble évident que pour certaines femmes et filles de Kinkala la violence faite aux femmes est assimilée uniquement à la « violence sexuelle ». Les autres formes de violence sont incomprises, et donc ne sont pas déclarées.

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