Féministes Congolaises

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Violences familiales : La loi protège les veuves contre les pseudos traditions 25 novembre 2013

Au Congo Brazzaville, certaines veuves, aidées dans certains cas par des associations, osent poursuivre en justice leur belle-famille et obtiennent réparation. Des exemples à suivre pour toutes celles qui, par manque d’informations sur leurs droits ou par peur des représailles, souffrent en silence.

« Mon père, craignant la sorcellerie, a essayé de me convaincre d’abandonner les poursuites contre ma belle-famille. Mais, connaissant le droit, je ne me suis pas résignée. Aujourd’hui, je touche la pension de mon défunt mari ! », se félicite Reglane.

Comme elle, beaucoup de veuves subissent des pressions, parfois même des sévices au « nom de la tradition » au moment du décès de leur époux. La peur de la sorcellerie, la nécessité de protéger leurs enfants, fait que bon nombre d’entre elles se laissent faire en silence. « Il n’y a pas que des veuves dont le niveau d’éducation est faible qui sont victimes. Certaines, instruites, plient également », déplore Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko.

Au Congo, le Code de la famille réglemente la répartition des biens du défunt (50 % à ses enfants, 30 % à sa veuve et 20 % à ses père, mère et tous les collatéraux), mais ces dispositions sont régulièrement bafouées. Consultées, certaines familles, qui font pression sur les veuves, n’ont pas voulu s’exprimer. Pour Auguste Miabeto, universitaire, spécialiste des traditions orales, leur attitude s’apparente à tout sauf à la tradition : « Ces brimades arrivent souvent quand la veuve, du vivant de son mari, n’était pas en bons termes avec ses belles-sœurs. Le deuil est pour elles le moment de se venger.»

Faire valoir ses droits

Ces dernières années, plusieurs associations expliquent aux veuves que la loi interdit les sévices ou mauvais traitements exercés sur elles à l’occasion des cérémonies de deuil. La réglémentation prévoit la répression de ces actes conformément au Code pénal. Le Code de la famille indique également que le refus de se soumettre à ces rites ne peut pas constituer une injure au défunt. Herman Batamio Matondo prend le cas d’Agathe récemment accompagnée par son association : « un jugement a été rendu. Aujourd’hui, elle touche sa pension. Malgré les foudres de la famille que cela lui a values, elle est rentrée dans ses droits. La loi existe dans le pays ! ». Un autre activiste des droits humains pense qu’au Congo, « L’Etat est regardant sur ces problèmes de droits. Il suffit que la personne violentée dénonce ce genre de comportements et l’Etat applique la loi », assure-t-il.

Reconnaissant le manque d’informations sur les droits des veuves, Daniel Mondinzoko, directeur départemental des Affaires sociales, qui collabore avec les juristes, explique : « La loi reste la loi, mais nous faisons en sorte que la tradition ne soit pas totalement marginalisée». Pour M. Miabeto, il faut bien différencier antivaleurs et traditions : « la tradition est la transmission des valeurs des sociétés du passé. De nos jours, il y a beaucoup de confusions entre la tradition et des pratiques tout à fait inhumaines exercées sur des veuves.»

Marien Nzikou-Massala

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«Nous devons utiliser les TIC pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions… » 2 septembre 2011

Au Congo, les femmes vivent au quotidien les violences au foyer, au service, à l’école… Face à ce mal qui se développe dans notre société, associations et pouvoirs publics se mobilisent pour stopper le pire. La bataille est longue.

«Mon mari me bat tous les jours. Partout sur mon corps j’ai des cicatrices», témoigne Mélanie. Blanche, une autre victime ne cache pas ce qu’elle a vécu en 2009 à Pointe-Noire. « La cicatrice qui part de ma tête jusqu’à mon visage est un coup de machette que j’ai reçu de mon mari. J’ai eu dix sept épingles pour suturer cette plaie », a ajouté cette dernière lors de la journée internationale de l’élimination de la violence contre les femmes, qui a eu pour thème «la campagne des 16 jours d’activisme pour lutter contre la violence faite aux femmes».

De nos jours, les femmes utilisent les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour tentent de faire changer les mentalités. «J’ai été harcelée pendant deux ans par un des mes enseignants. Un jour, j’étais obligée d’enregistrer le son et j’ai envoyé un SMS au numéro vert MTN pour dénoncer cela. J’ai écrit cette histoire sur mon blog. Deux jours après, j’étais contrainte d’aller voir le proviseur pour le lui en parler et le problème a été réglé», confie une élève au lycée Savorgnan de Brazza en classe de terminale.

Les violences faites aux femmes et aux filles sont une réalité dans notre société. Elles sont souvent victimes de ces pratiques au jour le jour. «Les hommes nous prennent de force et refusent de se préserver», lâche une handicapée. Face à cette situation, des associations mènent des actions de terrain. Sylvie Niombo, Directrice exécutive de l’association AZUR Développement, pense que l’appropriation par les femmes et les filles des outils TIC (SMS, radio, vidéo, et blogues) dans la lutte contre la violence faite aux femmes et la promotion des droits de femmes est fondamentale. «Nos formations sur les TIC permettent aux femmes et adolescentes d’acquérir des compétences aux nouvelles technologies afin de faire usage pour mobiliser du soutien et amplifier les pressions sur la lutte contre les violences faites aux femmes pour le changement», insiste Sylvie.

L’assistante psychologique

Pour Emma Tsoulou, présidente de l’association Femmes solidaires, «nous avons formé vingt mamans démunies vendeuses au marché de Talangaï en conselling. L’objectif était d’acquérir les connaissances des droits pour distinguer les différentes formes de violences et de pouvoir apporter des solutions aux victimes». En effet, ladite association a mis en place une séance d’écoute. «Nous avons des espaces de parole qui permettent aux martyrs de parler ce qu’elles vivent. Nous trouvons des approches de solutions avec celles qui parlent de leurs situations et nous les orientons vers le Comptoir juridique Junior (CJJ) pour l’assistance juridique», déclare Emma.

Méconnaissant leurs droits, la plupart de ses victimes opte pour le silence prétextant qu’elles n’ont pas d’argent pour payer un avocat. Severa Mpassi, juriste au CJJ de Pointe-Noire, éclaircit, «le CJJ est là pour assurer une assistance juridique gratuite aux victimes de violences». Selon elle, «nous faisons l’accueil, l’écoute et la médiation pour ces dernières. Nous les aidons aussi à rédiger une plainte pour faire une déposition en justice», ajoute Severa. «Je suis mariée officiellement depuis 30 ans mais je ne suis pas à l’aise dans mon foyer. Mon époux me bat constamment et il entretient même des rapports incestueux avec notre fille. C’est grâce au CJJ que j’ai obtenue gain de cause en justice», se réjouit-elle.

Georgette Medja, présidente d’Handicap sans frontières, une association des femmes handicapées et des journalistes qui lutte contre de violences, a formé 40 femmes à faire la photo avec le téléphone portable, à l’enregistrement de son et l’internet pour combattre ce mal. Ceci dit, cette technique a donné des fruits aussi au lycée Savorgnan de Brazza où, 250 lycéennes ont été formées par Dynamique pluriel (DP) à lutter contre les violences à l’égard des filles à travers le SMS. Myrna Bakekolo, secrétaire générale à DP explique, «nous avons sensibilisé 250 filles sur la loi potinion afin de les aider à dénoncer les atteintes et harcèlements sexuels dont elles seraient victimes de la part de leurs professeurs en envoyant un SMS à un numéro MTN».

Selon les études du Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, entre 1999 et 2006, 3,1% de femmes ont été violentées sexuellement ; 15,6% ont subit la domination et l’inféodation ; 14,2% ont subit des coups et blessures ; 10,5% ont été brutalisées et agressées ; et 9,2% ont subit la maltraitance, les tortures morales, les menaces et les injures. «Les femmes disent qu’elles sont violentées par des hommes, mais c’est elles mêmes qui nous provoquent et nous poussent à la violence», réagit un enseignant au lycée de la Révolution.

Hubert Boungou, cadre au Ministère des Postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies d’information et de la communication, pense qu’avec le projet de couverture nationale (fibre optique) piloté par Congo Télécom, «l’information et l’internet seront accessibles au plus grand nombre». Albertine Mossa, directrice au MPFIFD pense que, «pour réduire ce mal, il faut multiplier des campagnes de sensibilisation pour le changement de mentalités, des séances d’information, d’éducation et de communication sur les violences, les causeries débat, sketch à la radio, l’affichage des posters contre les violences». Albertine souhaite que, les auteurs de ces actes soient arrêtés et emprisonnés.

Jean Thibaut Ngoyi

 

Avec internet, les barrières à l’égalité pour les femmes handicapées peuvent tomber 3 décembre 2010

La journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes a été célébrée au Congo sous le thème plus d’égalité = moins de violence. Egalité en droits pour les femmes handicapées qui subissent des violences perpétrées en tête par leurs familles ou proches parents. Des histoires troublantes de femmes et filles battues, enfermées dans des maisons, ou affamées en raison de leur handicap. Une violence vécue par des femmes et filles handicapées qui est souvent tue ou banalisée.

Egalité dans l’accès à internet pour les femmes et filles handicapées

Egalité dans l’accès à l’internet, qui devrait être reconnu comme un droit fondamental. Désormais, l’internet est sur les téléphones mobiles dans le pays, mais comment les congolaises peuvent en tirer profit ? C’est ainsi qu’une vingtaine (20) de femmes journalistes et handicapées ont été outillées sur l’internet pour promouvoir leurs droits.

Etre sur la toile mondiale et l’utiliser pour s’épanouir.

Lors d’un atelier organisé à Pointe-noire du 25 au 27 Novembre 2010, en marge de la Journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes, par Handicapés Sans Frontières (HSF) ; des femmes handicapées et des média ont appris à créer des boîtes électroniques sur Yahoo et Gmail, effectuer des recherches sur Google et créer des blogues sur « blogger.com » et les astuces de rédaction de billets de blogues.

Ces femmes ont bravé l’épidémie de poliomyélite, les intempéries et la mauvaise connexion internet pour découvrir et être sur la toile mondiale. Elles ont persévéré car motivées à découvrir ce nouveau média qui leur permet de s’exprimer, de raconter leurs expériences et aussi communiquer.
Ne dit-on pas que les analphabètes du 21ème siècle sont celles qui ne connaissent pas l’informatique ?

Pousser les média à donner la voix aux femmes handicapées survivantes de violence

« Ces femmes handicapées et celles des médias de la ville de Pointe-Noire avaient été sélectionnées à l’issue de des ateliers de sensibilisations sur les violences faites aux femmes organisé par l’Association Handicapés Sans Frontières Congo » a expliqué Georgette Medja, Présidente de cette association.

Cette association compte aussi pousser les professionnelles des média à documenter la violence vécue par les femmes et filles handicapées et amplifier leurs voix.

La Directrice Départementale de la Promotion de la Femme, Anne-Marie Kouka Mampouya, intervenant au cours de cette rencontre a rappelé que « la mondialisation passe par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, plus particulièrement l’internet. L’internet constitue un puissant outil de dialogue, d’Information et de partage pour une participation efficace à la lutte contre les violences faites à l’égard des femmes et au développement ».

Insistant sur le rôle des média dans la lutte contre la violence, elle a déclaré « les médias constituent la voie idoine qui permet à la fois de véhiculer et de vulgariser les outils de lutte pour l’élimination des violences ».

En effet, il est reconnu dans la déclaration universelle des droits de l’homme que tous les hommes sont égaux, et ont les mêmes droits. La constitution congolaise reconnaît également que tous les citoyens congolais sont égaux. Ainsi, les femmes handicapées ne devraient pas être stigmatisées ou discriminées.

Avec l’internet, elles sont libres de toutes barrières et de leur handicap !

Pour les intervenantes à l’atelier, accéder à l’internet c’est « aussi briser les barrières, les inégalités et la stigmatisation ; avec l’internet toute les barrières sont tombées ». L’internet permettrait donc aux femmes et filles de surmonter leur handicap dans ce combat pour briser les barrières qui les empêchent de vivre dans l’égalité et libre de la violence fondée sur le genre.

Tout en appelant les participantes à maîtriser l’internet, la Présidente de HSF a indiqué « le 25 novembre marque aussi la date du démarrage des 16 jours d’activismes pour la défense des droits des femmes victime des violences ; un moment important de publication des articles sur des initiatives prises par les femmes de par le monde pour dénoncer, échanger, trouver des astuces pour l’élimination des violences faites aux femmes ».

Sur le suivi de cette formation, la Présidente de HSF explique : « cinq groupes de quatre participantes doivent chacun préparer leurs articles pour participer aux 16 jours d’activisme ». Ainsi, les apprenantes bénéficieront d’un accompagnement technique et des sessions de révision sur internet avec cette association.

Lire l’intégralité de cet article sur http://azurweb.blogspot.com/2010/12/avec-internet-les-barrieres-legalite.html

 

Voiture, argent, bijoux et peur de représailles : le prix du silence contre la violence ? 26 novembre 2010

L’on croyait que la violence sexuelle était la première en liste dans la zone de Kinkala en République du Congo, qui a été affectée par des conflits armés jusqu’en 2003. Cependant ; il est surprenant que jusqu’au mois dernier, le nombre de cas de victimes de violences sexuelles déclarées à la Direction départementale du service social pour cette année oit inférieure à 10, selon l’antenne du Club Jeunesse Infrastructure et Développement (CJID) qui se bat pour réduire le phénomène.

C’est au cours d’un focus groupe auquel participait une vingtaine de femmes ménagères, professionnelles, gendarmes et survivantes de violence ce 23 Novembre 2010, que la violence conjugale et domestique ont été épinglées comme les plus répandues dans Kinkala et ses environs. Très vite, au cours de cette rencontre, nous avons senti le malaise ou le silence qui règne au tour de ce sujet. La question que tout le monde semblait se poser est « sommes-nous prêtes à parler de la violence subie dans nos foyers et maisons ? ».

Pourquoi donc ce malaise ?

Simplement, par ce que les choses se compliquent, car cela nous renvoie à des questions de sécurité économique et même alimentaire. Qui va payer pour la nourriture ? Qui va prendre la charge des enfants ? Si, une femme mariée ou en concubinage comme c’est la plupart des cas est répudiée de son foyer pour avoir osé parler de la violence dont elle est victime, ou encore à se rendre à la gendarmerie ou la police porter plainte contre son mari.

Les participantes ont discuté des questions relatives aux us et coutumes, et ont reconnu que les filles partent non « gagnantes » depuis leur enfance, car elles sont élevées pour devenir des «épouses » et des « mères ». La violence conjugale est beaucoup revenue dans les propos. Des exemples ont été cités tels que : « des hommes qui suivent leurs femmes en consultation gynécologique et assistent à la consultation sans gêne ; la brutalité dans les rapports sexuels ; et le donnant-donnant popote-rapport sexuel ».

Grandies dans la violence.
Victimes de violence depuis l’enfance. La maltraitance des enfants, surtout des filles mineures est une forme de violence très répandue mais tue et banalisée. Les enfants orphelins ou ceux qui ne grandissent pas sous le toit de leurs parents sont souvent les cibles. « Nous avons été maltraitées par notre belle-mère pendant toute notre jeunesse. Ma sœur pense qu’elle doit se venger. Elle a eu des problèmes psychologiques et nous sommes allées jusqu’à la faire soigner à l’asile », a raconté une des participantes.

La violence est-elle encouragée la femme elle-même ?Certains cas ont été cités, où la femme se fait violence. La facilitatrice de l’atelier a parlé des abus sexuels des filles mineures dans le foyer conjugal « une femme tolérait que sa fille soit violée par son mari par ce qu’il subvenait à tous ses besoins et ne voulant pas perdre voiture, argent et bijoux, cette femme n’a pas voulu agir pour protéger sa fille ».

Une gendarme a déclaré « mes collègues disent que les hommes violent les femmes car elles s’habillent presque dénudées. Cela attire les hommes qui veulent découvrir en suite ».

Certaines ont même parlé de « bipages », pour désigner les filles qui « s’habillent avec le nombril à découvert» c’est-à-dire à l’instar des « bips » faits à l’aide des téléphones mobiles quand on veut qu’un correspondant vous rappelle.

A un moment, la salle était très animée et les réponses contradictoires fusaient de partout. « Pourquoi si un homme nu se balade dans la rue, les femmes ne le violent pas ? » ; «il faut respecter la dignité de la femme et elle doit s’habiller décemment » ; « on peut s’habiller pour son propre plaisir » ; «une femme doit respecter son corps et se vêtir de façon responsable », etc.

Concluant le débat, la facilitatrice a rappelé qu’il fallait s’écarter de la tendance à « victimiser » la femme pour la violence sexuelle, car comme l’a dit une des participantes « pourquoi viole t-on une fille de 8 ans, est ce par ce qu’elle a porté une mini-jupe ? ».

Les femmes de Kinkala auraient-elles peur de parler de la violence ?

Au vu du nombre de cas de violences sexuelles déclarées ci-haut, il est évident que beaucoup se taisent. Est-ce par peur de représailles de la part de des auteurs ? Après des descentes porte à porte réalisées par le CJID dans les quartiers de Kinkala, des femmes et jeunes filles visité ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles pendant les conflits armés par les ex-combattants, l’armée ou les individus.

Une des participantes raconte « pendant la guerre, j’étais enceinte de 6 mois, et j’ai été agressée et frappée au ventre par des ex-combattants en plein marché.» Pour sa part, une Assistante sociale reconnaît « nous recevons plus des cas d’abandon d’enfants, de refus de paternité, des gardes d’enfants, mais pas de violence ».

Il semble évident que pour certaines femmes et filles de Kinkala la violence faite aux femmes est assimilée uniquement à la « violence sexuelle ». Les autres formes de violence sont incomprises, et donc ne sont pas déclarées.

Lire la suite de l’article sur ce blogue http://azurweb.blogspot.com/